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Les déchets textiles

The Lieutenant Governor visits Seneca College fashion archives

La mode passe à l’action
Le printemps dernier, des étudiants de l’école publique Swansea Public à Toronto ont organisé un échange de vêtements; cette activité populaire a permis de faire de la sensibilisation au sujet de la crise mondiale des déchets textiles. Les étudiants, les enseignants et les parents bénévoles ont récolté et trié des montagnes de textiles dont personne ne voulait et étiqueté plus de 2 000 vêtements qui avaient été peu portés et qui pouvaient être échangés. Les membres de la collectivité se sont réunis pour jeter un coup d’œil aux vêtements qui étaient « neufs pour eux ». L’école publique Swansea figurait parmi plusieurs autres écoles qui ont participé au Fashion Impacts Challenge, qui est une initiative de l’organisme sans but lucratif Fashion Takes Action (FTA), qui fait la promotion de la durabilité dans l’industrie de la mode par l’entremise de l’éducation, de la sensibilisation et de la collaboration.

The Lieutenant Governor stands amid tables of clothes with Swansea PS students ahead of their clothing swap

WEAR
En 2017, des gens du monde de la mode se sont réunis lors de la première World Ethical Apparel Roundtable (WEAR), qui a eu lieu à Toronto. WEAR, qui est également une initiative de Fashion Takes Action, encourage la production et la consommation responsables de textiles, et explore les technologies innovantes qui contribuent à transformer la mode en une économie circulaire. FTA rassemble également l’Ontario Textile Diversion Collaborative (OTDC), un groupe de parties prenantes qui comprend plus de 40 organismes de bienfaisance, des collectionneurs de textiles, des détaillants, des marques, des universitaires, des municipalités et des organisations non gouvernementales. Ce groupe s’est engagé à minimiser la quantité de textiles qui finissent dans les sites d’enfouissement, en augmentant le taux de détournement des textiles et en encourageant le recyclage fiable.

The Lieutenant Governor stands with Kelly Drennan CEO of Fashion Takes Action

La mode durable
La durabilité est devenue bien plus qu’une tendance dans le monde de la mode. Des citoyens responsables sur le plan environnemental adhèrent à des mouvements comme la mode lente, afin de participer à la réduction des déchets textiles. Ils achètent moins de vêtements et ils choisissent des produits de meilleure qualité et fabriqués de façon éthique; enfin, ils recyclent le reste de leurs vêtements. Pourtant, même avec les dons de vêtements et les programmes de reprise par les détaillants, 85 % des textiles non désirés finissent dans les sites d’enfouissement, ce qui est stupéfiant[1]. En Ontario, les établissements d’enseignement postsecondaire, comme l’Université Ryerson et les collèges Seneca, Sheridan et George Brown, ont mis sur pied des programmes pour promouvoir l’éducation et la recherche dans le domaine de la mode durable. En 2019, l’école de la mode du Collège Seneca s’est jointe au Réseau des solutions de développement durable et a organisé un symposium et une exposition consacrés à la mode durable.

Un changement radical
Aux côtés de l’Armée du Salut, de Diabète Canada et d’autres organismes caritatifs participants, les municipalités de l’Ontario commencent à jouer un rôle actif dans le détournement des textiles. La Ville de Markham a lancé un programme de recyclage des textiles, qui est couronné de succès, devenant ainsi la première municipalité au Canada à interdire à ses citoyens de laisser des textiles en bordure du trottoir. Des organismes comme FTA contribuent à transformer la façon de penser des gens. Ils ont lancé une nouvelle campagne de publicitaire avec un slogan accrocheur : « Throwing away clothes is never in style » (jeter des vêtements, ce n’est jamais à la mode). Ils savent que pour changer les choses, il faut aller au-delà des changements radicaux dans l’industrie de la mode; il faut aussi les efforts de millions de citoyens sensibilisés en vue de faire un monde différent.

The Lieutenant Governor stands with guest editor Sarah Jay and editor in chief of Fashion Magazine Noreen Flanagan

Réflexion
En discutant avec des Ontariens de tous horizons, j’ai compris que même si certains n’utilisent pas le mot « durabilité », il existe toujours un sentiment répandu que les gens souhaitent vivre dans une société où la prospérité est partagée, où personne n’est laissé pour compte et où l’environnement s’épanouit grâce à nos soins mutuels.

Alors, quel est le lien avec la mode?

Même si pour beaucoup de monde, le mot « mode » a longtemps été considéré comme étant synonyme de choses éphémères et de luxe jetable, les défis croissants font évoluer les attitudes.

À l’automne 2018, j’ai eu le privilège d’accueillir le lancement du numéro consacré à la durabilité du magazine Fashion. La rédactrice invitée Sarah Jay a prononcé un discours percutant, soulignant qu’elle ne pouvait plus ignorer les coûts croissants de la mode et qui ont des répercussions sur à peu près tous les aspects de la vie sur Terre et, surtout, sur l’humanité. Pour Mme Jay, la durabilité [traduction] « signifie un retour à la qualité et au design réfléchi, à la nécessité de traiter nos vêtements comme les bons amis qu’ils sont pour nous, et au luxe qui nourrit l’âme par opposition à la machine de la mode rapide. »

Heureusement, la cause que défend Mme Jay prend de l’ampleur. Au cours de la même année, à Buckingham Palace, avec le soutien de Sa Majesté la Reine et des membres de la famille royale, le Commonwealth Fashion Exchange, auquel 53 pays ont participé, a présenté la richesse des talents en matière de design et de mode artisanale, tout en promouvant de nouveaux réseaux, des liens commerciaux et des chaînes d’approvisionnement durables.

J’ai vu de nombreux exemples incroyables de sensibilisation croissante en Ontario, notamment l’Indigenous Fashion Week Toronto, le concours du fonds MaRS Catalyst, le George Brown Fashion Exchange et le Seneca College Fashion Symposium. Cela me donne l’espoir de voir des personnes et des industries de tous les secteurs contribuer à déterminer comment la réutilisation et le recyclage des textiles peuvent alimenter une vision de l’avenir porteur d’objectifs économiques, environnementaux et sociaux inclusifs.

[1] https://www.cbc.ca/news/business/clothes-recycling-marketplace-1.4493490