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Récits de durabilité

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Incertaine. Complexe. Accélérée. Troublante. Stimulante. Intéressante. L’époque dans laquelle nous vivons peut se résumer par nombre de mots, et chacun nous invite à nous demander « comment composer avec le changement? » et « où peut-on trouver de l’espoir et des promesses d’avenir? ». Or, toutes les réponses valables nous mènent à la même notion : la durabilité.

Une des façons de comprendre ce concept est de le considérer dans l’optique du Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies. Les États membres ont convenu de 17 objectifs de développement durable (ODD) qui intègrent notamment la prospérité économique inclusive, la cohésion sociale et culturelle et la bonne gérance environnementale. De jour en jour, l’urgence de trouver des solutions devient de plus en plus apparente. En bout de ligne, c’est une approche holistique qui nous permettra d’atteindre tous les objectifs – de l’égalité des sexes à l’élimination de la faim, jusqu’à l’action climatique – et de bâtir un avenir plus durable pour tous.

Les ODD s’appliquent partout dans le monde. Toutes les nations ont à la fois l’obligation et la possibilité d’apprendre les unes des autres. Et certes, il est temps de regarder vers l’extérieur, et non vers l’intérieur. Tous les efforts comptent, et les gestes individuels peuvent certainement avoir de profondes répercussions. Et considérant l’impact de nos décisions sur les sept générations à venir, les modes de pensée autochtones sont à privilégier.

Partout en Ontario, on trouve de remarquables exemples des façons dont les gens propulsent la durabilité, chez eux et partout dans le monde. Ils n’utilisent pas tous le mot durabilité, mais l’objet de leurs projets et initiatives est de rendre les gens et les collectivités plus résilientes. Nous demeurons un « projet en cours » – ce n’est pas parfait, mais clairement, l’effort est là.

Depuis le début de mon mandat en tant que lieutenante-gouverneure, c’est un privilège pour moi d’entendre parler de toutes les réussites, aspirations et approches novatrices des Ontariens face à leurs nombreux défis. Me considérant de façon informelle la « conteuse en chef » de la province, je crois que plus nous écoutons et diffusions ces réussites, mieux nous sommes outillés pour comprendre autrui, acquérir de l’empathie, comprendre l’incidence de nos décisions et actions individuelles, et trouver notre place dans le monde.

Cette section de notre site Web a été conçue pour mettre en lumière certains de ces récits. J’espère qu’elle provoquera d’intéressantes discussions et qu’elle encouragera la collaboration. Puissent les textes présentés ici vous inspirer, vous amener à voir la durabilité d’une autre façon, et vous inciter à contribuer. Et n’hésitez pas à les diffuser.

La ferme ClearWater

Groundbreaking at ClearWater Farms

Une idée toute simple
« Sur un chemin de terre, à quelques pas de la vie effrénée de la banlieue, se trouvait une ferme riveraine dépassée par les temps modernes. En 2013, la ville de Georgina a acheté la propriété située aux abords du lac Simcoe de la famille qui la possédait depuis 180 ans. Tout un chacun avait son idée quant à ce que la vieille ferme devrait devenir. Mais une idée toute simple a prévalu sur toutes les autres. Et si la ferme demeurait une ferme? Mais pas n’importe quelle sorte de ferme ». Et si cette ferme devenait une vitrine des pratiques écoagricoles avancées et un centre communautaire de pointe pour la durabilité?

Une entreprise sociale
Six ans plus tard, la ferme ClearWater se décrit comme une entreprise sociale visant à démontrer comment on peut cultiver des aliments sains de manière à restaurer la terre, l’eau, l’économie locale et le tissu communautaire. La ferme utilise des pratiques et des technologies respectueuses de l’eau et de la nature pour aider les autres à découvrir des choix écologiques. Elle inspire ses employés, ses bénévoles, ses clients et ses partenaires à cultiver, à préparer et à partager des aliments frais et nutritifs en ayant recours à des pratiques biologiques et régénératrices.

Se rapprocher de la nature
Une initiative phare d’Ontario Water Centre (OWC), un organisme de bienfaisance à vocation éducative, la production d’aliments écologiques de la ferme ClearWater appuie sa mission éducative qui consiste à renforcer le lien des jeunes et de leur famille avec l’environnement naturel, en mariant les arts, la science et la technologie pour favoriser un avenir plus durable. La ferme ClearWater offre aux enfants des expériences d’apprentissage uniques et adaptées au milieu qui les relient à la nature et leur permettent de travailler avec elle. La présidente fondatrice d’OWC, Annabel Slaight, croit que les enfants qui ont appris à prendre soin de la nature et à l’aimer deviendront de merveilleux gardiens de la planète.

Un lieu de rencontre
Aujourd’hui, 150 nouveaux érables ont été plantés le long du chemin de terre qui mène maintenant à la ferme ClearWater. La « Canada 150 Lane » n’est qu’un des nombreux projets de construction communautaires qui ont transformé la propriété. Les arbres croissent près d’un érable à sucre du patrimoine ontarien vieux de 200 ans, appelé « The Trading Tree », qui servait autrefois de lieu de rencontre aux familles autochtones et aux premiers colons. Son histoire célèbre le lien de collaboration entre la ferme ClearWater et la Première Nation des Chippewas de Georgina Island, et a inspiré la création d’un livre pour enfants et d’un charmant jardin pluvial conçu avec l’aide des écoliers de la région.

Une nouvelle vision
La ferme ClearWater continue de réinventer sa propriété historique riveraine de manière à honorer le passé tout en offrant un lieu de rassemblement pour l’avenir. En restaurant une grange patrimoniale pour en faire un centre d’éducation pour les jeunes et un lieu d’activités communautaires, la ferme crée de nouveaux emplois et des ressources communautaires pour Georgina. Elle a contribué à inspirer une nouvelle vision de la ville en tant que collectivité prospère et bienveillante qui est encore profondément liée à son territoire et à son lac.


Réflexion

La première fois que j’ai visité la ferme ClearWater en 2017, j’ai été frappée par le fait que la ferme est un laboratoire vivant pour la durabilité. Ses avantages pour l’environnement sont évidents : arrêter le ruissellement incontrôlé, encourager la pollinisation et fournir un habitat à la faune. De même, elle soutient la prospérité économique, en améliorant le rendement des cultures, en utilisant les déchets verts pour chauffer les serres et en fournissant de l’électricité à la ville, tout en offrant des emplois indispensables aux jeunes qui, autrement, pourraient partir pour aller s’installer dans un centre urbain. L’apprentissage par l’expérience est au cœur des programmes d’apprentissage et des camps d’été, et le processus continu de réconciliation est encouragé par les liens étroits de la ferme avec les Chippewas de Georgina Island.

À bien des égards, cela me rappelle une initiative de Son Altesse Royale, le prince de Galles, qui a eu la vision de rénover un domaine appelé Dumfries House, préservant ainsi son patrimoine distinct et régénérant l’économie locale, grâce à des investissements dans des pratiques agricoles durables et des centres éducatifs où les jeunes de la région peuvent acquérir de nouvelles compétences.

Tous les deux sont des exemples qui illustrent l’apport de nouvelles perspectives pour relever les défis d’aujourd’hui.

[1]https://www.ontariowatercentre.ca/wp-content/uploads/2016/02/CWF-stories-combined.pdf

SheEO

La Lieutenante Gouverneure parle avec un patron a la conference de SheEO

Une idée novatrice
En 2015, Vicki Saunders a eu l’idée de lancer SheEO, une initiative sans but lucratif basée à Toronto qui transforme radicalement comment les femmes innovatrices sont soutenues, financées et célébrées. Elle visait à perturber les systèmes existants de financement d’entreprises en démarrage qu’elle considérait comme étant conçus plus particulièrement pour les hommes, en créant un modèle entièrement nouveau doté d’un ensemble de valeurs définies dans une optique féministe. L’objectif consistait à aider les femmes à créer des entreprises qui reflètent leurs passions, leurs forces et leurs valeurs, et à leur accorder un espace sécuritaire pour réussir selon leurs propres conditions.

Réussir selon leurs propres conditions
Ayant grandi sur une ferme de 100 acres dans la région d’Ottawa, Vicki Saunders se souvient d’avoir écouté les nouvelles idées que ses parents proposaient pour diversifier l’entreprise familiale. Ses parents encourageaient les enfants à participer au remue-méninges. Cette ferme qui offrait à l’origine l’autocueillette de fraises est rapidement devenue une entreprise événementielle prospère axée sur des activités éducatives étalées sur toute l’année. Mme Saunders est convaincue que cet environnement de créativité et de collaboration qu’elle a connu dans sa jeunesse l’a préparée à réussir en tant qu’entrepreneure, mentore et innovatrice. Elle a par la suite fondé et fait prospérer quatreentreprises.

Générosité fondamentale
Le modèle SheEO repose sur la volonté de capter l’intérêt d’investisseures performantes par la pratique de la « générosité fondamentale ».À l’aide d’un simple cadre d’externalisation ouverte, SheEO recrute 500 femmes appelées « activatrices » qui contribuent à parts égales à un fonds de capital de risque de 500 000 $. Puis, ces activatrices choisissent cinq sociétés détenues par des femmes, nommées « entreprises », qui reçoivent chacune un prêt de 100 000 $ sans intérêt. Chaque nouvelle entreprise génère des revenus, a un potentiel d’exportation et œuvre pour créer un monde meilleur, que ce soit par son modèle opérationnel, ses produits ou ses services.Les activatrices deviennent une équipe qui offre des conseils et du soutien pour accélérer la réussite des nouvelles entrepreneures, et simultanément, tirent elles-mêmes parti de ce nouveau réseau entrepreneurial. Les prêts sont remboursés à l’intérieur d’une période de cinq ans, puis les sommes sont prêtées de nouveau, créant ainsi un fonds perpétuel.

The Lieutenant Governor speaks with representative from Heartbeat AI startup

Impact mondial
À peine quatre ans plus tard, la formule de financement radicalement repensée de Vicki Saunders connaît un succès retentissant. SheEO représente un groupe de femmes extrêmement diversifié et possède une entreprise internationale en pleine expansion au Canada, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, en Australie et au Royaume-Uni. Ces femmes sont fières d’avoir financé plus de 50 entreprises novatrices détenues par des femmes, qui apportent des solutions à des enjeux critiques et aident à redéfinir le monde.Elles considèrent leur approche visionnaire comme une voie vers un nouveau modèle économique et social inclusif pour l’établissement de collectivités durables. SheEO s’est fixé pour objectif d’atteindre un million d’activatrices et 10 000 entreprises, et de constituer un fonds perpétuel d’un milliard de dollars afin de soutenir les femmes pour les générations à venir. La brève question posée au nombre croissant de sympathisantes est : participez-vous?

SheEO Venture Business Cards

Réflexion
Les faits sont éloquents. Ils sont révélateurs. L’autonomisation des femmes et des filles peut produire un remarquable impact positif sur la prospérité et la qualité de vie de nos collectivités et de la société en général. Pourtant, nous tentons toujours d’atteindre l’égalité des genres dans tant de domaines. Il reste encore beaucoup à faire. Je suis par conséquent très fière du développement créatif et visionnaire de SheEO en Ontario au cours des cinq dernières années. Il montre comment l’entrepreneuriat au féminin peut ébranler non seulement les façons désuètes de faire des affaires, mais aussi les structures sous-jacentes de pouvoir qui très souvent renforcent les inégalités et perpétuent les écarts entre les nantis et les démunis.

Amplifiant la voix des femmes dans le monde des affaires, SheEO impulse des progrès véritables vers l’atteinte des Objectifs de développement durable, ou, pour reprendre les paroles de Vicki, « aborde à la liste de "choses à faire" de la planète ».

Le modèle de SheEO est en soi une innovation comportant une dimension profondément sociale. Sa générosité fondamentale a le potentiel de devenir authentiquement transformatrice tout en donnant aux femmes les moyens de tracer leur propre voie et de s’épanouir.