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Récits de durabilité

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Incertaine. Complexe. Accélérée. Troublante. Stimulante. Intéressante. L’époque dans laquelle nous vivons peut se résumer par nombre de mots, et chacun nous invite à nous demander « comment composer avec le changement? » et « où peut-on trouver de l’espoir et des promesses d’avenir? ». Or, toutes les réponses valables nous mènent à la même notion : la durabilité.

Une des façons de comprendre ce concept est de le considérer dans l’optique du Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies. Les États membres ont convenu de 17 objectifs de développement durable (ODD) qui intègrent notamment la prospérité économique inclusive, la cohésion sociale et culturelle et la bonne gérance environnementale. De jour en jour, l’urgence de trouver des solutions devient de plus en plus apparente. En bout de ligne, c’est une approche holistique qui nous permettra d’atteindre tous les objectifs – de l’égalité des sexes à l’élimination de la faim, jusqu’à l’action climatique – et de bâtir un avenir plus durable pour tous.

Les ODD s’appliquent partout dans le monde. Toutes les nations ont à la fois l’obligation et la possibilité d’apprendre les unes des autres. Et certes, il est temps de regarder vers l’extérieur, et non vers l’intérieur. Tous les efforts comptent, et les gestes individuels peuvent certainement avoir de profondes répercussions. Et considérant l’impact de nos décisions sur les sept générations à venir, les modes de pensée autochtones sont à privilégier.

Partout en Ontario, on trouve de remarquables exemples des façons dont les gens propulsent la durabilité, chez eux et partout dans le monde. Ils n’utilisent pas tous le mot durabilité, mais l’objet de leurs projets et initiatives est de rendre les gens et les collectivités plus résilientes. Nous demeurons un « projet en cours » – ce n’est pas parfait, mais clairement, l’effort est là.

Depuis le début de mon mandat en tant que lieutenante-gouverneure, c’est un privilège pour moi d’entendre parler de toutes les réussites, aspirations et approches novatrices des Ontariens face à leurs nombreux défis. Me considérant de façon informelle la « conteuse en chef » de la province, je crois que plus nous écoutons et diffusions ces réussites, mieux nous sommes outillés pour comprendre autrui, acquérir de l’empathie, comprendre l’incidence de nos décisions et actions individuelles, et trouver notre place dans le monde.

Cette section de notre site Web a été conçue pour mettre en lumière certains de ces récits. J’espère qu’elle provoquera d’intéressantes discussions et qu’elle encouragera la collaboration. Puissent les textes présentés ici vous inspirer, vous amener à voir la durabilité d’une autre façon, et vous inciter à contribuer. Et n’hésitez pas à les diffuser.

NON CÉDÉES – Terres en récit

La ferme ClearWater

Groundbreaking at ClearWater Farms

Une idée toute simple
« Sur un chemin de terre, à quelques pas de la vie effrénée de la banlieue, se trouvait une ferme riveraine dépassée par les temps modernes. En 2013, la ville de Georgina a acheté la propriété située aux abords du lac Simcoe de la famille qui la possédait depuis 180 ans. Tout un chacun avait son idée quant à ce que la vieille ferme devrait devenir. Mais une idée toute simple a prévalu sur toutes les autres. Et si la ferme demeurait une ferme? Mais pas n’importe quelle sorte de ferme ». Et si cette ferme devenait une vitrine des pratiques écoagricoles avancées et un centre communautaire de pointe pour la durabilité?

Une entreprise sociale
Six ans plus tard, la ferme ClearWater se décrit comme une entreprise sociale visant à démontrer comment on peut cultiver des aliments sains de manière à restaurer la terre, l’eau, l’économie locale et le tissu communautaire. La ferme utilise des pratiques et des technologies respectueuses de l’eau et de la nature pour aider les autres à découvrir des choix écologiques. Elle inspire ses employés, ses bénévoles, ses clients et ses partenaires à cultiver, à préparer et à partager des aliments frais et nutritifs en ayant recours à des pratiques biologiques et régénératrices.

Se rapprocher de la nature
Une initiative phare d’Ontario Water Centre (OWC), un organisme de bienfaisance à vocation éducative, la production d’aliments écologiques de la ferme ClearWater appuie sa mission éducative qui consiste à renforcer le lien des jeunes et de leur famille avec l’environnement naturel, en mariant les arts, la science et la technologie pour favoriser un avenir plus durable. La ferme ClearWater offre aux enfants des expériences d’apprentissage uniques et adaptées au milieu qui les relient à la nature et leur permettent de travailler avec elle. La présidente fondatrice d’OWC, Annabel Slaight, croit que les enfants qui ont appris à prendre soin de la nature et à l’aimer deviendront de merveilleux gardiens de la planète.

Un lieu de rencontre
Aujourd’hui, 150 nouveaux érables ont été plantés le long du chemin de terre qui mène maintenant à la ferme ClearWater. La « Canada 150 Lane » n’est qu’un des nombreux projets de construction communautaires qui ont transformé la propriété. Les arbres croissent près d’un érable à sucre du patrimoine ontarien vieux de 200 ans, appelé « The Trading Tree », qui servait autrefois de lieu de rencontre aux familles autochtones et aux premiers colons. Son histoire célèbre le lien de collaboration entre la ferme ClearWater et la Première Nation des Chippewas de Georgina Island, et a inspiré la création d’un livre pour enfants et d’un charmant jardin pluvial conçu avec l’aide des écoliers de la région.

Une nouvelle vision
La ferme ClearWater continue de réinventer sa propriété historique riveraine de manière à honorer le passé tout en offrant un lieu de rassemblement pour l’avenir. En restaurant une grange patrimoniale pour en faire un centre d’éducation pour les jeunes et un lieu d’activités communautaires, la ferme crée de nouveaux emplois et des ressources communautaires pour Georgina. Elle a contribué à inspirer une nouvelle vision de la ville en tant que collectivité prospère et bienveillante qui est encore profondément liée à son territoire et à son lac.


Réflexion

La première fois que j’ai visité la ferme ClearWater en 2017, j’ai été frappée par le fait que la ferme est un laboratoire vivant pour la durabilité. Ses avantages pour l’environnement sont évidents : arrêter le ruissellement incontrôlé, encourager la pollinisation et fournir un habitat à la faune. De même, elle soutient la prospérité économique, en améliorant le rendement des cultures, en utilisant les déchets verts pour chauffer les serres et en fournissant de l’électricité à la ville, tout en offrant des emplois indispensables aux jeunes qui, autrement, pourraient partir pour aller s’installer dans un centre urbain. L’apprentissage par l’expérience est au cœur des programmes d’apprentissage et des camps d’été, et le processus continu de réconciliation est encouragé par les liens étroits de la ferme avec les Chippewas de Georgina Island.

À bien des égards, cela me rappelle une initiative de Son Altesse Royale, le prince de Galles, qui a eu la vision de rénover un domaine appelé Dumfries House, préservant ainsi son patrimoine distinct et régénérant l’économie locale, grâce à des investissements dans des pratiques agricoles durables et des centres éducatifs où les jeunes de la région peuvent acquérir de nouvelles compétences.

Tous les deux sont des exemples qui illustrent l’apport de nouvelles perspectives pour relever les défis d’aujourd’hui.

[1]https://www.ontariowatercentre.ca/wp-content/uploads/2016/02/CWF-stories-combined.pdf

SheEO

La Lieutenante Gouverneure parle avec un patron a la conference de SheEO

Une idée novatrice
En 2015, Vicki Saunders a eu l’idée de lancer SheEO, une initiative sans but lucratif basée à Toronto qui transforme radicalement comment les femmes innovatrices sont soutenues, financées et célébrées. Elle visait à perturber les systèmes existants de financement d’entreprises en démarrage qu’elle considérait comme étant conçus plus particulièrement pour les hommes, en créant un modèle entièrement nouveau doté d’un ensemble de valeurs définies dans une optique féministe. L’objectif consistait à aider les femmes à créer des entreprises qui reflètent leurs passions, leurs forces et leurs valeurs, et à leur accorder un espace sécuritaire pour réussir selon leurs propres conditions.

Réussir selon leurs propres conditions
Ayant grandi sur une ferme de 100 acres dans la région d’Ottawa, Vicki Saunders se souvient d’avoir écouté les nouvelles idées que ses parents proposaient pour diversifier l’entreprise familiale. Ses parents encourageaient les enfants à participer au remue-méninges. Cette ferme qui offrait à l’origine l’autocueillette de fraises est rapidement devenue une entreprise événementielle prospère axée sur des activités éducatives étalées sur toute l’année. Mme Saunders est convaincue que cet environnement de créativité et de collaboration qu’elle a connu dans sa jeunesse l’a préparée à réussir en tant qu’entrepreneure, mentore et innovatrice. Elle a par la suite fondé et fait prospérer quatreentreprises.

Générosité fondamentale
Le modèle SheEO repose sur la volonté de capter l’intérêt d’investisseures performantes par la pratique de la « générosité fondamentale ».À l’aide d’un simple cadre d’externalisation ouverte, SheEO recrute 500 femmes appelées « activatrices » qui contribuent à parts égales à un fonds de capital de risque de 500 000 $. Puis, ces activatrices choisissent cinq sociétés détenues par des femmes, nommées « entreprises », qui reçoivent chacune un prêt de 100 000 $ sans intérêt. Chaque nouvelle entreprise génère des revenus, a un potentiel d’exportation et œuvre pour créer un monde meilleur, que ce soit par son modèle opérationnel, ses produits ou ses services.Les activatrices deviennent une équipe qui offre des conseils et du soutien pour accélérer la réussite des nouvelles entrepreneures, et simultanément, tirent elles-mêmes parti de ce nouveau réseau entrepreneurial. Les prêts sont remboursés à l’intérieur d’une période de cinq ans, puis les sommes sont prêtées de nouveau, créant ainsi un fonds perpétuel.

The Lieutenant Governor speaks with representative from Heartbeat AI startup

Impact mondial
À peine quatre ans plus tard, la formule de financement radicalement repensée de Vicki Saunders connaît un succès retentissant. SheEO représente un groupe de femmes extrêmement diversifié et possède une entreprise internationale en pleine expansion au Canada, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, en Australie et au Royaume-Uni. Ces femmes sont fières d’avoir financé plus de 50 entreprises novatrices détenues par des femmes, qui apportent des solutions à des enjeux critiques et aident à redéfinir le monde.Elles considèrent leur approche visionnaire comme une voie vers un nouveau modèle économique et social inclusif pour l’établissement de collectivités durables. SheEO s’est fixé pour objectif d’atteindre un million d’activatrices et 10 000 entreprises, et de constituer un fonds perpétuel d’un milliard de dollars afin de soutenir les femmes pour les générations à venir. La brève question posée au nombre croissant de sympathisantes est : participez-vous?

SheEO Venture Business Cards

Réflexion
Les faits sont éloquents. Ils sont révélateurs. L’autonomisation des femmes et des filles peut produire un remarquable impact positif sur la prospérité et la qualité de vie de nos collectivités et de la société en général. Pourtant, nous tentons toujours d’atteindre l’égalité des genres dans tant de domaines. Il reste encore beaucoup à faire. Je suis par conséquent très fière du développement créatif et visionnaire de SheEO en Ontario au cours des cinq dernières années. Il montre comment l’entrepreneuriat au féminin peut ébranler non seulement les façons désuètes de faire des affaires, mais aussi les structures sous-jacentes de pouvoir qui très souvent renforcent les inégalités et perpétuent les écarts entre les nantis et les démunis.

Amplifiant la voix des femmes dans le monde des affaires, SheEO impulse des progrès véritables vers l’atteinte des Objectifs de développement durable, ou, pour reprendre les paroles de Vicki, « aborde à la liste de "choses à faire" de la planète ».

Le modèle de SheEO est en soi une innovation comportant une dimension profondément sociale. Sa générosité fondamentale a le potentiel de devenir authentiquement transformatrice tout en donnant aux femmes les moyens de tracer leur propre voie et de s’épanouir.

GlobalMedic

The Lieutenant Governor volunteers with Global Medic

Secours en cas de catastrophes
En 1998, Rahul Singh, un travailleur paramédical de Toronto, était en voyage pédestre au Népal, sac dans le dos, lorsqu’un désastre a frappé. Les pluies diluviennes de la mousson avaient provoqué des glissements de terrain qui ont balayé plusieurs villages. En tant que premier répondant, M. Singh a rapidement constaté que les secours locaux étaient lents et inefficaces, et a aussitôt décidé de leur prêter main-forte et de diriger les opérations. Cette expérience a eu un profond impact sur l’ambulancier, qui a réalisé l’urgence des besoins en ce qui concerne les services de secours en cas de catastrophe partout dans le monde. De retour au Canada, il a fondé GlobalMedic, un organisme d’action humanitaire dont le mandat est de sauver des vies.

Action bénévole
Singh a mis sur pied son organisme en tendant la main à sa communauté de premiers répondants – il savait que tous avaient la formation et la combinaison de compétences pour offrir de l’aide de survie en contexte d’urgences de grande envergure. Les bénévoles sont au cœur des activités de GlobalMedic. Un dévoué corps d’intervenants paramédicaux, de pompiers, d’agents de police, de médecins et d’infirmières s’est engagé à se mobiliser bénévolement dès l’annonce d’une crise. Des civils de tous horizons ont généreusement offert leur temps pour préparer et approvisionner l’entrepôt de l’organisme. Le nouveau programme d’aide alimentaire en cas d’urgence a recruté l’aide des collectivités environnantes dont les membres ici et ailleurs ont été éprouvés par des désastres. Tous travaillent ensemble à la préparation de repas peu coûteux et culturellement respectueux.

Technologie innovante
Dans une folle course contre la montre, GlobalMedic est souvent la première équipe sur place pour intervenir auprès de gens en situations potentiellement mortelles. L’équipe emploie de la technologie simple à avancée pour résoudre des situations complexes le plus rapidement possible et à peu de coûts, qu’ils s’agisse de recourir à des drones pour cartographier une catastrophe, ou de simplement utiliser des appareils rudimentaires pour purifier l’eau. Un engagement envers l’innovation contribue à la résilience des collectivités en zones sinistrées – les équipes de bénévoles habilitent les communautés éprouvées en leur fournissant de l’aide, de la formation et du soutien immédiats. Les programmes fondamentaux de GlobalMedic – eau potable, soins médicaux, hébergement d’urgence, recherche et sauvetage – s’adaptent à l’ampleur de chaque situation. Les interventions peuvent se multiplier en fonction des besoins précis. D’expliquer M. Singh, « la solidarité et la résilience des gens affectés par une crise renforcent leur détermination à continuer et à s’entraider ».

Le meilleur de ce que le Canada a à offrir
Le travail humanitaire de Rahul Singh a reçu des reconnaissances internationales. En 2010, il a été cité dans le palmarès des 100 personnes les plus influentes au monde du Time Magazine. Depuis son mémorable périple en sac à dos au Népal en 1998, les équipes de GlobalMedic sont intervenues dans plus de 200 catastrophes dans plus de 70 pays, dont le séisme en Haïti, la guerre civile en Syrie et, plus récemment, l’aide humanitaire dans les Bahamassuivant l’ouragan Dorian de 2019. L’organisme continue de travailler à élargir son rayonnement afin de pouvoir sauver plus de vie d’année en année. Selon M. Singh, les bénévoles de GlobalMedic « offrent le meilleur du Canada aux gens partout dans le monde ».

Global Medic team bringing gear to Estaquinha

Réflexion
Grâce au travail de GlobalMedic, nous comprenons implicitement que nous vivons dans un monde interconnecté où nous avons tous un rôle à jouer pour ériger un avenir meilleur.

Chaque fois que je me rends à une activité de préparation de vivres de GlobalMedic, j’en tire de nouveaux apprentissages. Par exemple, en novembre 2018, j’ai été frappée par la délicatesse du geste de choisir des denrées culturellement appropriées. Des repas destinés à la Syrie en raison de l’insécurité alimentaire qui sévit au pays avaient été pensés par des réfugiés syriens qui vivent ici, en Ontario. Les bénévoles avaient compris que des aliments familiers aideraient les gens à conserver un sentiment de normalité. L’esprit de responsabilité collective était palpable, et confirmait que nous sommes à notre meilleur lorsque nous puisons dans les forces, l’expertise et les connaissances culturelles de chacun. Ma plus récente visite m’a fait constater les avantages d’acheter en grandes quantités puis de diviser afin de réduire les coûts par unité. Aussi, M. Singh est continuellement à la recherche de technologies nouvelles ou captives afin de pouvoir combler les besoins émergents et améliorer les services, qu’il s’agisse de purificateurs d’eau ou de drones.

GlobalMedic sait attirer les bénévoles, tant ceux ayant de l’expertise et des ressources que ceux ayant de l’énergie, du temps et de la bonne volonté. Tous ont un impact considérable dans le secteur de l’aide humanitaire partout dans le monde, en prenant appui sur le pouvoir unique de cohésion sociale de Toronto.

Jim Estill

Jim Estill in front of Danby Appliances Sign

Crise humanitaire
À l’été 2015 est survenue une crise humanitaire en Syrie qui a retenu l’attention du monde entier. Des millions de Syriens tentaient de s’échapper de leur terre natale déchirée par la guerre, et les nouvelles du soir présentaient des terribles reportages de détresse. Jim Estill, de Guelph, suivait la situation de près, fort préoccupé par le fait que le monde n’en faisait pas assez pour aider cette population. Ces récits et ces images lui brisaient le cœur. En tant qu’entrepreneur prospère, il savait qu’il avait les moyens de faire quelque chose. Misant sur une perspective d’affaires, il a mis au point un plan visant à parrainer 50 familles de réfugiés syriens et à coordonner des efforts à l’échelle de la collectivité afin de pouvoir offrir aux nouveaux arrivants une nouvelle vie dans sa ville natale.

Plan ambitieux
Pour réaliser son plan, M. Estill a tiré profit de ses habiletés organisationnelles et des contacts professionnels et communautaires qu’il a établis en tant que président et directeur général de Danby, une entreprise d’appareils ménagers florissante. Il a également réuni des groupes confessionnels et des agences d’aide humanitaire qui voulaient porter secours aux gens touchés par la guerre civile en Syrie. La Société musulmane de Guelph est rapidement devenue un important partenaire de l’initiative, et a aidé à diriger les bénévoles du projet. M. Estill a donc lancé les opérations comme tout dirigeant démarre une jeune pousse, c’est-à-dire en intensifiant graduellement les activités, en atteignant des cibles et en réalisant des objectifs. Des comités ont en outre été formés pour s’occuper des besoins en matière de santé, d’éducation, de logement et d’emploi des nouveaux arrivants.

Collaboration communautaire
La nouvelle s’est répandue rapidement. Au moment où le plan de réinstallation a pris son envol, plus de 800 bénévoles avaient déjà offert leur temps pour servir la cause. À l’arrivée des premières familles syriennes, les citoyens de Guelph se sont ralliés et ont inondé de dons les espaces d’entreposage. M. Estill a aidé les réfugiés à se trouver du travail en faisant appel à son réseau professionnel. Plusieurs ont trouvé un emploi stable grâce à un programme à Danby, et ont pu apprendre l’anglais en milieu de travail. M. Estill en a aidé d’autres à démarrer de petites entreprises.

Faire ce qui doit être fait
Une des philosophies personnelles de Jim Estill, dans la vie et au travail, est faire ce qui doit être fait. L’homme figure parmi les plus importants participants individuels du programme du gouvernement du Canada visant à accueillir 25 000 réfugiés syriens au pays. Il a été reçu dans l’Ordre de l’Ontario en 2017 et dans l’Ordre du Canada en 2019, et a reçu plusieurs prix internationaux pour ses travaux humanitaires toujours en cours.

 Une histoire toute canadienne
Aujourd’hui, la ville de Guelph est une collectivité plus riche grâce à l’initiative audacieuse et généreuse de M. Estill. À la fin de 2016, 47 familles syriennes s’étaient établies dans la ville, et ce chiffre s’est élevé à 89 à l’été 2019. Nombre d’entre elles s’épanouissent dans leurs nouvelles maisons et écoles. Leur parcours personnel d’épreuve et d’espoir est devenu une histoire canadienne des plus touchantes.

 

Jim Estill Headshot

Réflexion
Je vois régulièrement des Ontariens qui s’engagent envers des gens et des lieux au-delà de nos frontières parce qu’ils y voient à la fois un devoir et une occasion d’enrichissement. Peu importe d’où nous venons, nous pouvons faire une contribution sociale et économique considérable à notre patrie. Nous avons tout à apprendre, beaucoup à contribuer.

Des récits comme celui de Jim Estill démontrent le meilleur de ce que nous sommes en tant que nation. Grâce à sa volonté et sa détermination, il a galvanisé une collectivité entière et l’a amenée à agir de façon authentiquement canadienne en ouvrant les portes, les cœurs, les esprits et les portefeuilles.

 En parrainant des réfugiés, il a fait preuve d’une remarquable générosité. Jim Estill s’insère dans la fière lignée de parrains privés – un modèle unique au Canada –, et est un brillant exemple de la façon dont nous tissons la prospérité inclusive et la cohésion sociale en Ontario.

NON CÉDÉES – Terres en récit

Architects of UNCEDED with Lieutenant Governor in Venice

Une équipe talentueuse
Après le concours national présidé par un jury qui a eu lieu en 2017, le Conseil des arts du Canada a annoncé que l’architecte de renom, Douglas Cardinal, allait diriger une équipe pour représenter le Canada à la Biennale d’architecture de Venise de 2018, soit la plus prestigieuse manifestation du genre dans le monde. La participation du Canada a pris la forme d’une exposition intitulée NON CÉDÉES – Terres en récit. La conception et l’organisation de cette exposition sont le fruit d’une collaboration avec Gerald McMaster, membre de la Première Nation Siksika, artiste, auteur et professeur à l’Université de l’École d’art et de design de l’Ontario (EADO), et David Fortin, architecte métis et universitaire installé à Sudbury. L’exposition met à l’honneur les talents de 18 architectes et créateurs autochtones provenant de tous les coins de l’île de la Tortue. Selon M. Cardinal, « c’est une façon de montrer au monde entier la beauté, la vitalité, la force et la résilience de nos peuples autochtones qui ont survécu à une histoire terrible, et qui s’élèvent au-dessus de cela. »

Une expérience immersive
À Venise, l’exposition s’est démarquée par son approche narrative immersive. En effet, plutôt que de présenter des maquettes et des dessins architecturaux, l’exposition consistait en une série de paysages sonores intriguant et de grandes formes incurvées montrant des images de paysages naturels et des représentations des cultures autochtones. L’exposition comprenait quatre sections thématiques : la souveraineté, la résilience, la colonisation et l’autochtonéité. De plus, on pouvait y visionner des vidéos grandeur nature des architectes, dans lesquelles ils parlaient directement aux visiteurs de leur travail et de leur vision du monde. Ils expliquaient comment l’architecture autochtone est une façon de penser, ils racontaient des histoires au sujet des expériences de leurs familles dans les pensionnats, et ils parlaient avec force de résilience.

Enseignements pour l’avenir
L’exposition NON CÉDÉES – Terres en récit a placé l’architecture autochtone sous les projecteurs mondiaux, et elle a été saluée à titre de contribution novatrice à la Biennale d’architecture de Venise de 2018. Dans un article que The Guardian a consacré à l’exposition, Douglas Cardinal déclare : [traduction] « Je crois fermement que la vision du monde des Autochtones, qui a toujours recherché cet équilibre entre la nature, la culture et la technologie, est la voie que l’humanité doit redécouvrir et adopter pour notre avenir. Les enseignements des aînés ne sont pas des enseignements du passé. Ils sont des outils pour l’avenir. » Les gens peuvent vivre l’expérience de cette exposition au Musée canadien de l’histoire jusqu’en mars 2020.

Rendering of UNCEDED exhibition

Réflexion
En tant que présidente d’honneur de l’exposition NON CÉDÉES – Terres en récit, j’ai eu le privilège d’être personnellement témoin de l’accueil qui lui a été réservé à titre de participation du Canada à la Biennale de Venise. C’était tout simplement inoubliable. Cette installation spectaculaire donnait un aperçu de ce à quoi pourrait ressembler le monde si l’on adoptait une compréhension plus inclusive de notre patrimoine culturel.

Les architectes façonnent le monde par l’entremise de leurs visions, de leur créativité et de leurs compétences techniques et, par-dessus tout, grâce à leur empathie pour les environnements physiques et sociaux dans lesquels ils vivent. De manière incontestable, l’exposition NON CÉDÉES – Terres en récit exprime l’idée selon laquelle les lieux ont de l’importance : nos identités sont façonnées tant par les milieux naturels que par les environnements bâtis qui nous entourent, de même que par les points de vue des gens qui les partagent avec nous. Ces liens sont inscrits dans les bâtiments et les paysages, et ceux-ci ont tous le pouvoir de changer notre façon de comprendre ce qui nous entoure et de nous comprendre les uns les autres.

L’exposition NON CÉDÉES – Terres en récit peut offrir des éclairages importants sur la force des cultures autochtones, le long cheminement de la guérison et de la réconciliation et, à terme, la coexistence pacifique. Les histoires qu’elle raconte peuvent alimenter nos efforts en vue de renforcer la durabilité et la résilience. Car toute solution à des défis comme l’inégalité, la perte de biodiversité et l’insécurité alimentaire serait incomplète sans les points de vue uniques de générations de peuples autochtones.

Quetico – un partenariat avec la Première Nation du lac La Croix

Territoire traditionnel
Les adeptes du canotage en milieu sauvage du monde entier savent que le parc provincial Quetico est un des endroits les plus magnifiques où pagayer. Situé dans le nord-ouest de l’Ontario, dans le Bouclier canadien, et faisant plus de 400 000 hectares, cet espace sauvage regorge d’abondants cours d’eau et de paysages vierges, et brille par la relative absence de véhicules motorisés, des attributs qui contribuent à sa réputation d’échelle mondiale. Quetico possède en outre une riche histoire culturelle. L’endroit chevauche la « route des voyageurs », une voie navigable intérieure qui a été utilisée par les marchands de fourrures pendant plus de 200 ans. Le site repose sur le territoire traditionnel de la Première Nation du lac La Croix, que ses ancêtres ont habité pendant des milliers d’années. Les gens des Premières Nations cultivent des liens serrés avec ces terres, et leur histoire est profondément enracinée dans l’histoire du parc.

Staff sawing a log at Quetico Provincial Park

Épreuves et guérison
Lorsque Quetico est devenu un parc provincial, en 1913, les collectivités autochtones n’avaient pas été consultées. Deux ans plus tard, elles ont été forcées de quitter leur terre ancestrale et d’aller s’établir ailleurs. Les années suivantes ont été jonchées d’épreuves pour la Première Nation du lac La Croix, les restrictions territoriales imposées ayant entraîné l’isolement de la collectivité. Ce n’est qu’en 1991 que le ministre ontarien des Richesses naturelles a présenté des excuses publiques pour cette terrible injustice, et que le parcours vers la guérison a pu débuter. Trois ans plus tard, la Première Nation du lac La Croix et le gouvernement provincial ont conclu un accord de coexistence afin de favoriser une relation de coopération et de créer des initiatives visant le mieux-être socio-économique de la collectivité du lac La Croix.

Occasions de collaboration
Depuis cette époque, la Première Nation participe aussi bien aux activités quotidiennes de conservation qu’à la planification à long terme du parc. Une politique révisée a permis la création d’un centre d’activités et d’un nouveau poste d’entrée dans la collectivité du lac La Croix, au sud-ouest du parc. L’endroit est devenu un centre de convergence pour la tenue d’initiatives culturelles, d’activités d’interprétation et de pow-wow. La Première Nation et Parcs Ontario collaborent désormais à des projets en matière d’emploi pour les jeunes du lac La Croix, de recherche biologique et archéologique, et de gestion des ressources.

Gestion partagée
En 2018, un nouveau plan de gestion du parc incluait la voix de la Première Nation du lac La Croix. Norman Jordan, alors chef de la Première Nation, a écrit « le parc provincial Quetico est situé sur notre territoire traditionnel, et nous sommes heureux et honorés de travailler ensemble à la gestion de ces terres ». Le partenariat entre la Première Nation du

lac La Croix et Parcs Ontario continue d’évoluer, les deux parties s’étant engagées à protéger Quetico ensemble, en tant que véritable sanctuaire de nature sauvage. Sa tranquillité inaltérée et son silence apaisant en font un paradis pour tout pagayeur.

Staff at Quetico Provincial Park stand with the sign

Réflexion
Le partenariat est souvent la clé de la durabilité. Lors de ma visite au parc provincial Quetico, en 2017, le personnel du parc et les membres de la Première Nation du lac La Croix m’ont accueillie en ces terres ancestrales dans le cadre d’une cérémonie mémorable. J’ai eu droit à un aperçu de cette inspirante collaboration. Ensemble, ils font un important pas vers la réconciliation tout en bâtissant un avenir plus durable pour les prochaines générations et plus encore. Tous ont beaucoup à nous apprendre en ce qui concerne les liens que l’on peut tisser entre la bonne gérance environnementale, la prospérité économique inclusive et la cohésion sociale, et les bienfaits que l’on peut tirer tant du savoir traditionnel que de la science et de la technologie en constante évolution. Les collectivités de Quetico et du lac La Croix cultivent des relations enrichissantes avec une grande patience.

L’aire de conservation Jim Tovey Lakeview

Les quatre sœurs
Si vous viviez quelque part dans la région du Grand Toronto en 1962, vous avez vu l’horizon se métamorphoser le long des berges du lac Ontario lorsqu’ont été érigées les quatre sœurs, ces immenses cheminées qui ont longtemps surplombé Mississauga. Les cheminées faisaient partie d’une grosse centrale qu’on pouvait voir d’aussi loin que Burlington, à l’ouest, et du centre-ville de Toronto, à l’est. La station Lakeview a été la plus grande centrale au charbon au Canada, visant à fournir de l’électricité à une population en pleine explosion. En 1989, lorsque Jim Tovey s’est établi dans la région, il a été à la tête d’un groupe de citoyens qui a convaincu les politiciens de démolir la centrale et d’abandonner l’idée de construire une nouvelle raffinerie de gaz à sa place. Sa vision d’un nouveau rivage a contribué à redynamiser la région et à changer le panorama du lac Ontario, de l’est à l’ouest du Grand Toronto, pour les générations d’aujourd’hui.

Sunset on the reclaimed lakeshore of Mississauga

Morphology – Photo by Martin Pinker

Un projet de revitalisation
En 2010, M. Tovey était conseiller municipal à Mississauga et travaillait avec des organismes communautaires et des promoteurs à la conception de plans pour transformer la rive est de la ville. Le projet de réhabilitation portant le nom de Lakeview Waterfront Connection visait à aménager une nouvelle aire de conservation de près de 26 hectares le long du lac Ontario au moyen des matériaux excédentaires de projets de construction dans la région. Une fois terminé, le site allait comprendre un sentier le long du rivage, une plage de galets, un parc, un boisé ainsi qu’une zone humide pour rétablir l’écosystème. De plus, le parc industriel devenu vacant serait transformé en noyau polyvalent grâce à la construction de nouvelles unités de logement et d’immeubles pour des commerces, des institutions et des organismes culturels. Le nouvel espace soutiendrait le développement économique, environnemental et social de la ville.

L’exposition Morphology
Tovey était également musicien et artiste et, inspiré par la métamorphose du rivage, il a conçu l’exposition Morphology, laquelle présente annuellement des photographies illustrant l’évolution du projet Lakeview. L’intention de l’exposition est d’aider la population à rétablir le contact avec son lac et à imaginer son avenir. Lors de l’inauguration de l’exposition, en 2018, le conseiller Tovey a fièrement fait remarquer qu’il s’agissait « du tout premier écosystème à être construit sur les berges du lac Ontario, dans le Grand Toronto ».

Un legs durable
Hélas, Jim Tovey est décédé de façon inattendue quelque temps après l’inauguration. Dans une déclaration à l’intention de ses citoyens sous le choc, la mairesse Bonnie Crombie a affirmé « Mississauga a perdu un de ses grands champions aujourd’hui. Jim était un bâtisseur de communauté dont le legs se perpétuera par la croissance et le réaménagement de nos berges. » Quelques mois plus tard, la société Credit Valley Conservation a annoncé qu’elle renommerait le projet afin de rendre hommage à Jim Tovey. L’aire de conservation désormais appelée Jim Tovey Lakeview commémore la vision transformative de l’ambitieux conseiller municipal, et procure à cette population qu’il a tant aimé l’oasis riveraine verdoyante qu’il avait si bien imaginée.

Jim Tovery and construction worker stand with a backhoe on the waterfront under construction

Réflexion
Partout en Ontario, je suis souvent frappée par la grande fierté avec laquelle des collectivités des plus grandes aux plus petites racontent leur histoire. Savoir d’où nous venons nous enracine quelque part. Savoir où aller ensuite est souvent un défi de taille. Il faut la vision d’un grand leader pour traduire l’histoire en un avenir repensé pour les générations à venir. Jim Tovey était une personne remarquable. Il avait compris que le progrès ne peut certes pas signifier de laisser tomber qui que ce soit. Grâce à sa vision, un lieu qui est passé de symbole d’innovation à désolation environnementale a fait entièrement peau neuve, reflétant concrètement les notions de résilience et de durabilité communautaires. M. Tovey a compris l’importance de mettre en lien la bonne gérance environnementale, la cohésion sociale et la prospérité économique.

J’ai été si heureuse d’être invitée par M. Tovey à l’inauguration de l’exposition Morphology. L’homme avait compris que l’art a le pouvoir de non seulement présenter de nouvelles idées, mais aussi de façonner la perception qu’ont les gens d’enjeux importants. Les invités présents à l’inauguration comprenaient des dirigeants municipaux, des artistes, des gens de la collectivité ainsi que des travailleurs de la construction qui ont pu constater, grâce aux photos exposées, comment leurs matériaux avaient été transformés en œuvres d’art.

L’aire de conservation Jim Tovey Lakeview continuera d’attirer des gens de tous âges pendant des années à venir, qu’il s’agisse de nouveaux Canadiens ou de gens qui ont connu les quatre sœurs. Le lieu promet un avenir inspirant et évolutif, et se veut une nouvelle page de dynamisme dans l’histoire de Mississauga.

Revitalisation du quartier Regent Park

Une cité-jardin
Dans les années 1940, le gouvernement du Canada a érigé un nouveau quartier à Toronto principalement composé de logements sociaux dans le but de favoriser un puissant sentiment de communauté. Baptisé Regent Park, le concept s’inspirait du modèle britannique de la cité-jardin, avec des immeubles se faisant face et beaucoup d’espaces verts. Mais avec le temps, certaines caractéristiques du quartier, comme trop peu de rues de transit et un piètre accès aux marchés d’alimentation et aux réseaux de transport en commun, ont entraîné un sentiment d’isolement. À la fin des années 1980, le secteur qui ressemblait plutôt à un labyrinthe était désormais réputé comme un milieu de vie dangereux.

The Lieutenant Governor looks at the models of phase 3 plans for Regent Park

Une voix forte
Lorsque Sureya Ibrahim est venue d’Éthiopie pour s’établir au Canada en 1998, elle et sa famille ont choisi de s’installer à Regent Park. Malgré ses problèmes locaux et sa mauvaise réputation, le quartier avait conservé son cachet communautaire et de nombreuses familles néo-canadiennes y avaient élu domicile. Mme Ibrahim a intégré un groupe de citoyens qui revendiquaient du changement, et a prêté sa voix à l’appel à l’action de plus en plus pressant pour trouver des solutions aux problèmes systémiques du quartier. En 2002, le groupe Toronto Community Housing (TCH) a répondu à l’appel et a commencé à travailler avec les citoyens à la définition d’une vision d’un nouveau type de quartier résidentiel urbain.

La revitalisation
En 2005, TCH a conclu une entente avec le promoteur Daniels afin de transformer les infrastructures vieillissantes en un milieu de vie à usages mixtes à l’intention de familles à revenus variés. De concert avec les résidants, les responsables souhaitaient revitaliser Regent Park et catalyser un grand changement socioéconomique. Les plans consistaient à remplacer les 2 083 unités de logement social par des immeubles certifiés LEED et d’ajouter jusqu’à 5 000 loyers au taux du marché. Les partenaires ont adhéré au plan de développement social créé en consultation avec les citoyens, lequel comprenait des immeubles résidentiels, des espaces commerciaux, des installations communautaires, des établissements d’enseignement, des parcs et terrains de jeu et des espaces verts. Plus important encore, l’aménagement prévoyait le raccordement de Regent Park au réseau routier de Toronto.

Une collectivité en pleine effervescence
Aujourd’hui, la transformation avance à grands pas, et d’importantes sections du quartier sont méconnaissables – trois des cinq phases du projet sont presque achevées. La transition apporte de grands changements et de belles occasions pour les résidants de tous âges. Sureya Ibrahim, maintenant superviseure des liens avec la collectivité au Centre of Learning & Development, à Toronto, reconnaît qu’il peut être difficile de maintenir la cohésion en périodes de changements rapides. Elle souhaite que la collectivité continuera de s’épanouir longtemps après le départ des entrepreneurs. Elle a confié au Toronto Star, « Nous serons encore ici. Nous continuerons de faire ce que nous aimons faire et de renforcer notre collectivité, en découvrant de 
nouveaux leaders pour l’avenir, à qui passer le flambeau. »

A night-cap of the newly developed Regent Park

Réflexion
Souvent, les engagements envers la durabilité sont plus théoriques que pratiques, mais le réaménagement de Regent Park est un exemple de gérance environnementale, de cohésion sociale et de prospérité inclusive – trois piliers de durabilité – des plus concrets.

Où que je sois en Ontario ou dans le monde, je raconte toujours l’histoire de Regent Park. Le récit de ce quartier réunit tant de merveilleux éléments qui font de l’Ontario un endroit si spécial : la voix essentielle des nouveaux arrivants, l’ouverture au changement dans les villes à croissance rapide, et la volonté de s’engager envers une vision à long terme dans l’intérêt des générations à venir.

Lorsque j’ai rencontré Sureya, en 2018, j’ai aussitôt été frappée par son sens de l’opportunité et son réalisme. En visitant le quartier, j’ai été touchée par les si nombreux partenariats qui ont rendu la revitalisation possible, comme avec la Fondation Maple Leaf Sports (qui a construit un terrain de basketball digne des Raptors de Toronto!), le Service de police de Toronto et nombre de petites entreprises et groupes communautaires. La vitalité du quartier rayonne dans des endroits comme le centre culturel Daniels Spectrum, un carrefour de créativité composé de galeries, d’espaces événementiels et d’une salle de répétition. Beaucoup de gens aimeraient vivre à Regent Park, un secteur qui a tant à offrir dans les domaines des services à la population, des arts, de la culture et de l’alimentation. Sureya le sait bien, la réussite du quartier sera son plus grand défi.

Il ne fait aucun doute que les résidants de Regent Park continueront d’élever leurs voix en faveur de l’inclusion. Tout est mieux lorsque nous travaillons ensemble.

Le parc de recherche Western Sarnia-Lambton

Une collectivité frontalière
Située sur les rives du lac Huron, la circonscription de Sarnia-Lambton, dans le sud-ouest de l’Ontario, fait partie d’une riche région agricole qui jouit d’un des climats les plus chauds du Canada. Largement connue pour son industrie pétrochimique traditionnelle, cette collectivité frontalière s’est plus récemment tournée vers la recherche bio-industrielle et la mise au point de nouvelles technologies respectueuses de l’environnement.

The Lieutenant Governor listens to a description of Origin Materials' technology

Accélérer la croissance
Grâce à sa localisation au centre du corridor des Grands Lacs, Sarnia-Lambton jouit d’un accès exceptionnel aux principaux marchés du Canada et des États-Unis. Au début des années 2000, la région a mis sur pied la grappe de chimie biohybride de Sarnia-Lambton, en partenariat avec Bioindustrial Innovation Canada, l’Université Western, le Collège Lambton et l’industrie locale, en vue d’accélérer la croissance de nouvelles entreprises dans le secteur. Aujourd’hui, la grappe contribue à diversifier l’économie, à changer l’avenir de la production dans le sud-ouest de l’Ontario et à favoriser la durabilité. Le parc de recherche Western Sarnia-Lambton est au cœur de cette économie en évolution.

Changer l’avenir
Depuis plus d’une décennie, le parc de recherche abrite le plus grand incubateur de technologies propres du pays, le Centre de commercialisation. Parmi les importantes sociétés participant à l’incubateur, on retrouve Origin Materials, une jeune entreprise biochimique américaine qui a été attirée à Sarnia-Lambton après avoir exploré d’autres endroits dans le monde. Au lieu d’utiliser du pétrole, cette jeune pousse utilise des matériaux d’origine végétale facilement accessibles dans la région, comme des copeaux de bois, des tiges de maïs et de la paille de blé, qui sont des sous-produits courants de l’industrie agricole des environs. Grâce à de nouvelles alliances avec les deux plus grandes sociétés d’eau embouteillée au monde, Nestlé et Danone, Origin Materials a mis au point et lancé une bouteille en plastique d’origine biologique, fabriqué à partir de matières premières 100 % durables et renouvelables. Avec l’arrivée d’autres entreprises internationales de technologies propres, l’influence de Sarnia-Lambton continuera de croître à l’échelle nationale et internationale.

The Lieutenant Governor tours the research park

Réflexion
J’avais hâte de visiter le sud-ouest de l’Ontario, car il constitue un exemple très concret de la nécessité d’être résilient lorsque l’on est confronté à des changements transformateurs. Cette région avait autrefois le niveau de vie le plus élevé du pays, en raison de sa situation frontalière et de ses antécédents à titre de puissance agricole et industrielle, mais son histoire récente en a été une de déclin économique et de défi environnemental.

Sarnia-Lambton s’interrogeait sur son avenir : où pouvons-nous trouver de l’espoir et des promesses? Comment pouvons-nous concilier croissance économique et santé environnementale? Comment pouvons-nous faire face au changement?

Lors de mon passage dans la région, j’ai visiter le parc de recherche Western Sarnia-Lambton. J’ai été frappée par l’esprit de collaboration et les qualités de visionnaires des occupants du parc de recherche. Au cours des nombreuses conversations que j’ai eues avec les gens, il était clair que les questions que la collectivité avait été contrainte de se poser trouvaient des réponses dans l’innovation et l’imagination. Ainsi, la région a commencé à se réinventer en utilisant l’infrastructure existante et en faisant appel aux ressources disponibles dans le milieu agricole ainsi qu’aux travailleurs qualifiés du Collège, dont un grand nombre participaient à des programmes de recyclage professionnel.

L’histoire de Sarnia-Lambton est importante pour tous les Ontariens, car elle nous montre ce qui peut être accompli lorsque nous réimaginons un avenir où les gens sont au cœur de la prise de décisions. Bien que les possibilités économiques semblent avoir préséance sur la gérance de l’environnement et la cohésion sociale, il est évident que la collectivité a adopté le concept de durabilité, en étant à ‘écoute de tous les secteurs de la collectivité et en mettant en application les enseignements du passé, et ce, dans le but de créer un avenir durable pour tous. Cette histoire n’a pas fini de s’écrire et il vaudra la peine de la surveiller de près au cours des années à venir.

Le Collège Pickering

Leadership mondial
Le Collège Pickering, un établissement scolaire indépendant situé à Newmarket, s’est donné la vision de former des citoyens du monde novateurs, courageux et bienveillants. Tous les étudiants prennent part au programme de leadership mondial (Global Leadership Program, ou GLP) qui est offert en trois volets selon le niveau scolaire, et qui mène au diplôme « Global Leadership » fondé sur l’action. Au primaire, le GLP culmine en 5e année, moment auquel les élèves doivent présenter leur « idée clé », soit un projet comprenant un rapport de recherche, un balado et une allocution sur un sujet qui les touche personnellement et qui est d’importance mondiale. Suivant leur présentation, les élèves reçoivent une clé qui représente l’ouverture vers l’étape suivante du GLP : l’école intermédiaire.

Students from Pickering College with SDG tiles

Mon idée clé
Au printemps 2019, les élèves de la 5e année ont invité la lieutenante-gouverneure à venir assister à la présentation de leurs idées clés, dont chacune s’inscrivait dans les objectifs de développement durable des Nations Unies. Les jeunes ont amorcé la présentation par une déclaration : « Nombre des projets que nous présenterons aujourd’hui mettent en lumière nos efforts de sensibilisation mondiale, notre volonté de bonne gérance environnementale et de justice sociale, et notre désir de comprendre l’impact des nouvelles technologies dans notre monde changeant. » Les projets portaient sur un vaste éventail de sujets : sauver la forêt amazonienne, le travail des enfants en Afrique, la malnutrition dans les pays en développement, l’énergie éolienne, la pollution des Grands Lacs, et l’incidence de la pauvreté sur la santé en Ontario.

The Lieutenant Governor celebrates with Pickering College students upon receiving their keys

Réflexion
Lorsque l’éducation est inclusive et élargie, elle permet aux élèves de voir le monde dans une perspective de développement durable. Si les trois piliers de la durabilité – la cohésion sociale, la prospérité économique et la bonne gérance environnementale – sont des notions utilisées par les gouvernements et les décideurs, mon expérience m’a toutefois montré que beaucoup de jeunes Ontariens d’aujourd’hui apprennent, agissent et posent des questions en lien avec ces trois volontés.

Pourquoi y a-t-il encore de l’itinérance?

Quel est l’avenir du monde du travail?

Qu’allons-nous faire avec tout ce plastique dans nos océans?

J’ai rencontré les jeunes de 5e année du Collège Pickering pour la première fois lorsqu’ils sont venus visiter Éveil dans les appartements de la lieutenante-gouverneure, une exposition de textes et d’œuvres d’art inspirés des 17 objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU. Les élèves étaient curieux et enthousiastes, et ont semblé mieux comprendre les ODD que beaucoup de visiteurs adultes.

Lorsqu’on m’a invitée à assister à la cérémonie de fin de programme, je m’attendais bien sûr à voir des visages d’enseignants accomplis et de parents fiers, mais je n’avais pas prévu une telle éloquence et une telle assurance chez les jeunes au moment de présenter leurs solutions originales aux problèmes mondiaux. Plusieurs des enjeux qu’ils ont soulevés provoquent un sentiment de désespoir chez les adultes, mais, armés du pouvoir de l’éducation, ces jeunes y voient des occasions de surmonter des obstacles pour un avenir plein de potentiel. Ils sont conscients de leur place dans le monde, de l’impact qu’ils peuvent avoir. Avec leur diplôme, on leur a remis une « clé » pour amorcer l’étape suivante de leur programme, et de leur développement.

Se soucier de la planète et de ses habitants commence dès un jeune âge. Grâce au programme de leadership mondial de Pickering et au soutien des enseignants et des parents, les jeunes collégiens changent le cours des choses – chez eux et bien au-delà. Des histoires comme celle-ci me donnent un sentiment d’espoir et de promesse pour l’avenir. Je suis confiante que la prochaine génération d’Ontariens est prête à affronter certains des plus importants problèmes que le monde ait jamais connus.

Le programme Nikibii Dawadinna Giigwag

Le programme
En 2018, un innovateur programme d’été à l’intention des jeunes Autochtones a été mis sur pied en collaboration avec la faculté d’architecture John H. Daniels de l’Université de Toronto, le Native Canadian Centre of Toronto, le groupe Great Lakes Waterworks Water Allies, l’Aînée Whabagoon de la Première Nation du Lac Seul et l’Office de protection de la nature de Toronto et de la région. Le programme s’appelle Nikibii Dawadinna Giigwag, ce qui signifie « vallée inondée en guérison » en anishinaabemowin, un dialecte de la région de Manitoulin. Visant à combler un fossé intergénérationnel grandissant dans le savoir environnemental traditionnel, le programme offre aux participants des occasions d’en apprendre davantage sur des parcours de carrière comme l’architecture, le design urbain, la conservation et la cinématographie.

Indigenous youth participants in the Nikibii Dawadinna Giigwag program sit on the floor in front of Her Honour demonstrating their Camp Bolton revitalization project

Revitaliser le Camp Bolton
Guidée par des Aînés et des gardiens du savoir traditionnel, cette initiative présente aux jeunes une introduction à la conception de bâtiments durables et leur procure des occasions d’apprentissage écologique pratiques.

Durant la première année du programme, les jeunes ont été invités à proposer des idées pour la revitalisation du Camp Bolton, un site de plus de 100 hectares à une quarantaine de kilomètres de Toronto. Les plans définitifs comprenaient une piste cyclable, un jardin pluvial, un trottoir en bois, un tipi, une suerie et un jardin médicinal encerclant un feu de camp. En appliquant les enseignements traditionnels, les jeunes ont trouvé des façons astucieuses pour établir des liens entre les espaces intérieurs et le paysage environnant et pour concevoir des lieux de rencontre tout en préservant la structure patrimoniale des anciens pavillons.

Her Honour participates in a welcoming ceremony with Elder Whabagooon at Camp Bolton

Une compréhension grandissante
Le programme s’est élargi en 2019 et cette fois, les participants ont appris à réaliser des activités de restauration, comme planter des arbres et protéger l’habitat du Camp Bolton. Des mentors ont contribué au programme en présentant des conférences et en examinant les plans, et ont organisé des visites guidées de projets d’aménagement et de design urbain durable. Les jeunes ont ainsi eu accès à des installations d’avant-garde à la faculté John H. Daniels de l’Université de Toronto, et ont pu explorer les liens spirituels et culturels à la Maison des Premières Nations de l’Université. Tout comme le programme Nikibii Dawadinna Giigwag, le nouveau Camp Bolton – avec ses éléments inspirés par les jeunes et son spectaculaire décor naturel – continuera d’insuffler la créativité, l’apprentissage et l’innovation.

Youth participants of Nikibii Dawadinna Giigwag program stand with Her Honour in Queen's Park with a paining of three Indigenous figures made for Her Honour

Réflexion
C’est par une magnifique journée de juillet que j’ai rencontré pour la première fois les jeunes Autochtones, les responsables et les Aînés du programme Nikibii Dawadinna Giigwag au Camp Bolton, non loin de Toronto. La journée a commencé par une émouvante cérémonie tenue à l’extérieur, alors qu’un faucon sillonnait le ciel au-dessus de nos têtes. Lorsque les étudiants m’ont parlé de leur travail, de leur vision et de leur passion envers la revitalisation du camp, il m’a été évident que leur compréhension allait au-delà de simples habiletés en architecture et en aménagement paysager. Grâce aux enseignements des Aînés, les participants ont appris petit à petit l’histoire de leur territoire. Ils ont appris comment concevoir un espace qui encouragera les familles de demain à venir au Camp Bolton pour passer du temps avec les leurs ainsi qu’avec la nature. À maintes reprises, les jeunes m’ont dit à quel point ils étaient ravis de renouer avec les apprentissages traditionnels et de conjuguer le passé avec l’avenir.

Liat Margolis, professeure agréée et directrice du programme d’architecture paysagère, niveau de la maîtrise, à la faculté John H. Daniels, a formulé une vision pour le programme qui intègre les trois piliers de la durabilité : au cours de leur été au Camp, les étudiants ont pu développer des compétences pratiques aptes à assurer leur prospérité économique dans l’avenir; l’apprentissage du savoir autochtone et de la technologie la plus récente combiné au fait de côtoyer des experts leur a permis de mettre en pratique la cohésion sociale de façon holistique; et les plans à long terme pour le camp ont démontré une fierté et un engagement envers la bonne gérance environnementale de la région.

À la fin de l’été, les étudiants sont venus me visiter à Queen’s Park pour m’offrir un tableau. L’œuvre est pleine de vitalité, de couleur et d’espoir. Elle est aujourd’hui exposée dans mon bureau, me rappelant continuellement la puissance de nos jeunes et la promesse d’un avenir durable.

MaRS Discovery District

Une tradition de découverte
En 1922, dans un laboratoire de l’Université de Toronto, les expériences menées par Frederick Banting et une petite équipe de collègues ont conduit à l’une des plus importantes percées de l’histoire médicale moderne : la découverte de l’insuline. Près d’un siècle plus tard, sur ce même site, un centre de pointe connu sous le nom de MaRS Discovery District a été créé pour poursuivre la tradition et offrir un espace inspirant pour une nouvelle génération de scientifiques et d’entrepreneurs.

Il est depuis devenu une rampe de lancement pour les entreprises en démarrage, une plate-forme pour les chercheurs et un lieu propice pour les innovateurs, en plus de soutenir la commercialisation de leurs découvertes. En 2016, avec l’ouverture de l’agrandissement de la Tour Ouest, MaRS est devenu le plus grand pôle d’innovation urbain en Amérique du Nord.

Her Honour at Nuit Blance at MaRS

La fondation de MaRS
MaRS a ouvert ses portes en 2005. Il est le fruit de la collaboration de 14 chefs de file communautaires qui, ensemble, ont donné la somme de 14 millions de dollars, à laquelle s’est ajouté le soutien du gouvernement, du secteur privé et de l’Université de Toronto. L’incubateur réunit un éventail de partenaires de premier plan, provenant du milieu des affaires et des secteurs public et communautaire, ainsi que des jeunes pousses de quatre secteurs clés : la santé, les technologies propres, les technologies financières et les entreprises.

Le centre n’a cessé de croître au cours des 15 dernières années, au point de devenir un complexe de 1,5 million de pieds carrés comprenant 4 bâtiments ultramodernes reliant les espaces destinés aux jeunes pousses, les laboratoires scientifiques, les installations de recherche et les bureaux des entreprises. Le réseau actuel regroupe des instituts de recherche innovants comme Borealis AI, l’Institut Vecteur de recherche en intelligence artificielle, l’Institut ontarien de recherche sur le cancer, le CIFAR et JLABS, ainsi que de grandes sociétés technologiques telles Autodesk et Paypal.

Retombées positives
Aujourd’hui, plus de 1 200 nouvelles entreprises soutenues par MaRS relèvent sans cesse certains des plus grands défis de la société. Leur contribution au PIB canadien se chiffre en milliards de dollars et elles ont eu des répercussions positives sur environ 17 millions de vies.

En voici un seul concret : Humera Malik a fondé Canvass Analytics en 2016 dans le but de révolutionner l’industrie manufacturière grâce à l’IA. Son produit : une plate-forme prédictive qui permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de maximiser l’efficacité opérationnelle et d’améliorer la qualité de la production. Plus précis que n’importe quel être humain et 12 fois plus rapide que les solutions habituelles de l’industrie, le logiciel de Mme Malik pourrait faire économiser des millions de dollars à des clients grands consommateurs d’énergie, tout en respectant l’environnement. C’est un produit révolutionnaire, prêt à être adopté.

Grâce à son réseau mondial, l’équipe des technologies propres de MaRS a mis Mme Malik en relation avec une liste de clients et d’investisseurs potentiels des domaines de l’automobile, de l’aérospatiale et de l’agriculture, l’a emmenée dans des forums internationaux et a organisé plusieurs conférences dans tout le Canada.

Aujourd’hui, Canvass connaît une croissance rapide et est sur la bonne voie pour prendre de l’expansion à l’échelle mondiale. Parmi l’impressionnante liste de clients de l’entreprise figurent Olam International, l’une des plus grandes entreprises agroalimentaires du monde, et Stelco, basée à Hamilton, un leader de l’acier canadien. Jusqu’à présent, Mme Malik et son équipe ont obtenu deux rondes de financement par capital de risque, soit 1,6 million de dollars américains de la société canadienne de capital de risque Real Ventures (installée au Centre MaRS) et 5 millions de dollars américains d’un groupe dirigé par Gradient Ventures de Google.

Et Mme Malik a redonné : en septembre 2018, on lui a demandé d’être juge dans le cadre du Défi des femmes en tech propres, un concours national organisé par MaRS et doté d’un prix de1 million de dollars qui sera remis à la plus prometteuse fondatrice d’entreprise choisie parmi six finalistes.

[1] https://www.marsdd.com/story/humera-malik-found-her-tribe-in-torontos-innovation-ecosystem/

Her Honour, the Governor General, and Premier Wynne at MaRS, February 2018

Réflexion
Au cours des cinq dernières années, j’ai été témoin de l’énergie et de l’engagement déployés par le MaRS Discovery District, qui reflète le meilleur du Canada. Il a ouvert ses portes pour célébrer la science, il a convié l’ensemble des acteurs de l’écosystème à des débats et des discussions, et il a offert au public la possibilité de s’informer, grâce aux activités culturelles et éducatives que le centre organise.

MaRS est devenu mondialement reconnu comme un catalyseur de l’innovation et de l’investissement social en vue réponse à certains des problèmes les plus complexes et les plus urgents auxquels la société est confrontée. En partie grâce à la diversité de Toronto, MaRS continue d’attirer de grands esprits et de grandes idées. Il est audacieux et ambitieux. Et c’est ce qu’il faut pour améliorer de manière significative la vie de tant de gens. Restez à l’affût d’une nouvelle initiative : Mission de MaRS.

Le Musée Aga Khan

Une destination populaire
Situés dans un merveilleux parc paysager qui surplombe la Vallée de la rivière Don, à Toronto, deux radieux immeubles blancs constituent un lieu prisé de grand intérêt en banlieue de la ville. Admirés pour leur architecture exemplaire, le Musée Aga Khan et le Centre Ismaili de Toronto ont ouvert leurs portes en 2014, étant le fruit d’une initiative du Réseau Aga Khan de développement, un organisme international fondé par son altesse l’Aga Khan. Entourées par des quartiers habités par une importante population musulmane, ces toutes jeunes institutions culturelles sont rapidement devenues une destination populaire. Cet unique complexe se veut une oasis accueillante pour les nouveaux venus dans la ville ainsi que pour les visiteurs avides d’art d’ici et d’ailleurs.

Her Honour and the Governor General look at an exhibition on the moon at the Aga Khan Museum

Relier les cultures
Le Centre Ismaili de Toronto est l’une de six institutions semblables dans le monde. Il offre des programmes stimulants aux collectivités de la région, et leur propose un espace de réflexion spirituelle. De son côté, le Musée Aga Khan est le premier en Amérique du Nord à se concentrer sur l’art islamique. Sa remarquable collection d’objets englobe trois continents et plus de 10 siècles. Dans ses spacieuses galeries, les visiteurs découvrent les contributions artistiques, intellectuelles et scientifiques qu’ont léguées les civilisations musulmanes au monde entier. Les inspirantes expositions temporaires et les programmes éducatifs ont été pensés pour promouvoir une compréhension mutuelle en reliant les cultures par les arts.

Des histoires visuelles
Un des programmes invite 20 jeunes nouveaux arrivants des collectivités avoisinantes, dont Flemingdon Park et Thorncliffe Park, à prendre part aux ateliers de photographie Fredric Roberts. Le programme habilite les jeunes en leur inculquant une nouvelle habileté : l’art de raconter des histoires visuelles. En 2018, le Bureau de la lieutenante-gouverneure, l’organisme L’éducation au service de la Terre et le Musée Aga Khan ont mis au défi les participants d’explorer les objectifs de développement durable des Nations Unies par la photographie. Les étudiants ont notamment traité de sécurité alimentaire, d’égalité des sexes et de protection de l’environnement. Leurs perspectives culturelles diversifiées ont donné aux visiteurs un aperçu du point de vue de la plus jeune génération et de ses attentes face à l’avenir. Le résultat s’est traduit par le projet Notre avenir durable, une exposition photographique des histoires visuelles de ces jeunes présentée dans les appartements de la lieutenante-gouverneure, à Queen’s Park.

Guests look at the Our Sustainable Future exhibition on display at Queen's Park

Une oasis sur la colline
Le Réseau Aga Khan de développement travaille à améliorer les conditions de vie et les occasions favorables de plusieurs millions de personnes vivant dans les pays en développement. Le Réseau et son volet culturel, le Trust Aga Khan pour la culture, entretiennent une relation de longue date avec le Canada. Leurs récentes réalisations en Ontario reflètent l’appréciation de l’Aga Khan à l’égard de son engagement envers la tolérance et le pluralisme. Les gens de la région ainsi que les visiteurs de partout dans le monde sont ravis de venir passer du temps dans cette merveilleuse oasis sur la colline : c’est l’endroit idéal pour célébrer la diversité ethnique et culturelle de l’Ontario, et les cultures anciennes et nouvelles d’ici et d’ailleurs.

Group photo of artists and Her Honour at the opening of the Our Sustainable Future exhibition at Queen's Park

Réflexion
En 2017, j’ai accepté de servir à titre de présidente honoraire du Musée Aga Khan. L’association de nos deux institutions m’a semblé naturelle, étant toutes les deux résolues à renforcer les liens qui unissent l’humanité.

J’ai alors encouragé le Musée à sensibiliser à nos défis communs en tant que citoyens du monde, et à l’outil qui, selon moi, est le plus puissant pour y arriver : le Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies et ses 17 objectifs de développement durable.

Or, le projet Notre avenir durable s’insère parfaitement dans cette volonté. Essentiellement, il représente le passage symbolique du flambeau à la nouvelle génération de Canadiens. Je suis reconnaissante envers Henry Kim, directeur général du Musée, et sa compétente équipe pour leur leadership et leur vision.

Qu’elles abordent leurs sujets directement ou de façon plus abstraite, les photos produites par les jeunes nous encouragent à voir notre province – et plus largement, le monde – sous un angle nouveau. En fait, c’est exactement ce que nous essayons de faire ici, au Bureau de la lieutenante-gouverneure : offrir un espace productif pour la discussion, favoriser l’empathie, et susciter l’intérêt de tous envers des idées audacieuses.

En travaillant dans les quartiers et les collectivités, les jeunes photographes nous ont fait découvrir comment des gens affrontent les défis communs à tous dans la société. Ils ont pris à cœur ce que les objectifs de développement durable nous exhortent tous à faire : penser mondialement en agissant localement.

Foire royale agricole d’hiver

La célébration de l’agriculture
Chaque année, après la saison des récoltes en Ontario, les collectivités de toute la province se réunissent lors de foires locales d’automne pour célébrer la ruralité. Pour les habitants des villes comme Toronto, la Royal Agricultural Winter Fair, c’est la campagne à la ville; chaque mois de novembre depuis près d’un siècle, la foire met à l’honneur ce que l’agriculture fait de mieux, les aliments locaux et les concours équestres. Elle est la plus grande foire agricole et équestre intérieure au monde; plus de 300 000 personnes se rendent chaque année à l’Exhibition Place pour y participer.

The Lieutenant Governor speaks with a booth at the Royal Agricultural Winter Fair in 2019

Des animaux-vedettes
Pour un grand nombre de visiteurs, les animaux sont les vedettes de la foire royale et il y en a pour tous les goûts : de la mini-ferme conviviale aux divertissantes expositions canines, en passant par un éventail de concours de bestiaux qui présentent des animaux figurant parmi les meilleurs au monde. La Coupe du lieutenant-gouverneur, dont le lancement est marqué par l’arrivée vice-royale en landau, constitue l’un des principaux attraits du Royal Horse Show. Au cours de cette activité équestre intérieure, des cavaliers et des chevaux de calibre mondial participent à des compétitions de très haut niveau de saut d’obstacles, de concours complet à l’intérieur et de dressage. En 2019, au plus grand plaisir de la foule, le célèbre Carrousel musical de la GRC a fait une démonstration avec un peloton complet de cavaliers sur leurs élégants chevaux noirs.

The Lieutenant Governor with a llama at the Royal Agricultural Winter Fair in 2019

De la ferme à la table
Pour certaines personnes, les aliments constituent le cœur de cette foire, où désormais, l’emblématique tartelette au beurre est en concurrence avec la bière artisanale. Un nouveau pavillon de l’alimentation locale, qui met davantage l’accent sur la qualité et la durabilité, offre aux visiteurs la possibilité de goûter certains des mets les plus innovants de la province et d’en rapporter chez eux. C’est l’occasion pour les entrepreneurs de toutes les régions de l’Ontario de promouvoir leurs produits et de raconter le voyage de ces aliments depuis la ferme jusqu’à la table. Les visiteurs sont toujours impatients de rencontrer les gens derrière ces voyages et d’en apprendre davantage sur ces entreprises agroalimentaires. Ils peuvent également échanger avec des artisans du Nord à propos de leurs produits artisanaux uniques. De plus, lors de cette foire ayant lieu dans la ville la plus multiculturelle du monde, des chefs célèbres font découvrir aux visiteurs des cuisines variées.

Un lieu où s’épanouir
La foire royale, c’est aussi une question d’éducation. Des générations d’élèves se familiarisent avec l’agriculture canadienne grâce à des expériences pratiques. Ils rencontrent des enfants de leur âge, qui vivent en milieu rural et qui redoublent d’efforts pour obtenir les très convoitées distinctions 4-H. Des élèves et des étudiants de tous les âges viennent y écouter des enseignants de l’Université de Guelph parler de leurs découvertes dans le domaine des sciences, des technologies et des arts, ainsi que d’entrepreneuriat, et en quoi tout cela change la façon dont nous cultivons et consommons les aliments. Ils leur expliquent comment les interactions avec l’environnement, les animaux et les ingrédients peuvent nous permettre d’être en meilleure santé, de créer des emplois de haute technologie et de protéger nos ressources naturelles. La Royal Agricultural Winter Fair est le forum idéal pour tenir ce dialogue. Depuis 98 ans, la foire réunit les gens afin de partager des histoires au sujet de leur passé agricole et de caresser de grands rêves pour leur avenir.

The Lieutenant Governor stand with the prize winning Thornloe Cheese at their booth

Réflexion
Mes racines rurales en Saskatchewan et mon expérience au sein des clubs 4-H font en sorte que je me sens très à l’aise à la Royal Agricultural Winter Fair. La foire agricole a également une longue histoire d’accueil des membres de la famille royale, des gouverneurs généraux et des lieutenants-gouverneurs; c’est d’ailleurs le roi George V qui lui a donné le sobriquet de « The Royal » en 1922.

Chaque fois que j’ai eu la chance de me rendre à la foire royale, j’ai eu l’occasion d’apprendre quelque chose de nouveau ou de m’émerveiller, notamment des initiatives en matière de développement économique. L’agriculture et l’alimentation, c’est bien plus que ce que l’on peut constater à première vue. Ainsi, en 2016, j’ai rencontré des représentants de l’entreprise Iroquois Cranberry Growers, qui a fait de ses décadentes canneberges enrobées de chocolat sa spécialité, et en 2017, j’ai participé aux activités de la Campagne pour la laine, qui a bénéficié du soutien de la Fondation du prince au Canada. Je suis toujours repartie de la foire animée d’une conviction renouvelée de la chance que nous avons dans cette province d’avoir accès à autant de talents et d’innovation qui, en fin de compte, nous nourrissent tous.

Aujourd’hui, près d’un siècle après la création de cette foire, il est plus important que jamais de perpétuer de telles occasions d’apprendre et d’être reconnaissants, avec une diversité de régions, de pratiques et de gens qui se rassemblent. C’est une expérience qui favorise la compréhension mutuelle et l’empathie.

Nous pouvons être fiers de l’engagement durable de la foire royale à l’égard du renforcement des piliers de la durabilité. Puisse cette pierre angulaire de la tradition continuer encore longtemps à nous rassembler et à mettre en valeur ce que l’Ontario a de mieux à offrir.