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Revitalisation du quartier Regent Park

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Une cité-jardin
Dans les années 1940, le gouvernement du Canada a érigé un nouveau quartier à Toronto principalement composé de logements sociaux dans le but de favoriser un puissant sentiment de communauté. Baptisé Regent Park, le concept s’inspirait du modèle britannique de la cité-jardin, avec des immeubles se faisant face et beaucoup d’espaces verts. Mais avec le temps, certaines caractéristiques du quartier, comme trop peu de rues de transit et un piètre accès aux marchés d’alimentation et aux réseaux de transport en commun, ont entraîné un sentiment d’isolement. À la fin des années 1980, le secteur qui ressemblait plutôt à un labyrinthe était désormais réputé comme un milieu de vie dangereux.

The Lieutenant Governor looks at the models of phase 3 plans for Regent Park

Une voix forte
Lorsque Sureya Ibrahim est venue d’Éthiopie pour s’établir au Canada en 1998, elle et sa famille ont choisi de s’installer à Regent Park. Malgré ses problèmes locaux et sa mauvaise réputation, le quartier avait conservé son cachet communautaire et de nombreuses familles néo-canadiennes y avaient élu domicile. Mme Ibrahim a intégré un groupe de citoyens qui revendiquaient du changement, et a prêté sa voix à l’appel à l’action de plus en plus pressant pour trouver des solutions aux problèmes systémiques du quartier. En 2002, le groupe Toronto Community Housing (TCH) a répondu à l’appel et a commencé à travailler avec les citoyens à la définition d’une vision d’un nouveau type de quartier résidentiel urbain.

La revitalisation
En 2005, TCH a conclu une entente avec le promoteur Daniels afin de transformer les infrastructures vieillissantes en un milieu de vie à usages mixtes à l’intention de familles à revenus variés. De concert avec les résidants, les responsables souhaitaient revitaliser Regent Park et catalyser un grand changement socioéconomique. Les plans consistaient à remplacer les 2 083 unités de logement social par des immeubles certifiés LEED et d’ajouter jusqu’à 5 000 loyers au taux du marché. Les partenaires ont adhéré au plan de développement social créé en consultation avec les citoyens, lequel comprenait des immeubles résidentiels, des espaces commerciaux, des installations communautaires, des établissements d’enseignement, des parcs et terrains de jeu et des espaces verts. Plus important encore, l’aménagement prévoyait le raccordement de Regent Park au réseau routier de Toronto.

Une collectivité en pleine effervescence
Aujourd’hui, la transformation avance à grands pas, et d’importantes sections du quartier sont méconnaissables – trois des cinq phases du projet sont presque achevées. La transition apporte de grands changements et de belles occasions pour les résidants de tous âges. Sureya Ibrahim, maintenant superviseure des liens avec la collectivité au Centre of Learning & Development, à Toronto, reconnaît qu’il peut être difficile de maintenir la cohésion en périodes de changements rapides. Elle souhaite que la collectivité continuera de s’épanouir longtemps après le départ des entrepreneurs. Elle a confié au Toronto Star, « Nous serons encore ici. Nous continuerons de faire ce que nous aimons faire et de renforcer notre collectivité, en découvrant de 
nouveaux leaders pour l’avenir, à qui passer le flambeau. »

A night-cap of the newly developed Regent Park

Réflexion
Souvent, les engagements envers la durabilité sont plus théoriques que pratiques, mais le réaménagement de Regent Park est un exemple de gérance environnementale, de cohésion sociale et de prospérité inclusive – trois piliers de durabilité – des plus concrets.

Où que je sois en Ontario ou dans le monde, je raconte toujours l’histoire de Regent Park. Le récit de ce quartier réunit tant de merveilleux éléments qui font de l’Ontario un endroit si spécial : la voix essentielle des nouveaux arrivants, l’ouverture au changement dans les villes à croissance rapide, et la volonté de s’engager envers une vision à long terme dans l’intérêt des générations à venir.

Lorsque j’ai rencontré Sureya, en 2018, j’ai aussitôt été frappée par son sens de l’opportunité et son réalisme. En visitant le quartier, j’ai été touchée par les si nombreux partenariats qui ont rendu la revitalisation possible, comme avec la Fondation Maple Leaf Sports (qui a construit un terrain de basketball digne des Raptors de Toronto!), le Service de police de Toronto et nombre de petites entreprises et groupes communautaires. La vitalité du quartier rayonne dans des endroits comme le centre culturel Daniels Spectrum, un carrefour de créativité composé de galeries, d’espaces événementiels et d’une salle de répétition. Beaucoup de gens aimeraient vivre à Regent Park, un secteur qui a tant à offrir dans les domaines des services à la population, des arts, de la culture et de l’alimentation. Sureya le sait bien, la réussite du quartier sera son plus grand défi.

Il ne fait aucun doute que les résidants de Regent Park continueront d’élever leurs voix en faveur de l’inclusion. Tout est mieux lorsque nous travaillons ensemble.