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Récits de durabilité

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Incertaine. Complexe. Accélérée. Troublante. Stimulante. Intéressante. L’époque dans laquelle nous vivons peut se résumer par nombre de mots, et chacun nous invite à nous demander « comment composer avec le changement? » et « où peut-on trouver de l’espoir et des promesses d’avenir? ». Or, toutes les réponses valables nous mènent à la même notion : la durabilité.

Une des façons de comprendre ce concept est de le considérer dans l’optique du Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies. Les États membres ont convenu de 17 objectifs de développement durable (ODD) qui intègrent notamment la prospérité économique inclusive, la cohésion sociale et culturelle et la bonne gérance environnementale. De jour en jour, l’urgence de trouver des solutions devient de plus en plus apparente. En bout de ligne, c’est une approche holistique qui nous permettra d’atteindre tous les objectifs – de l’égalité des sexes à l’élimination de la faim, jusqu’à l’action climatique – et de bâtir un avenir plus durable pour tous.

Les ODD s’appliquent partout dans le monde. Toutes les nations ont à la fois l’obligation et la possibilité d’apprendre les unes des autres. Et certes, il est temps de regarder vers l’extérieur, et non vers l’intérieur. Tous les efforts comptent, et les gestes individuels peuvent certainement avoir de profondes répercussions. Et considérant l’impact de nos décisions sur les sept générations à venir, les modes de pensée autochtones sont à privilégier.

Partout en Ontario, on trouve de remarquables exemples des façons dont les gens propulsent la durabilité, chez eux et partout dans le monde. Ils n’utilisent pas tous le mot durabilité, mais l’objet de leurs projets et initiatives est de rendre les gens et les collectivités plus résilientes. Nous demeurons un « projet en cours » – ce n’est pas parfait, mais clairement, l’effort est là.

Depuis le début de mon mandat en tant que lieutenante-gouverneure, c’est un privilège pour moi d’entendre parler de toutes les réussites, aspirations et approches novatrices des Ontariens face à leurs nombreux défis. Me considérant de façon informelle la « conteuse en chef » de la province, je crois que plus nous écoutons et diffusions ces réussites, mieux nous sommes outillés pour comprendre autrui, acquérir de l’empathie, comprendre l’incidence de nos décisions et actions individuelles, et trouver notre place dans le monde.

Cette section de notre site Web a été conçue pour mettre en lumière certains de ces récits. J’espère qu’elle provoquera d’intéressantes discussions et qu’elle encouragera la collaboration. Puissent les textes présentés ici vous inspirer, vous amener à voir la durabilité d’une autre façon, et vous inciter à contribuer. Et n’hésitez pas à les diffuser.

La ferme ClearWater

Groundbreaking at ClearWater Farms

Une idée toute simple
« Sur un chemin de terre, à quelques pas de la vie effrénée de la banlieue, se trouvait une ferme riveraine dépassée par les temps modernes. En 2013, la ville de Georgina a acheté la propriété située aux abords du lac Simcoe de la famille qui la possédait depuis 180 ans. Tout un chacun avait son idée quant à ce que la vieille ferme devrait devenir. Mais une idée toute simple a prévalu sur toutes les autres. Et si la ferme demeurait une ferme? Mais pas n’importe quelle sorte de ferme ». Et si cette ferme devenait une vitrine des pratiques écoagricoles avancées et un centre communautaire de pointe pour la durabilité?

Une entreprise sociale
Six ans plus tard, la ferme ClearWater se décrit comme une entreprise sociale visant à démontrer comment on peut cultiver des aliments sains de manière à restaurer la terre, l’eau, l’économie locale et le tissu communautaire. La ferme utilise des pratiques et des technologies respectueuses de l’eau et de la nature pour aider les autres à découvrir des choix écologiques. Elle inspire ses employés, ses bénévoles, ses clients et ses partenaires à cultiver, à préparer et à partager des aliments frais et nutritifs en ayant recours à des pratiques biologiques et régénératrices.

Se rapprocher de la nature
Une initiative phare d’Ontario Water Centre (OWC), un organisme de bienfaisance à vocation éducative, la production d’aliments écologiques de la ferme ClearWater appuie sa mission éducative qui consiste à renforcer le lien des jeunes et de leur famille avec l’environnement naturel, en mariant les arts, la science et la technologie pour favoriser un avenir plus durable. La ferme ClearWater offre aux enfants des expériences d’apprentissage uniques et adaptées au milieu qui les relient à la nature et leur permettent de travailler avec elle. La présidente fondatrice d’OWC, Annabel Slaight, croit que les enfants qui ont appris à prendre soin de la nature et à l’aimer deviendront de merveilleux gardiens de la planète.

Un lieu de rencontre
Aujourd’hui, 150 nouveaux érables ont été plantés le long du chemin de terre qui mène maintenant à la ferme ClearWater. La « Canada 150 Lane » n’est qu’un des nombreux projets de construction communautaires qui ont transformé la propriété. Les arbres croissent près d’un érable à sucre du patrimoine ontarien vieux de 200 ans, appelé « The Trading Tree », qui servait autrefois de lieu de rencontre aux familles autochtones et aux premiers colons. Son histoire célèbre le lien de collaboration entre la ferme ClearWater et la Première Nation des Chippewas de Georgina Island, et a inspiré la création d’un livre pour enfants et d’un charmant jardin pluvial conçu avec l’aide des écoliers de la région.

Une nouvelle vision
La ferme ClearWater continue de réinventer sa propriété historique riveraine de manière à honorer le passé tout en offrant un lieu de rassemblement pour l’avenir. En restaurant une grange patrimoniale pour en faire un centre d’éducation pour les jeunes et un lieu d’activités communautaires, la ferme crée de nouveaux emplois et des ressources communautaires pour Georgina. Elle a contribué à inspirer une nouvelle vision de la ville en tant que collectivité prospère et bienveillante qui est encore profondément liée à son territoire et à son lac.


Réflexion

La première fois que j’ai visité la ferme ClearWater en 2017, j’ai été frappée par le fait que la ferme est un laboratoire vivant pour la durabilité. Ses avantages pour l’environnement sont évidents : arrêter le ruissellement incontrôlé, encourager la pollinisation et fournir un habitat à la faune. De même, elle soutient la prospérité économique, en améliorant le rendement des cultures, en utilisant les déchets verts pour chauffer les serres et en fournissant de l’électricité à la ville, tout en offrant des emplois indispensables aux jeunes qui, autrement, pourraient partir pour aller s’installer dans un centre urbain. L’apprentissage par l’expérience est au cœur des programmes d’apprentissage et des camps d’été, et le processus continu de réconciliation est encouragé par les liens étroits de la ferme avec les Chippewas de Georgina Island.

À bien des égards, cela me rappelle une initiative de Son Altesse Royale, le prince de Galles, qui a eu la vision de rénover un domaine appelé Dumfries House, préservant ainsi son patrimoine distinct et régénérant l’économie locale, grâce à des investissements dans des pratiques agricoles durables et des centres éducatifs où les jeunes de la région peuvent acquérir de nouvelles compétences.

Tous les deux sont des exemples qui illustrent l’apport de nouvelles perspectives pour relever les défis d’aujourd’hui.

[1]https://www.ontariowatercentre.ca/wp-content/uploads/2016/02/CWF-stories-combined.pdf

SheEO

La Lieutenante Gouverneure parle avec un patron a la conference de SheEO

Une idée novatrice
En 2015, Vicki Saunders a eu l’idée de lancer SheEO, une initiative sans but lucratif basée à Toronto qui transforme radicalement comment les femmes innovatrices sont soutenues, financées et célébrées. Elle visait à perturber les systèmes existants de financement d’entreprises en démarrage qu’elle considérait comme étant conçus plus particulièrement pour les hommes, en créant un modèle entièrement nouveau doté d’un ensemble de valeurs définies dans une optique féministe. L’objectif consistait à aider les femmes à créer des entreprises qui reflètent leurs passions, leurs forces et leurs valeurs, et à leur accorder un espace sécuritaire pour réussir selon leurs propres conditions.

Réussir selon leurs propres conditions
Ayant grandi sur une ferme de 100 acres dans la région d’Ottawa, Vicki Saunders se souvient d’avoir écouté les nouvelles idées que ses parents proposaient pour diversifier l’entreprise familiale. Ses parents encourageaient les enfants à participer au remue-méninges. Cette ferme qui offrait à l’origine l’autocueillette de fraises est rapidement devenue une entreprise événementielle prospère axée sur des activités éducatives étalées sur toute l’année. Mme Saunders est convaincue que cet environnement de créativité et de collaboration qu’elle a connu dans sa jeunesse l’a préparée à réussir en tant qu’entrepreneure, mentore et innovatrice. Elle a par la suite fondé et fait prospérer quatreentreprises.

Générosité fondamentale
Le modèle SheEO repose sur la volonté de capter l’intérêt d’investisseures performantes par la pratique de la « générosité fondamentale ».À l’aide d’un simple cadre d’externalisation ouverte, SheEO recrute 500 femmes appelées « activatrices » qui contribuent à parts égales à un fonds de capital de risque de 500 000 $. Puis, ces activatrices choisissent cinq sociétés détenues par des femmes, nommées « entreprises », qui reçoivent chacune un prêt de 100 000 $ sans intérêt. Chaque nouvelle entreprise génère des revenus, a un potentiel d’exportation et œuvre pour créer un monde meilleur, que ce soit par son modèle opérationnel, ses produits ou ses services.Les activatrices deviennent une équipe qui offre des conseils et du soutien pour accélérer la réussite des nouvelles entrepreneures, et simultanément, tirent elles-mêmes parti de ce nouveau réseau entrepreneurial. Les prêts sont remboursés à l’intérieur d’une période de cinq ans, puis les sommes sont prêtées de nouveau, créant ainsi un fonds perpétuel.

The Lieutenant Governor speaks with representative from Heartbeat AI startup

Impact mondial
À peine quatre ans plus tard, la formule de financement radicalement repensée de Vicki Saunders connaît un succès retentissant. SheEO représente un groupe de femmes extrêmement diversifié et possède une entreprise internationale en pleine expansion au Canada, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, en Australie et au Royaume-Uni. Ces femmes sont fières d’avoir financé plus de 50 entreprises novatrices détenues par des femmes, qui apportent des solutions à des enjeux critiques et aident à redéfinir le monde.Elles considèrent leur approche visionnaire comme une voie vers un nouveau modèle économique et social inclusif pour l’établissement de collectivités durables. SheEO s’est fixé pour objectif d’atteindre un million d’activatrices et 10 000 entreprises, et de constituer un fonds perpétuel d’un milliard de dollars afin de soutenir les femmes pour les générations à venir. La brève question posée au nombre croissant de sympathisantes est : participez-vous?

SheEO Venture Business Cards

Réflexion
Les faits sont éloquents. Ils sont révélateurs. L’autonomisation des femmes et des filles peut produire un remarquable impact positif sur la prospérité et la qualité de vie de nos collectivités et de la société en général. Pourtant, nous tentons toujours d’atteindre l’égalité des genres dans tant de domaines. Il reste encore beaucoup à faire. Je suis par conséquent très fière du développement créatif et visionnaire de SheEO en Ontario au cours des cinq dernières années. Il montre comment l’entrepreneuriat au féminin peut ébranler non seulement les façons désuètes de faire des affaires, mais aussi les structures sous-jacentes de pouvoir qui très souvent renforcent les inégalités et perpétuent les écarts entre les nantis et les démunis.

Amplifiant la voix des femmes dans le monde des affaires, SheEO impulse des progrès véritables vers l’atteinte des Objectifs de développement durable, ou, pour reprendre les paroles de Vicki, « aborde à la liste de "choses à faire" de la planète ».

Le modèle de SheEO est en soi une innovation comportant une dimension profondément sociale. Sa générosité fondamentale a le potentiel de devenir authentiquement transformatrice tout en donnant aux femmes les moyens de tracer leur propre voie et de s’épanouir.

GlobalMedic

The Lieutenant Governor volunteers with Global Medic

Secours en cas de catastrophes
En 1998, Rahul Singh, un travailleur paramédical de Toronto, était en voyage pédestre au Népal, sac dans le dos, lorsqu’un désastre a frappé. Les pluies diluviennes de la mousson avaient provoqué des glissements de terrain qui ont balayé plusieurs villages. En tant que premier répondant, M. Singh a rapidement constaté que les secours locaux étaient lents et inefficaces, et a aussitôt décidé de leur prêter main-forte et de diriger les opérations. Cette expérience a eu un profond impact sur l’ambulancier, qui a réalisé l’urgence des besoins en ce qui concerne les services de secours en cas de catastrophe partout dans le monde. De retour au Canada, il a fondé GlobalMedic, un organisme d’action humanitaire dont le mandat est de sauver des vies.

Action bénévole
Singh a mis sur pied son organisme en tendant la main à sa communauté de premiers répondants – il savait que tous avaient la formation et la combinaison de compétences pour offrir de l’aide de survie en contexte d’urgences de grande envergure. Les bénévoles sont au cœur des activités de GlobalMedic. Un dévoué corps d’intervenants paramédicaux, de pompiers, d’agents de police, de médecins et d’infirmières s’est engagé à se mobiliser bénévolement dès l’annonce d’une crise. Des civils de tous horizons ont généreusement offert leur temps pour préparer et approvisionner l’entrepôt de l’organisme. Le nouveau programme d’aide alimentaire en cas d’urgence a recruté l’aide des collectivités environnantes dont les membres ici et ailleurs ont été éprouvés par des désastres. Tous travaillent ensemble à la préparation de repas peu coûteux et culturellement respectueux.

Technologie innovante
Dans une folle course contre la montre, GlobalMedic est souvent la première équipe sur place pour intervenir auprès de gens en situations potentiellement mortelles. L’équipe emploie de la technologie simple à avancée pour résoudre des situations complexes le plus rapidement possible et à peu de coûts, qu’ils s’agisse de recourir à des drones pour cartographier une catastrophe, ou de simplement utiliser des appareils rudimentaires pour purifier l’eau. Un engagement envers l’innovation contribue à la résilience des collectivités en zones sinistrées – les équipes de bénévoles habilitent les communautés éprouvées en leur fournissant de l’aide, de la formation et du soutien immédiats. Les programmes fondamentaux de GlobalMedic – eau potable, soins médicaux, hébergement d’urgence, recherche et sauvetage – s’adaptent à l’ampleur de chaque situation. Les interventions peuvent se multiplier en fonction des besoins précis. D’expliquer M. Singh, « la solidarité et la résilience des gens affectés par une crise renforcent leur détermination à continuer et à s’entraider ».

Le meilleur de ce que le Canada a à offrir
Le travail humanitaire de Rahul Singh a reçu des reconnaissances internationales. En 2010, il a été cité dans le palmarès des 100 personnes les plus influentes au monde du Time Magazine. Depuis son mémorable périple en sac à dos au Népal en 1998, les équipes de GlobalMedic sont intervenues dans plus de 200 catastrophes dans plus de 70 pays, dont le séisme en Haïti, la guerre civile en Syrie et, plus récemment, l’aide humanitaire dans les Bahamassuivant l’ouragan Dorian de 2019. L’organisme continue de travailler à élargir son rayonnement afin de pouvoir sauver plus de vie d’année en année. Selon M. Singh, les bénévoles de GlobalMedic « offrent le meilleur du Canada aux gens partout dans le monde ».

Global Medic team bringing gear to Estaquinha

Réflexion
Grâce au travail de GlobalMedic, nous comprenons implicitement que nous vivons dans un monde interconnecté où nous avons tous un rôle à jouer pour ériger un avenir meilleur.

Chaque fois que je me rends à une activité de préparation de vivres de GlobalMedic, j’en tire de nouveaux apprentissages. Par exemple, en novembre 2018, j’ai été frappée par la délicatesse du geste de choisir des denrées culturellement appropriées. Des repas destinés à la Syrie en raison de l’insécurité alimentaire qui sévit au pays avaient été pensés par des réfugiés syriens qui vivent ici, en Ontario. Les bénévoles avaient compris que des aliments familiers aideraient les gens à conserver un sentiment de normalité. L’esprit de responsabilité collective était palpable, et confirmait que nous sommes à notre meilleur lorsque nous puisons dans les forces, l’expertise et les connaissances culturelles de chacun. Ma plus récente visite m’a fait constater les avantages d’acheter en grandes quantités puis de diviser afin de réduire les coûts par unité. Aussi, M. Singh est continuellement à la recherche de technologies nouvelles ou captives afin de pouvoir combler les besoins émergents et améliorer les services, qu’il s’agisse de purificateurs d’eau ou de drones.

GlobalMedic sait attirer les bénévoles, tant ceux ayant de l’expertise et des ressources que ceux ayant de l’énergie, du temps et de la bonne volonté. Tous ont un impact considérable dans le secteur de l’aide humanitaire partout dans le monde, en prenant appui sur le pouvoir unique de cohésion sociale de Toronto.

Jim Estill

Jim Estill in front of Danby Appliances Sign

Crise humanitaire
À l’été 2015 est survenue une crise humanitaire en Syrie qui a retenu l’attention du monde entier. Des millions de Syriens tentaient de s’échapper de leur terre natale déchirée par la guerre, et les nouvelles du soir présentaient des terribles reportages de détresse. Jim Estill, de Guelph, suivait la situation de près, fort préoccupé par le fait que le monde n’en faisait pas assez pour aider cette population. Ces récits et ces images lui brisaient le cœur. En tant qu’entrepreneur prospère, il savait qu’il avait les moyens de faire quelque chose. Misant sur une perspective d’affaires, il a mis au point un plan visant à parrainer 50 familles de réfugiés syriens et à coordonner des efforts à l’échelle de la collectivité afin de pouvoir offrir aux nouveaux arrivants une nouvelle vie dans sa ville natale.

Plan ambitieux
Pour réaliser son plan, M. Estill a tiré profit de ses habiletés organisationnelles et des contacts professionnels et communautaires qu’il a établis en tant que président et directeur général de Danby, une entreprise d’appareils ménagers florissante. Il a également réuni des groupes confessionnels et des agences d’aide humanitaire qui voulaient porter secours aux gens touchés par la guerre civile en Syrie. La Société musulmane de Guelph est rapidement devenue un important partenaire de l’initiative, et a aidé à diriger les bénévoles du projet. M. Estill a donc lancé les opérations comme tout dirigeant démarre une jeune pousse, c’est-à-dire en intensifiant graduellement les activités, en atteignant des cibles et en réalisant des objectifs. Des comités ont en outre été formés pour s’occuper des besoins en matière de santé, d’éducation, de logement et d’emploi des nouveaux arrivants.

Collaboration communautaire
La nouvelle s’est répandue rapidement. Au moment où le plan de réinstallation a pris son envol, plus de 800 bénévoles avaient déjà offert leur temps pour servir la cause. À l’arrivée des premières familles syriennes, les citoyens de Guelph se sont ralliés et ont inondé de dons les espaces d’entreposage. M. Estill a aidé les réfugiés à se trouver du travail en faisant appel à son réseau professionnel. Plusieurs ont trouvé un emploi stable grâce à un programme à Danby, et ont pu apprendre l’anglais en milieu de travail. M. Estill en a aidé d’autres à démarrer de petites entreprises.

Faire ce qui doit être fait
Une des philosophies personnelles de Jim Estill, dans la vie et au travail, est faire ce qui doit être fait. L’homme figure parmi les plus importants participants individuels du programme du gouvernement du Canada visant à accueillir 25 000 réfugiés syriens au pays. Il a été reçu dans l’Ordre de l’Ontario en 2017 et dans l’Ordre du Canada en 2019, et a reçu plusieurs prix internationaux pour ses travaux humanitaires toujours en cours.

 Une histoire toute canadienne
Aujourd’hui, la ville de Guelph est une collectivité plus riche grâce à l’initiative audacieuse et généreuse de M. Estill. À la fin de 2016, 47 familles syriennes s’étaient établies dans la ville, et ce chiffre s’est élevé à 89 à l’été 2019. Nombre d’entre elles s’épanouissent dans leurs nouvelles maisons et écoles. Leur parcours personnel d’épreuve et d’espoir est devenu une histoire canadienne des plus touchantes.

 

Jim Estill Headshot

Réflexion
Je vois régulièrement des Ontariens qui s’engagent envers des gens et des lieux au-delà de nos frontières parce qu’ils y voient à la fois un devoir et une occasion d’enrichissement. Peu importe d’où nous venons, nous pouvons faire une contribution sociale et économique considérable à notre patrie. Nous avons tout à apprendre, beaucoup à contribuer.

Des récits comme celui de Jim Estill démontrent le meilleur de ce que nous sommes en tant que nation. Grâce à sa volonté et sa détermination, il a galvanisé une collectivité entière et l’a amenée à agir de façon authentiquement canadienne en ouvrant les portes, les cœurs, les esprits et les portefeuilles.

 En parrainant des réfugiés, il a fait preuve d’une remarquable générosité. Jim Estill s’insère dans la fière lignée de parrains privés – un modèle unique au Canada –, et est un brillant exemple de la façon dont nous tissons la prospérité inclusive et la cohésion sociale en Ontario.

NON CÉDÉES – Terres en récit

Une équipe talentueuse
Après le concours national présidé par un jury qui a eu lieu en 2017, le Conseil des arts du Canada a annoncé que l’architecte de renom, Douglas Cardinal, allait diriger une équipe pour représenter le Canada à la Biennale d’architecture de Venise de 2018, soit la plus prestigieuse manifestation du genre dans le monde. La participation du Canada a pris la forme d’une exposition intitulée NON CÉDÉES – Terres en récit. La conception et l’organisation de cette exposition sont le fruit d’une collaboration avec Gerald McMaster, membre de la Première Nation Siksika, artiste, auteur et professeur à l’Université de l’École d’art et de design de l’Ontario (EADO), et David Fortin, architecte métis et universitaire installé à Sudbury. L’exposition met à l’honneur les talents de 18 architectes et créateurs autochtones provenant de tous les coins de l’île de la Tortue. Selon M. Cardinal, « c’est une façon de montrer au monde entier la beauté, la vitalité, la force et la résilience de nos peuples autochtones qui ont survécu à une histoire terrible, et qui s’élèvent au-dessus de cela. »

Une expérience immersive
À Venise, l’exposition s’est démarquée par son approche narrative immersive. En effet, plutôt que de présenter des maquettes et des dessins architecturaux, l’exposition consistait en une série de paysages sonores intriguant et de grandes formes incurvées montrant des images de paysages naturels et des représentations des cultures autochtones. L’exposition comprenait quatre sections thématiques : la souveraineté, la résilience, la colonisation et l’autochtonéité. De plus, on pouvait y visionner des vidéos grandeur nature des architectes, dans lesquelles ils parlaient directement aux visiteurs de leur travail et de leur vision du monde. Ils expliquaient comment l’architecture autochtone est une façon de penser, ils racontaient des histoires au sujet des expériences de leurs familles dans les pensionnats, et ils parlaient avec force de résilience.

Enseignements pour l’avenir
L’exposition NON CÉDÉES – Terres en récit a placé l’architecture autochtone sous les projecteurs mondiaux, et elle a été saluée à titre de contribution novatrice à la Biennale d’architecture de Venise de 2018. Dans un article que The Guardian a consacré à l’exposition, Douglas Cardinal déclare : [traduction] « Je crois fermement que la vision du monde des Autochtones, qui a toujours recherché cet équilibre entre la nature, la culture et la technologie, est la voie que l’humanité doit redécouvrir et adopter pour notre avenir. Les enseignements des aînés ne sont pas des enseignements du passé. Ils sont des outils pour l’avenir. » Les gens peuvent vivre l’expérience de cette exposition au Musée canadien de l’histoire jusqu’en mars 2020.

Rendering of UNCEDED exhibition

Réflexion
En tant que présidente d’honneur de l’exposition NON CÉDÉES – Terres en récit, j’ai eu le privilège d’être personnellement témoin de l’accueil qui lui a été réservé à titre de participation du Canada à la Biennale de Venise. C’était tout simplement inoubliable. Cette installation spectaculaire donnait un aperçu de ce à quoi pourrait ressembler le monde si l’on adoptait une compréhension plus inclusive de notre patrimoine culturel.

Les architectes façonnent le monde par l’entremise de leurs visions, de leur créativité et de leurs compétences techniques et, par-dessus tout, grâce à leur empathie pour les environnements physiques et sociaux dans lesquels ils vivent. De manière incontestable, l’exposition NON CÉDÉES – Terres en récit exprime l’idée selon laquelle les lieux ont de l’importance : nos identités sont façonnées tant par les milieux naturels que par les environnements bâtis qui nous entourent, de même que par les points de vue des gens qui les partagent avec nous. Ces liens sont inscrits dans les bâtiments et les paysages, et ceux-ci ont tous le pouvoir de changer notre façon de comprendre ce qui nous entoure et de nous comprendre les uns les autres.

L’exposition NON CÉDÉES – Terres en récit peut offrir des éclairages importants sur la force des cultures autochtones, le long cheminement de la guérison et de la réconciliation et, à terme, la coexistence pacifique. Les histoires qu’elle raconte peuvent alimenter nos efforts en vue de renforcer la durabilité et la résilience. Car toute solution à des défis comme l’inégalité, la perte de biodiversité et l’insécurité alimentaire serait incomplète sans les points de vue uniques de générations de peuples autochtones.

Quetico – un partenariat avec la Première Nation du lac La Croix

Territoire traditionnel
Les adeptes du canotage en milieu sauvage du monde entier savent que le parc provincial Quetico est un des endroits les plus magnifiques où pagayer. Situé dans le nord-ouest de l’Ontario, dans le Bouclier canadien, et faisant plus de 400 000 hectares, cet espace sauvage regorge d’abondants cours d’eau et de paysages vierges, et brille par la relative absence de véhicules motorisés, des attributs qui contribuent à sa réputation d’échelle mondiale. Quetico possède en outre une riche histoire culturelle. L’endroit chevauche la « route des voyageurs », une voie navigable intérieure qui a été utilisée par les marchands de fourrures pendant plus de 200 ans. Le site repose sur le territoire traditionnel de la Première Nation du lac La Croix, que ses ancêtres ont habité pendant des milliers d’années. Les gens des Premières Nations cultivent des liens serrés avec ces terres, et leur histoire est profondément enracinée dans l’histoire du parc.

Staff sawing a log at Quetico Provincial Park

Épreuves et guérison
Lorsque Quetico est devenu un parc provincial, en 1913, les collectivités autochtones n’avaient pas été consultées. Deux ans plus tard, elles ont été forcées de quitter leur terre ancestrale et d’aller s’établir ailleurs. Les années suivantes ont été jonchées d’épreuves pour la Première Nation du lac La Croix, les restrictions territoriales imposées ayant entraîné l’isolement de la collectivité. Ce n’est qu’en 1991 que le ministre ontarien des Richesses naturelles a présenté des excuses publiques pour cette terrible injustice, et que le parcours vers la guérison a pu débuter. Trois ans plus tard, la Première Nation du lac La Croix et le gouvernement provincial ont conclu un accord de coexistence afin de favoriser une relation de coopération et de créer des initiatives visant le mieux-être socio-économique de la collectivité du lac La Croix.

Occasions de collaboration
Depuis cette époque, la Première Nation participe aussi bien aux activités quotidiennes de conservation qu’à la planification à long terme du parc. Une politique révisée a permis la création d’un centre d’activités et d’un nouveau poste d’entrée dans la collectivité du lac La Croix, au sud-ouest du parc. L’endroit est devenu un centre de convergence pour la tenue d’initiatives culturelles, d’activités d’interprétation et de pow-wow. La Première Nation et Parcs Ontario collaborent désormais à des projets en matière d’emploi pour les jeunes du lac La Croix, de recherche biologique et archéologique, et de gestion des ressources.

Gestion partagée
En 2018, un nouveau plan de gestion du parc incluait la voix de la Première Nation du lac La Croix. Norman Jordan, alors chef de la Première Nation, a écrit « le parc provincial Quetico est situé sur notre territoire traditionnel, et nous sommes heureux et honorés de travailler ensemble à la gestion de ces terres ». Le partenariat entre la Première Nation du

lac La Croix et Parcs Ontario continue d’évoluer, les deux parties s’étant engagées à protéger Quetico ensemble, en tant que véritable sanctuaire de nature sauvage. Sa tranquillité inaltérée et son silence apaisant en font un paradis pour tout pagayeur.

Staff at Quetico Provincial Park stand with the sign

Réflexion
Le partenariat est souvent la clé de la durabilité. Lors de ma visite au parc provincial Quetico, en 2017, le personnel du parc et les membres de la Première Nation du lac La Croix m’ont accueillie en ces terres ancestrales dans le cadre d’une cérémonie mémorable. J’ai eu droit à un aperçu de cette inspirante collaboration. Ensemble, ils font un important pas vers la réconciliation tout en bâtissant un avenir plus durable pour les prochaines générations et plus encore. Tous ont beaucoup à nous apprendre en ce qui concerne les liens que l’on peut tisser entre la bonne gérance environnementale, la prospérité économique inclusive et la cohésion sociale, et les bienfaits que l’on peut tirer tant du savoir traditionnel que de la science et de la technologie en constante évolution. Les collectivités de Quetico et du lac La Croix cultivent des relations enrichissantes avec une grande patience.

L’aire de conservation Jim Tovey Lakeview

Les quatre sœurs
Si vous viviez quelque part dans la région du Grand Toronto en 1962, vous avez vu l’horizon se métamorphoser le long des berges du lac Ontario lorsqu’ont été érigées les quatre sœurs, ces immenses cheminées qui ont longtemps surplombé Mississauga. Les cheminées faisaient partie d’une grosse centrale qu’on pouvait voir d’aussi loin que Burlington, à l’ouest, et du centre-ville de Toronto, à l’est. La station Lakeview a été la plus grande centrale au charbon au Canada, visant à fournir de l’électricité à une population en pleine explosion. En 1989, lorsque Jim Tovey s’est établi dans la région, il a été à la tête d’un groupe de citoyens qui a convaincu les politiciens de démolir la centrale et d’abandonner l’idée de construire une nouvelle raffinerie de gaz à sa place. Sa vision d’un nouveau rivage a contribué à redynamiser la région et à changer le panorama du lac Ontario, de l’est à l’ouest du Grand Toronto, pour les générations d’aujourd’hui.

Sunset on the reclaimed lakeshore of Mississauga

Morphology – Photo by Martin Pinker

Un projet de revitalisation
En 2010, M. Tovey était conseiller municipal à Mississauga et travaillait avec des organismes communautaires et des promoteurs à la conception de plans pour transformer la rive est de la ville. Le projet de réhabilitation portant le nom de Lakeview Waterfront Connection visait à aménager une nouvelle aire de conservation de près de 26 hectares le long du lac Ontario au moyen des matériaux excédentaires de projets de construction dans la région. Une fois terminé, le site allait comprendre un sentier le long du rivage, une plage de galets, un parc, un boisé ainsi qu’une zone humide pour rétablir l’écosystème. De plus, le parc industriel devenu vacant serait transformé en noyau polyvalent grâce à la construction de nouvelles unités de logement et d’immeubles pour des commerces, des institutions et des organismes culturels. Le nouvel espace soutiendrait le développement économique, environnemental et social de la ville.

L’exposition Morphology
Tovey était également musicien et artiste et, inspiré par la métamorphose du rivage, il a conçu l’exposition Morphology, laquelle présente annuellement des photographies illustrant l’évolution du projet Lakeview. L’intention de l’exposition est d’aider la population à rétablir le contact avec son lac et à imaginer son avenir. Lors de l’inauguration de l’exposition, en 2018, le conseiller Tovey a fièrement fait remarquer qu’il s’agissait « du tout premier écosystème à être construit sur les berges du lac Ontario, dans le Grand Toronto ».

Un legs durable
Hélas, Jim Tovey est décédé de façon inattendue quelque temps après l’inauguration. Dans une déclaration à l’intention de ses citoyens sous le choc, la mairesse Bonnie Crombie a affirmé « Mississauga a perdu un de ses grands champions aujourd’hui. Jim était un bâtisseur de communauté dont le legs se perpétuera par la croissance et le réaménagement de nos berges. » Quelques mois plus tard, la société Credit Valley Conservation a annoncé qu’elle renommerait le projet afin de rendre hommage à Jim Tovey. L’aire de conservation désormais appelée Jim Tovey Lakeview commémore la vision transformative de l’ambitieux conseiller municipal, et procure à cette population qu’il a tant aimé l’oasis riveraine verdoyante qu’il avait si bien imaginée.

Jim Tovery and construction worker stand with a backhoe on the waterfront under construction

Réflexion
Partout en Ontario, je suis souvent frappée par la grande fierté avec laquelle des collectivités des plus grandes aux plus petites racontent leur histoire. Savoir d’où nous venons nous enracine quelque part. Savoir où aller ensuite est souvent un défi de taille. Il faut la vision d’un grand leader pour traduire l’histoire en un avenir repensé pour les générations à venir. Jim Tovey était une personne remarquable. Il avait compris que le progrès ne peut certes pas signifier de laisser tomber qui que ce soit. Grâce à sa vision, un lieu qui est passé de symbole d’innovation à désolation environnementale a fait entièrement peau neuve, reflétant concrètement les notions de résilience et de durabilité communautaires. M. Tovey a compris l’importance de mettre en lien la bonne gérance environnementale, la cohésion sociale et la prospérité économique.

J’ai été si heureuse d’être invitée par M. Tovey à l’inauguration de l’exposition Morphology. L’homme avait compris que l’art a le pouvoir de non seulement présenter de nouvelles idées, mais aussi de façonner la perception qu’ont les gens d’enjeux importants. Les invités présents à l’inauguration comprenaient des dirigeants municipaux, des artistes, des gens de la collectivité ainsi que des travailleurs de la construction qui ont pu constater, grâce aux photos exposées, comment leurs matériaux avaient été transformés en œuvres d’art.

L’aire de conservation Jim Tovey Lakeview continuera d’attirer des gens de tous âges pendant des années à venir, qu’il s’agisse de nouveaux Canadiens ou de gens qui ont connu les quatre sœurs. Le lieu promet un avenir inspirant et évolutif, et se veut une nouvelle page de dynamisme dans l’histoire de Mississauga.

Revitalisation du quartier Regent Park

Une cité-jardin
Dans les années 1940, le gouvernement du Canada a érigé un nouveau quartier à Toronto principalement composé de logements sociaux dans le but de favoriser un puissant sentiment de communauté. Baptisé Regent Park, le concept s’inspirait du modèle britannique de la cité-jardin, avec des immeubles se faisant face et beaucoup d’espaces verts. Mais avec le temps, certaines caractéristiques du quartier, comme trop peu de rues de transit et un piètre accès aux marchés d’alimentation et aux réseaux de transport en commun, ont entraîné un sentiment d’isolement. À la fin des années 1980, le secteur qui ressemblait plutôt à un labyrinthe était désormais réputé comme un milieu de vie dangereux.

The Lieutenant Governor looks at the models of phase 3 plans for Regent Park

Une voix forte
Lorsque Sureya Ibrahim est venue d’Éthiopie pour s’établir au Canada en 1998, elle et sa famille ont choisi de s’installer à Regent Park. Malgré ses problèmes locaux et sa mauvaise réputation, le quartier avait conservé son cachet communautaire et de nombreuses familles néo-canadiennes y avaient élu domicile. Mme Ibrahim a intégré un groupe de citoyens qui revendiquaient du changement, et a prêté sa voix à l’appel à l’action de plus en plus pressant pour trouver des solutions aux problèmes systémiques du quartier. En 2002, le groupe Toronto Community Housing (TCH) a répondu à l’appel et a commencé à travailler avec les citoyens à la définition d’une vision d’un nouveau type de quartier résidentiel urbain.

La revitalisation
En 2005, TCH a conclu une entente avec le promoteur Daniels afin de transformer les infrastructures vieillissantes en un milieu de vie à usages mixtes à l’intention de familles à revenus variés. De concert avec les résidants, les responsables souhaitaient revitaliser Regent Park et catalyser un grand changement socioéconomique. Les plans consistaient à remplacer les 2 083 unités de logement social par des immeubles certifiés LEED et d’ajouter jusqu’à 5 000 loyers au taux du marché. Les partenaires ont adhéré au plan de développement social créé en consultation avec les citoyens, lequel comprenait des immeubles résidentiels, des espaces commerciaux, des installations communautaires, des établissements d’enseignement, des parcs et terrains de jeu et des espaces verts. Plus important encore, l’aménagement prévoyait le raccordement de Regent Park au réseau routier de Toronto.

Une collectivité en pleine effervescence
Aujourd’hui, la transformation avance à grands pas, et d’importantes sections du quartier sont méconnaissables – trois des cinq phases du projet sont presque achevées. La transition apporte de grands changements et de belles occasions pour les résidants de tous âges. Sureya Ibrahim, maintenant superviseure des liens avec la collectivité au Centre of Learning & Development, à Toronto, reconnaît qu’il peut être difficile de maintenir la cohésion en périodes de changements rapides. Elle souhaite que la collectivité continuera de s’épanouir longtemps après le départ des entrepreneurs. Elle a confié au Toronto Star, « Nous serons encore ici. Nous continuerons de faire ce que nous aimons faire et de renforcer notre collectivité, en découvrant de 
nouveaux leaders pour l’avenir, à qui passer le flambeau. »

A night-cap of the newly developed Regent Park

Réflexion
Souvent, les engagements envers la durabilité sont plus théoriques que pratiques, mais le réaménagement de Regent Park est un exemple de gérance environnementale, de cohésion sociale et de prospérité inclusive – trois piliers de durabilité – des plus concrets.

Où que je sois en Ontario ou dans le monde, je raconte toujours l’histoire de Regent Park. Le récit de ce quartier réunit tant de merveilleux éléments qui font de l’Ontario un endroit si spécial : la voix essentielle des nouveaux arrivants, l’ouverture au changement dans les villes à croissance rapide, et la volonté de s’engager envers une vision à long terme dans l’intérêt des générations à venir.

Lorsque j’ai rencontré Sureya, en 2018, j’ai aussitôt été frappée par son sens de l’opportunité et son réalisme. En visitant le quartier, j’ai été touchée par les si nombreux partenariats qui ont rendu la revitalisation possible, comme avec la Fondation Maple Leaf Sports (qui a construit un terrain de basketball digne des Raptors de Toronto!), le Service de police de Toronto et nombre de petites entreprises et groupes communautaires. La vitalité du quartier rayonne dans des endroits comme le centre culturel Daniels Spectrum, un carrefour de créativité composé de galeries, d’espaces événementiels et d’une salle de répétition. Beaucoup de gens aimeraient vivre à Regent Park, un secteur qui a tant à offrir dans les domaines des services à la population, des arts, de la culture et de l’alimentation. Sureya le sait bien, la réussite du quartier sera son plus grand défi.

Il ne fait aucun doute que les résidants de Regent Park continueront d’élever leurs voix en faveur de l’inclusion. Tout est mieux lorsque nous travaillons ensemble.

Le parc de recherche Western Sarnia-Lambton

Une collectivité frontalière
Située sur les rives du lac Huron, la circonscription de Sarnia-Lambton, dans le sud-ouest de l’Ontario, fait partie d’une riche région agricole qui jouit d’un des climats les plus chauds du Canada. Largement connue pour son industrie pétrochimique traditionnelle, cette collectivité frontalière s’est plus récemment tournée vers la recherche bio-industrielle et la mise au point de nouvelles technologies respectueuses de l’environnement.

The Lieutenant Governor listens to a description of Origin Materials' technology

Accélérer la croissance
Grâce à sa localisation au centre du corridor des Grands Lacs, Sarnia-Lambton jouit d’un accès exceptionnel aux principaux marchés du Canada et des États-Unis. Au début des années 2000, la région a mis sur pied la grappe de chimie biohybride de Sarnia-Lambton, en partenariat avec Bioindustrial Innovation Canada, l’Université Western, le Collège Lambton et l’industrie locale, en vue d’accélérer la croissance de nouvelles entreprises dans le secteur. Aujourd’hui, la grappe contribue à diversifier l’économie, à changer l’avenir de la production dans le sud-ouest de l’Ontario et à favoriser la durabilité. Le parc de recherche Western Sarnia-Lambton est au cœur de cette économie en évolution.

Changer l’avenir
Depuis plus d’une décennie, le parc de recherche abrite le plus grand incubateur de technologies propres du pays, le Centre de commercialisation. Parmi les importantes sociétés participant à l’incubateur, on retrouve Origin Materials, une jeune entreprise biochimique américaine qui a été attirée à Sarnia-Lambton après avoir exploré d’autres endroits dans le monde. Au lieu d’utiliser du pétrole, cette jeune pousse utilise des matériaux d’origine végétale facilement accessibles dans la région, comme des copeaux de bois, des tiges de maïs et de la paille de blé, qui sont des sous-produits courants de l’industrie agricole des environs. Grâce à de nouvelles alliances avec les deux plus grandes sociétés d’eau embouteillée au monde, Nestlé et Danone, Origin Materials a mis au point et lancé une bouteille en plastique d’origine biologique, fabriqué à partir de matières premières 100 % durables et renouvelables. Avec l’arrivée d’autres entreprises internationales de technologies propres, l’influence de Sarnia-Lambton continuera de croître à l’échelle nationale et internationale.

The Lieutenant Governor tours the research park

Réflexion
J’avais hâte de visiter le sud-ouest de l’Ontario, car il constitue un exemple très concret de la nécessité d’être résilient lorsque l’on est confronté à des changements transformateurs. Cette région avait autrefois le niveau de vie le plus élevé du pays, en raison de sa situation frontalière et de ses antécédents à titre de puissance agricole et industrielle, mais son histoire récente en a été une de déclin économique et de défi environnemental.

Sarnia-Lambton s’interrogeait sur son avenir : où pouvons-nous trouver de l’espoir et des promesses? Comment pouvons-nous concilier croissance économique et santé environnementale? Comment pouvons-nous faire face au changement?

Lors de mon passage dans la région, j’ai visiter le parc de recherche Western Sarnia-Lambton. J’ai été frappée par l’esprit de collaboration et les qualités de visionnaires des occupants du parc de recherche. Au cours des nombreuses conversations que j’ai eues avec les gens, il était clair que les questions que la collectivité avait été contrainte de se poser trouvaient des réponses dans l’innovation et l’imagination. Ainsi, la région a commencé à se réinventer en utilisant l’infrastructure existante et en faisant appel aux ressources disponibles dans le milieu agricole ainsi qu’aux travailleurs qualifiés du Collège, dont un grand nombre participaient à des programmes de recyclage professionnel.

L’histoire de Sarnia-Lambton est importante pour tous les Ontariens, car elle nous montre ce qui peut être accompli lorsque nous réimaginons un avenir où les gens sont au cœur de la prise de décisions. Bien que les possibilités économiques semblent avoir préséance sur la gérance de l’environnement et la cohésion sociale, il est évident que la collectivité a adopté le concept de durabilité, en étant à ‘écoute de tous les secteurs de la collectivité et en mettant en application les enseignements du passé, et ce, dans le but de créer un avenir durable pour tous. Cette histoire n’a pas fini de s’écrire et il vaudra la peine de la surveiller de près au cours des années à venir.

Le Collège Pickering

Leadership mondial
Le Collège Pickering, un établissement scolaire indépendant situé à Newmarket, s’est donné la vision de former des citoyens du monde novateurs, courageux et bienveillants. Tous les étudiants prennent part au programme de leadership mondial (Global Leadership Program, ou GLP) qui est offert en trois volets selon le niveau scolaire, et qui mène au diplôme « Global Leadership » fondé sur l’action. Au primaire, le GLP culmine en 5e année, moment auquel les élèves doivent présenter leur « idée clé », soit un projet comprenant un rapport de recherche, un balado et une allocution sur un sujet qui les touche personnellement et qui est d’importance mondiale. Suivant leur présentation, les élèves reçoivent une clé qui représente l’ouverture vers l’étape suivante du GLP : l’école intermédiaire.

Students from Pickering College with SDG tiles

Mon idée clé
Au printemps 2019, les élèves de la 5e année ont invité la lieutenante-gouverneure à venir assister à la présentation de leurs idées clés, dont chacune s’inscrivait dans les objectifs de développement durable des Nations Unies. Les jeunes ont amorcé la présentation par une déclaration : « Nombre des projets que nous présenterons aujourd’hui mettent en lumière nos efforts de sensibilisation mondiale, notre volonté de bonne gérance environnementale et de justice sociale, et notre désir de comprendre l’impact des nouvelles technologies dans notre monde changeant. » Les projets portaient sur un vaste éventail de sujets : sauver la forêt amazonienne, le travail des enfants en Afrique, la malnutrition dans les pays en développement, l’énergie éolienne, la pollution des Grands Lacs, et l’incidence de la pauvreté sur la santé en Ontario.

The Lieutenant Governor celebrates with Pickering College students upon receiving their keys

Réflexion
Lorsque l’éducation est inclusive et élargie, elle permet aux élèves de voir le monde dans une perspective de développement durable. Si les trois piliers de la durabilité – la cohésion sociale, la prospérité économique et la bonne gérance environnementale – sont des notions utilisées par les gouvernements et les décideurs, mon expérience m’a toutefois montré que beaucoup de jeunes Ontariens d’aujourd’hui apprennent, agissent et posent des questions en lien avec ces trois volontés.

Pourquoi y a-t-il encore de l’itinérance?

Quel est l’avenir du monde du travail?

Qu’allons-nous faire avec tout ce plastique dans nos océans?

J’ai rencontré les jeunes de 5e année du Collège Pickering pour la première fois lorsqu’ils sont venus visiter Éveil dans les appartements de la lieutenante-gouverneure, une exposition de textes et d’œuvres d’art inspirés des 17 objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU. Les élèves étaient curieux et enthousiastes, et ont semblé mieux comprendre les ODD que beaucoup de visiteurs adultes.

Lorsqu’on m’a invitée à assister à la cérémonie de fin de programme, je m’attendais bien sûr à voir des visages d’enseignants accomplis et de parents fiers, mais je n’avais pas prévu une telle éloquence et une telle assurance chez les jeunes au moment de présenter leurs solutions originales aux problèmes mondiaux. Plusieurs des enjeux qu’ils ont soulevés provoquent un sentiment de désespoir chez les adultes, mais, armés du pouvoir de l’éducation, ces jeunes y voient des occasions de surmonter des obstacles pour un avenir plein de potentiel. Ils sont conscients de leur place dans le monde, de l’impact qu’ils peuvent avoir. Avec leur diplôme, on leur a remis une « clé » pour amorcer l’étape suivante de leur programme, et de leur développement.

Se soucier de la planète et de ses habitants commence dès un jeune âge. Grâce au programme de leadership mondial de Pickering et au soutien des enseignants et des parents, les jeunes collégiens changent le cours des choses – chez eux et bien au-delà. Des histoires comme celle-ci me donnent un sentiment d’espoir et de promesse pour l’avenir. Je suis confiante que la prochaine génération d’Ontariens est prête à affronter certains des plus importants problèmes que le monde ait jamais connus.

Le programme Nikibii Dawadinna Giigwag

Le programme
En 2018, un innovateur programme d’été à l’intention des jeunes Autochtones a été mis sur pied en collaboration avec la faculté d’architecture John H. Daniels de l’Université de Toronto, le Native Canadian Centre of Toronto, le groupe Great Lakes Waterworks Water Allies, l’Aînée Whabagoon de la Première Nation du Lac Seul et l’Office de protection de la nature de Toronto et de la région. Le programme s’appelle Nikibii Dawadinna Giigwag, ce qui signifie « vallée inondée en guérison » en anishinaabemowin, un dialecte de la région de Manitoulin. Visant à combler un fossé intergénérationnel grandissant dans le savoir environnemental traditionnel, le programme offre aux participants des occasions d’en apprendre davantage sur des parcours de carrière comme l’architecture, le design urbain, la conservation et la cinématographie.

Indigenous youth participants in the Nikibii Dawadinna Giigwag program sit on the floor in front of Her Honour demonstrating their Camp Bolton revitalization project

Revitaliser le Camp Bolton
Guidée par des Aînés et des gardiens du savoir traditionnel, cette initiative présente aux jeunes une introduction à la conception de bâtiments durables et leur procure des occasions d’apprentissage écologique pratiques.

Durant la première année du programme, les jeunes ont été invités à proposer des idées pour la revitalisation du Camp Bolton, un site de plus de 100 hectares à une quarantaine de kilomètres de Toronto. Les plans définitifs comprenaient une piste cyclable, un jardin pluvial, un trottoir en bois, un tipi, une suerie et un jardin médicinal encerclant un feu de camp. En appliquant les enseignements traditionnels, les jeunes ont trouvé des façons astucieuses pour établir des liens entre les espaces intérieurs et le paysage environnant et pour concevoir des lieux de rencontre tout en préservant la structure patrimoniale des anciens pavillons.

Her Honour participates in a welcoming ceremony with Elder Whabagooon at Camp Bolton

Une compréhension grandissante
Le programme s’est élargi en 2019 et cette fois, les participants ont appris à réaliser des activités de restauration, comme planter des arbres et protéger l’habitat du Camp Bolton. Des mentors ont contribué au programme en présentant des conférences et en examinant les plans, et ont organisé des visites guidées de projets d’aménagement et de design urbain durable. Les jeunes ont ainsi eu accès à des installations d’avant-garde à la faculté John H. Daniels de l’Université de Toronto, et ont pu explorer les liens spirituels et culturels à la Maison des Premières Nations de l’Université. Tout comme le programme Nikibii Dawadinna Giigwag, le nouveau Camp Bolton – avec ses éléments inspirés par les jeunes et son spectaculaire décor naturel – continuera d’insuffler la créativité, l’apprentissage et l’innovation.

Youth participants of Nikibii Dawadinna Giigwag program stand with Her Honour in Queen's Park with a paining of three Indigenous figures made for Her Honour

Réflexion
C’est par une magnifique journée de juillet que j’ai rencontré pour la première fois les jeunes Autochtones, les responsables et les Aînés du programme Nikibii Dawadinna Giigwag au Camp Bolton, non loin de Toronto. La journée a commencé par une émouvante cérémonie tenue à l’extérieur, alors qu’un faucon sillonnait le ciel au-dessus de nos têtes. Lorsque les étudiants m’ont parlé de leur travail, de leur vision et de leur passion envers la revitalisation du camp, il m’a été évident que leur compréhension allait au-delà de simples habiletés en architecture et en aménagement paysager. Grâce aux enseignements des Aînés, les participants ont appris petit à petit l’histoire de leur territoire. Ils ont appris comment concevoir un espace qui encouragera les familles de demain à venir au Camp Bolton pour passer du temps avec les leurs ainsi qu’avec la nature. À maintes reprises, les jeunes m’ont dit à quel point ils étaient ravis de renouer avec les apprentissages traditionnels et de conjuguer le passé avec l’avenir.

Liat Margolis, professeure agréée et directrice du programme d’architecture paysagère, niveau de la maîtrise, à la faculté John H. Daniels, a formulé une vision pour le programme qui intègre les trois piliers de la durabilité : au cours de leur été au Camp, les étudiants ont pu développer des compétences pratiques aptes à assurer leur prospérité économique dans l’avenir; l’apprentissage du savoir autochtone et de la technologie la plus récente combiné au fait de côtoyer des experts leur a permis de mettre en pratique la cohésion sociale de façon holistique; et les plans à long terme pour le camp ont démontré une fierté et un engagement envers la bonne gérance environnementale de la région.

À la fin de l’été, les étudiants sont venus me visiter à Queen’s Park pour m’offrir un tableau. L’œuvre est pleine de vitalité, de couleur et d’espoir. Elle est aujourd’hui exposée dans mon bureau, me rappelant continuellement la puissance de nos jeunes et la promesse d’un avenir durable.

MaRS Discovery District

Une tradition de découverte
En 1922, dans un laboratoire de l’Université de Toronto, les expériences menées par Frederick Banting et une petite équipe de collègues ont conduit à l’une des plus importantes percées de l’histoire médicale moderne : la découverte de l’insuline. Près d’un siècle plus tard, sur ce même site, un centre de pointe connu sous le nom de MaRS Discovery District a été créé pour poursuivre la tradition et offrir un espace inspirant pour une nouvelle génération de scientifiques et d’entrepreneurs.

Il est depuis devenu une rampe de lancement pour les entreprises en démarrage, une plate-forme pour les chercheurs et un lieu propice pour les innovateurs, en plus de soutenir la commercialisation de leurs découvertes. En 2016, avec l’ouverture de l’agrandissement de la Tour Ouest, MaRS est devenu le plus grand pôle d’innovation urbain en Amérique du Nord.

Her Honour at Nuit Blance at MaRS

La fondation de MaRS
MaRS a ouvert ses portes en 2005. Il est le fruit de la collaboration de 14 chefs de file communautaires qui, ensemble, ont donné la somme de 14 millions de dollars, à laquelle s’est ajouté le soutien du gouvernement, du secteur privé et de l’Université de Toronto. L’incubateur réunit un éventail de partenaires de premier plan, provenant du milieu des affaires et des secteurs public et communautaire, ainsi que des jeunes pousses de quatre secteurs clés : la santé, les technologies propres, les technologies financières et les entreprises.

Le centre n’a cessé de croître au cours des 15 dernières années, au point de devenir un complexe de 1,5 million de pieds carrés comprenant 4 bâtiments ultramodernes reliant les espaces destinés aux jeunes pousses, les laboratoires scientifiques, les installations de recherche et les bureaux des entreprises. Le réseau actuel regroupe des instituts de recherche innovants comme Borealis AI, l’Institut Vecteur de recherche en intelligence artificielle, l’Institut ontarien de recherche sur le cancer, le CIFAR et JLABS, ainsi que de grandes sociétés technologiques telles Autodesk et Paypal.

Retombées positives
Aujourd’hui, plus de 1 200 nouvelles entreprises soutenues par MaRS relèvent sans cesse certains des plus grands défis de la société. Leur contribution au PIB canadien se chiffre en milliards de dollars et elles ont eu des répercussions positives sur environ 17 millions de vies.

En voici un seul concret : Humera Malik a fondé Canvass Analytics en 2016 dans le but de révolutionner l’industrie manufacturière grâce à l’IA. Son produit : une plate-forme prédictive qui permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de maximiser l’efficacité opérationnelle et d’améliorer la qualité de la production. Plus précis que n’importe quel être humain et 12 fois plus rapide que les solutions habituelles de l’industrie, le logiciel de Mme Malik pourrait faire économiser des millions de dollars à des clients grands consommateurs d’énergie, tout en respectant l’environnement. C’est un produit révolutionnaire, prêt à être adopté.

Grâce à son réseau mondial, l’équipe des technologies propres de MaRS a mis Mme Malik en relation avec une liste de clients et d’investisseurs potentiels des domaines de l’automobile, de l’aérospatiale et de l’agriculture, l’a emmenée dans des forums internationaux et a organisé plusieurs conférences dans tout le Canada.

Aujourd’hui, Canvass connaît une croissance rapide et est sur la bonne voie pour prendre de l’expansion à l’échelle mondiale. Parmi l’impressionnante liste de clients de l’entreprise figurent Olam International, l’une des plus grandes entreprises agroalimentaires du monde, et Stelco, basée à Hamilton, un leader de l’acier canadien. Jusqu’à présent, Mme Malik et son équipe ont obtenu deux rondes de financement par capital de risque, soit 1,6 million de dollars américains de la société canadienne de capital de risque Real Ventures (installée au Centre MaRS) et 5 millions de dollars américains d’un groupe dirigé par Gradient Ventures de Google.

Et Mme Malik a redonné : en septembre 2018, on lui a demandé d’être juge dans le cadre du Défi des femmes en tech propres, un concours national organisé par MaRS et doté d’un prix de1 million de dollars qui sera remis à la plus prometteuse fondatrice d’entreprise choisie parmi six finalistes.

[1] https://www.marsdd.com/story/humera-malik-found-her-tribe-in-torontos-innovation-ecosystem/

Her Honour, the Governor General, and Premier Wynne at MaRS, February 2018

Réflexion
Au cours des cinq dernières années, j’ai été témoin de l’énergie et de l’engagement déployés par le MaRS Discovery District, qui reflète le meilleur du Canada. Il a ouvert ses portes pour célébrer la science, il a convié l’ensemble des acteurs de l’écosystème à des débats et des discussions, et il a offert au public la possibilité de s’informer, grâce aux activités culturelles et éducatives que le centre organise.

MaRS est devenu mondialement reconnu comme un catalyseur de l’innovation et de l’investissement social en vue réponse à certains des problèmes les plus complexes et les plus urgents auxquels la société est confrontée. En partie grâce à la diversité de Toronto, MaRS continue d’attirer de grands esprits et de grandes idées. Il est audacieux et ambitieux. Et c’est ce qu’il faut pour améliorer de manière significative la vie de tant de gens. Restez à l’affût d’une nouvelle initiative : Mission de MaRS.

Le Musée Aga Khan

Une destination populaire
Situés dans un merveilleux parc paysager qui surplombe la Vallée de la rivière Don, à Toronto, deux radieux immeubles blancs constituent un lieu prisé de grand intérêt en banlieue de la ville. Admirés pour leur architecture exemplaire, le Musée Aga Khan et le Centre Ismaili de Toronto ont ouvert leurs portes en 2014, étant le fruit d’une initiative du Réseau Aga Khan de développement, un organisme international fondé par son altesse l’Aga Khan. Entourées par des quartiers habités par une importante population musulmane, ces toutes jeunes institutions culturelles sont rapidement devenues une destination populaire. Cet unique complexe se veut une oasis accueillante pour les nouveaux venus dans la ville ainsi que pour les visiteurs avides d’art d’ici et d’ailleurs.

Her Honour and the Governor General look at an exhibition on the moon at the Aga Khan Museum

Relier les cultures
Le Centre Ismaili de Toronto est l’une de six institutions semblables dans le monde. Il offre des programmes stimulants aux collectivités de la région, et leur propose un espace de réflexion spirituelle. De son côté, le Musée Aga Khan est le premier en Amérique du Nord à se concentrer sur l’art islamique. Sa remarquable collection d’objets englobe trois continents et plus de 10 siècles. Dans ses spacieuses galeries, les visiteurs découvrent les contributions artistiques, intellectuelles et scientifiques qu’ont léguées les civilisations musulmanes au monde entier. Les inspirantes expositions temporaires et les programmes éducatifs ont été pensés pour promouvoir une compréhension mutuelle en reliant les cultures par les arts.

Des histoires visuelles
Un des programmes invite 20 jeunes nouveaux arrivants des collectivités avoisinantes, dont Flemingdon Park et Thorncliffe Park, à prendre part aux ateliers de photographie Fredric Roberts. Le programme habilite les jeunes en leur inculquant une nouvelle habileté : l’art de raconter des histoires visuelles. En 2018, le Bureau de la lieutenante-gouverneure, l’organisme L’éducation au service de la Terre et le Musée Aga Khan ont mis au défi les participants d’explorer les objectifs de développement durable des Nations Unies par la photographie. Les étudiants ont notamment traité de sécurité alimentaire, d’égalité des sexes et de protection de l’environnement. Leurs perspectives culturelles diversifiées ont donné aux visiteurs un aperçu du point de vue de la plus jeune génération et de ses attentes face à l’avenir. Le résultat s’est traduit par le projet Notre avenir durable, une exposition photographique des histoires visuelles de ces jeunes présentée dans les appartements de la lieutenante-gouverneure, à Queen’s Park.

Guests look at the Our Sustainable Future exhibition on display at Queen's Park

Une oasis sur la colline
Le Réseau Aga Khan de développement travaille à améliorer les conditions de vie et les occasions favorables de plusieurs millions de personnes vivant dans les pays en développement. Le Réseau et son volet culturel, le Trust Aga Khan pour la culture, entretiennent une relation de longue date avec le Canada. Leurs récentes réalisations en Ontario reflètent l’appréciation de l’Aga Khan à l’égard de son engagement envers la tolérance et le pluralisme. Les gens de la région ainsi que les visiteurs de partout dans le monde sont ravis de venir passer du temps dans cette merveilleuse oasis sur la colline : c’est l’endroit idéal pour célébrer la diversité ethnique et culturelle de l’Ontario, et les cultures anciennes et nouvelles d’ici et d’ailleurs.

Group photo of artists and Her Honour at the opening of the Our Sustainable Future exhibition at Queen's Park

Réflexion
En 2017, j’ai accepté de servir à titre de présidente honoraire du Musée Aga Khan. L’association de nos deux institutions m’a semblé naturelle, étant toutes les deux résolues à renforcer les liens qui unissent l’humanité.

J’ai alors encouragé le Musée à sensibiliser à nos défis communs en tant que citoyens du monde, et à l’outil qui, selon moi, est le plus puissant pour y arriver : le Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies et ses 17 objectifs de développement durable.

Or, le projet Notre avenir durable s’insère parfaitement dans cette volonté. Essentiellement, il représente le passage symbolique du flambeau à la nouvelle génération de Canadiens. Je suis reconnaissante envers Henry Kim, directeur général du Musée, et sa compétente équipe pour leur leadership et leur vision.

Qu’elles abordent leurs sujets directement ou de façon plus abstraite, les photos produites par les jeunes nous encouragent à voir notre province – et plus largement, le monde – sous un angle nouveau. En fait, c’est exactement ce que nous essayons de faire ici, au Bureau de la lieutenante-gouverneure : offrir un espace productif pour la discussion, favoriser l’empathie, et susciter l’intérêt de tous envers des idées audacieuses.

En travaillant dans les quartiers et les collectivités, les jeunes photographes nous ont fait découvrir comment des gens affrontent les défis communs à tous dans la société. Ils ont pris à cœur ce que les objectifs de développement durable nous exhortent tous à faire : penser mondialement en agissant localement.

Foire royale agricole d’hiver

La célébration de l’agriculture
Chaque année, après la saison des récoltes en Ontario, les collectivités de toute la province se réunissent lors de foires locales d’automne pour célébrer la ruralité. Pour les habitants des villes comme Toronto, la Royal Agricultural Winter Fair, c’est la campagne à la ville; chaque mois de novembre depuis près d’un siècle, la foire met à l’honneur ce que l’agriculture fait de mieux, les aliments locaux et les concours équestres. Elle est la plus grande foire agricole et équestre intérieure au monde; plus de 300 000 personnes se rendent chaque année à l’Exhibition Place pour y participer.

The Lieutenant Governor speaks with a booth at the Royal Agricultural Winter Fair in 2019

Des animaux-vedettes
Pour un grand nombre de visiteurs, les animaux sont les vedettes de la foire royale et il y en a pour tous les goûts : de la mini-ferme conviviale aux divertissantes expositions canines, en passant par un éventail de concours de bestiaux qui présentent des animaux figurant parmi les meilleurs au monde. La Coupe du lieutenant-gouverneur, dont le lancement est marqué par l’arrivée vice-royale en landau, constitue l’un des principaux attraits du Royal Horse Show. Au cours de cette activité équestre intérieure, des cavaliers et des chevaux de calibre mondial participent à des compétitions de très haut niveau de saut d’obstacles, de concours complet à l’intérieur et de dressage. En 2019, au plus grand plaisir de la foule, le célèbre Carrousel musical de la GRC a fait une démonstration avec un peloton complet de cavaliers sur leurs élégants chevaux noirs.

The Lieutenant Governor with a llama at the Royal Agricultural Winter Fair in 2019

De la ferme à la table
Pour certaines personnes, les aliments constituent le cœur de cette foire, où désormais, l’emblématique tartelette au beurre est en concurrence avec la bière artisanale. Un nouveau pavillon de l’alimentation locale, qui met davantage l’accent sur la qualité et la durabilité, offre aux visiteurs la possibilité de goûter certains des mets les plus innovants de la province et d’en rapporter chez eux. C’est l’occasion pour les entrepreneurs de toutes les régions de l’Ontario de promouvoir leurs produits et de raconter le voyage de ces aliments depuis la ferme jusqu’à la table. Les visiteurs sont toujours impatients de rencontrer les gens derrière ces voyages et d’en apprendre davantage sur ces entreprises agroalimentaires. Ils peuvent également échanger avec des artisans du Nord à propos de leurs produits artisanaux uniques. De plus, lors de cette foire ayant lieu dans la ville la plus multiculturelle du monde, des chefs célèbres font découvrir aux visiteurs des cuisines variées.

Un lieu où s’épanouir
La foire royale, c’est aussi une question d’éducation. Des générations d’élèves se familiarisent avec l’agriculture canadienne grâce à des expériences pratiques. Ils rencontrent des enfants de leur âge, qui vivent en milieu rural et qui redoublent d’efforts pour obtenir les très convoitées distinctions 4-H. Des élèves et des étudiants de tous les âges viennent y écouter des enseignants de l’Université de Guelph parler de leurs découvertes dans le domaine des sciences, des technologies et des arts, ainsi que d’entrepreneuriat, et en quoi tout cela change la façon dont nous cultivons et consommons les aliments. Ils leur expliquent comment les interactions avec l’environnement, les animaux et les ingrédients peuvent nous permettre d’être en meilleure santé, de créer des emplois de haute technologie et de protéger nos ressources naturelles. La Royal Agricultural Winter Fair est le forum idéal pour tenir ce dialogue. Depuis 98 ans, la foire réunit les gens afin de partager des histoires au sujet de leur passé agricole et de caresser de grands rêves pour leur avenir.

The Lieutenant Governor stand with the prize winning Thornloe Cheese at their booth

Réflexion
Mes racines rurales en Saskatchewan et mon expérience au sein des clubs 4-H font en sorte que je me sens très à l’aise à la Royal Agricultural Winter Fair. La foire agricole a également une longue histoire d’accueil des membres de la famille royale, des gouverneurs généraux et des lieutenants-gouverneurs; c’est d’ailleurs le roi George V qui lui a donné le sobriquet de « The Royal » en 1922.

Chaque fois que j’ai eu la chance de me rendre à la foire royale, j’ai eu l’occasion d’apprendre quelque chose de nouveau ou de m’émerveiller, notamment des initiatives en matière de développement économique. L’agriculture et l’alimentation, c’est bien plus que ce que l’on peut constater à première vue. Ainsi, en 2016, j’ai rencontré des représentants de l’entreprise Iroquois Cranberry Growers, qui a fait de ses décadentes canneberges enrobées de chocolat sa spécialité, et en 2017, j’ai participé aux activités de la Campagne pour la laine, qui a bénéficié du soutien de la Fondation du prince au Canada. Je suis toujours repartie de la foire animée d’une conviction renouvelée de la chance que nous avons dans cette province d’avoir accès à autant de talents et d’innovation qui, en fin de compte, nous nourrissent tous.

Aujourd’hui, près d’un siècle après la création de cette foire, il est plus important que jamais de perpétuer de telles occasions d’apprendre et d’être reconnaissants, avec une diversité de régions, de pratiques et de gens qui se rassemblent. C’est une expérience qui favorise la compréhension mutuelle et l’empathie.

Nous pouvons être fiers de l’engagement durable de la foire royale à l’égard du renforcement des piliers de la durabilité. Puisse cette pierre angulaire de la tradition continuer encore longtemps à nous rassembler et à mettre en valeur ce que l’Ontario a de mieux à offrir.

Les déchets textiles

La mode passe à l’action
Le printemps dernier, des étudiants de l’école publique Swansea Public à Toronto ont organisé un échange de vêtements; cette activité populaire a permis de faire de la sensibilisation au sujet de la crise mondiale des déchets textiles. Les étudiants, les enseignants et les parents bénévoles ont récolté et trié des montagnes de textiles dont personne ne voulait et étiqueté plus de 2 000 vêtements qui avaient été peu portés et qui pouvaient être échangés. Les membres de la collectivité se sont réunis pour jeter un coup d’œil aux vêtements qui étaient « neufs pour eux ». L’école publique Swansea figurait parmi plusieurs autres écoles qui ont participé au Fashion Impacts Challenge, qui est une initiative de l’organisme sans but lucratif Fashion Takes Action (FTA), qui fait la promotion de la durabilité dans l’industrie de la mode par l’entremise de l’éducation, de la sensibilisation et de la collaboration.

The Lieutenant Governor stands amid tables of clothes with Swansea PS students ahead of their clothing swap

WEAR
En 2017, des gens du monde de la mode se sont réunis lors de la première World Ethical Apparel Roundtable (WEAR), qui a eu lieu à Toronto. WEAR, qui est également une initiative de Fashion Takes Action, encourage la production et la consommation responsables de textiles, et explore les technologies innovantes qui contribuent à transformer la mode en une économie circulaire. FTA rassemble également l’Ontario Textile Diversion Collaborative (OTDC), un groupe de parties prenantes qui comprend plus de 40 organismes de bienfaisance, des collectionneurs de textiles, des détaillants, des marques, des universitaires, des municipalités et des organisations non gouvernementales. Ce groupe s’est engagé à minimiser la quantité de textiles qui finissent dans les sites d’enfouissement, en augmentant le taux de détournement des textiles et en encourageant le recyclage fiable.

The Lieutenant Governor stands with Kelly Drennan CEO of Fashion Takes Action

La mode durable
La durabilité est devenue bien plus qu’une tendance dans le monde de la mode. Des citoyens responsables sur le plan environnemental adhèrent à des mouvements comme la mode lente, afin de participer à la réduction des déchets textiles. Ils achètent moins de vêtements et ils choisissent des produits de meilleure qualité et fabriqués de façon éthique; enfin, ils recyclent le reste de leurs vêtements. Pourtant, même avec les dons de vêtements et les programmes de reprise par les détaillants, 85 % des textiles non désirés finissent dans les sites d’enfouissement, ce qui est stupéfiant[1]. En Ontario, les établissements d’enseignement postsecondaire, comme l’Université Ryerson et les collèges Seneca, Sheridan et George Brown, ont mis sur pied des programmes pour promouvoir l’éducation et la recherche dans le domaine de la mode durable. En 2019, l’école de la mode du Collège Seneca s’est jointe au Réseau des solutions de développement durable et a organisé un symposium et une exposition consacrés à la mode durable.

Un changement radical
Aux côtés de l’Armée du Salut, de Diabète Canada et d’autres organismes caritatifs participants, les municipalités de l’Ontario commencent à jouer un rôle actif dans le détournement des textiles. La Ville de Markham a lancé un programme de recyclage des textiles, qui est couronné de succès, devenant ainsi la première municipalité au Canada à interdire à ses citoyens de laisser des textiles en bordure du trottoir. Des organismes comme FTA contribuent à transformer la façon de penser des gens. Ils ont lancé une nouvelle campagne de publicitaire avec un slogan accrocheur : « Throwing away clothes is never in style » (jeter des vêtements, ce n’est jamais à la mode). Ils savent que pour changer les choses, il faut aller au-delà des changements radicaux dans l’industrie de la mode; il faut aussi les efforts de millions de citoyens sensibilisés en vue de faire un monde différent.

The Lieutenant Governor stands with guest editor Sarah Jay and editor in chief of Fashion Magazine Noreen Flanagan

Réflexion
En discutant avec des Ontariens de tous horizons, j’ai compris que même si certains n’utilisent pas le mot « durabilité », il existe toujours un sentiment répandu que les gens souhaitent vivre dans une société où la prospérité est partagée, où personne n’est laissé pour compte et où l’environnement s’épanouit grâce à nos soins mutuels.

Alors, quel est le lien avec la mode?

Même si pour beaucoup de monde, le mot « mode » a longtemps été considéré comme étant synonyme de choses éphémères et de luxe jetable, les défis croissants font évoluer les attitudes.

À l’automne 2018, j’ai eu le privilège d’accueillir le lancement du numéro consacré à la durabilité du magazine Fashion. La rédactrice invitée Sarah Jay a prononcé un discours percutant, soulignant qu’elle ne pouvait plus ignorer les coûts croissants de la mode et qui ont des répercussions sur à peu près tous les aspects de la vie sur Terre et, surtout, sur l’humanité. Pour Mme Jay, la durabilité [traduction] « signifie un retour à la qualité et au design réfléchi, à la nécessité de traiter nos vêtements comme les bons amis qu’ils sont pour nous, et au luxe qui nourrit l’âme par opposition à la machine de la mode rapide. »

Heureusement, la cause que défend Mme Jay prend de l’ampleur. Au cours de la même année, à Buckingham Palace, avec le soutien de Sa Majesté la Reine et des membres de la famille royale, le Commonwealth Fashion Exchange, auquel 53 pays ont participé, a présenté la richesse des talents en matière de design et de mode artisanale, tout en promouvant de nouveaux réseaux, des liens commerciaux et des chaînes d’approvisionnement durables.

J’ai vu de nombreux exemples incroyables de sensibilisation croissante en Ontario, notamment l’Indigenous Fashion Week Toronto, le concours du fonds MaRS Catalyst, le George Brown Fashion Exchange et le Seneca College Fashion Symposium. Cela me donne l’espoir de voir des personnes et des industries de tous les secteurs contribuer à déterminer comment la réutilisation et le recyclage des textiles peuvent alimenter une vision de l’avenir porteur d’objectifs économiques, environnementaux et sociaux inclusifs.

[1] https://www.cbc.ca/news/business/clothes-recycling-marketplace-1.4493490

Le Prix du lieutenant-gouverneur pour l’excellence des vins de l’Ontario

Un symposium sur les vins
En juin 2019, le Centre for Hospitality & Culinary Arts du Collège George Brown a tenu son deuxième symposium annuel sur les vins, un rassemblement qui rallie des chefs de file de divers secteurs pour explorer l’industrie vinicole de l’Ontario. Les conférenciers y ont présenté leurs points de vue en matière de durabilité, d’innovation numérique et d’expérience-client en pleine évolution. L’orateur principal, Steven Spurrier, expert britannique en vins primé, a parlé de l’importance centrale de raconter des histoires pour assurer la réussite d’un vin, soulignant que « cinquante pour cent de la vente d’un vin reposent sur l’histoire qui l’entoure ».

The Lieutenant Governor offers remarks at the 2018 wine awards

Prix d’excellence des vins
Le Prix du lieutenant-gouverneur pour l’excellence des vins de l’Ontario braque les projecteurs sur le meilleur de la viticulture et de la vinification de l’Ontario depuis une décennie déjà. Et depuis 2016, les prix sont décernés en partenariat avec l’organisme Ontario Wine Awards (OWA) et reconnaissent le summum des lauréats « qualité cépage » de la Vintners Quality Alliance (VQA). En 2019, on a enregistré un nombre record de candidatures aux prix OWA, soit 542 propositions provenant de 78 vignobles. On compte aujourd’hui 150 vignobles dans les régions viticoles du Niagara, du comté de Prince Edward et de la rive nord du lac Érié ainsi que dans d’autres secteurs émergents ailleurs en Ontario. Lors de la cérémonie, Tony Aspler, fondateur des prix OWA, a indiqué « C’est un grand privilège pour notre équipe d’avoir été témoin de l’incroyable croissance de l’industrie vinicole ontarienne au cours des 25 dernières années ».

Enseigner l’art du vin
Les histoires que racontent les vins sont toutes captivantes, et celle d’un chardonnay créé par des étudiants, vinifié en barrique et présenté par le Niagara College Teaching Winery – et un des onze vins récompensés par les Prix du lieutenant-gouverneur pour l’excellence des vins de l’Ontario –, ne fait nullement exception. Situé sur le campus de Niagara-on-the-Lake, le « vignoble d’enseignement » est le premier au pays et comprend une vigne de 16 hectares ainsi que des installations de pointe. Les techniques d’apprentissage appliqué qui ont permis la production du vin primé créé par des étudiants ont décidément prouvé leur efficacité. Gavin Robertson, enseignant, a également étudié à ce vignoble, tout comme les vinificateurs qui ont travaillé sur plusieurs des autres vins lauréats qui ont été célébrés au cours de la soirée.

Une industrie durable
Les producteurs de vin se considèrent comme les intendants de leurs terres, s’engageant de plus en plus envers des pratiques durables. De la terre à la bouteille, ils font honneur à des méthodes traditionnelles tout en introduisant de nouvelles technologies afin d’assurer à la fois la durabilité et l’innovation de leurs activités. En Ontario, le tourisme viticole est en pleine effervescence. En plus de la dégustation de vins, les vignobles offrent des expériences comme des randonnées-découvertes, des concerts extérieurs, des pique-niques et des repas en plein air, invitant les visiteurs à en apprendre davantage sur les terres, les raisins et les procédés de fabrication. C’est une période passionnante pour le monde de la viniculture en Ontario, et il ne fait aucun doute que les amateurs du raisin entendent de nombreuses histoires fascinantes lorsqu’ils visitent, dégustent et trinquent.

The Lieutenant Governor poses with the LG Wine Awards 2016 recipients

Réflexion
Chaque année, c’est une joie pour moi de constater la croissance, l’évolution et les nouvelles découvertes associées aux Prix du lieutenant-gouverneur pour l’excellence des vins de l’Ontario. L’industrie vinicole en Ontario est une merveilleuse histoire de réussite à tous les égards, qu’il s’agisse de gastronomie, d’économie, d’agriculture ou de durabilité.

Sur le plan environnemental, le vin est quasi littéralement une expression de la santé de l’eau et de la terre, et la délicatesse avec laquelle les vignerons travaillent ces éléments contribue à en assurer la vitalité pour les générations à venir. Qui plus est, étant donné l’instabilité entraînée par les changements climatiques, l’industrie du vin doit s’adapter et apprendre si elle veut acquérir de la résilience.

Côté prospérité et inclusion, à une époque où les gens délaissent les zones agricoles au profit des centres urbains, les leaders de l’industrie, les étudiants et les visiteurs donnent aux agriculteurs une raison de rester. En 2019, c’était particulièrement merveilleux de voir le vignoble du Collège Niagara dans le cercle des vainqueurs. Ces vignerons sont non seulement des pionniers dans le domaine de la fabrication du vin en Ontario, mais ils encouragent aussi les étudiants à réaliser leur plein potentiel.

Les gens de partout dans le monde s’intéressent aux vins ontariens; l’application novatrice de techniques traditionnelles démontre comment notre province apprend du reste du monde de si belle façon, et contribue à son évolution. Cette belle réussite est largement attribuable au regroupement Grape Growers of Ontario, au Wine Council of Ontario, à la Winery & Grower Alliance of Ontario et à la Vintners Quality Alliance qui soutiennent les prix du lieutenant-gouverneur et qui encouragent la production des vins extraordinaires qui remportent ces derniers.

Leur réussite est de bon augure pour toute l’industrie, et leur engagement envers la durabilité et l’innovation permet à l’Ontario de rester à la fine pointe de la technologie.

 

Private Sector

Appel à l’action
En 2015, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté les 17 objectifs de développement durable, qui constituent un appel universel à l’action pour mettre fin à la pauvreté, autonomiser les femmes, protéger la planète et faire en sorte qu’un plus grand nombre de personnes dans le monde jouissent de la paix et de la prospérité d’ici 2030. Partout au Canada, des gouvernements, des organismes et des particuliers ont pris fait et cause pour ces objectifs. En Ontario, de nombreuses entreprises du secteur privé avaient déjà mis en place des plans de durabilité et étaient en mesure d’accélérer l’atteinte de leurs cibles en vue de respecter les objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030. Les petites, moyennes et grandes entreprises travaillent individuellement et collectivement afin d’intensifier leurs efforts et de commencer à transformer leurs modèles, depuis la chaîne d’approvisionnement jusqu’à la vente de produits, en cherchant à s’améliorer et à croître d’année en année.

Sommet sur la durabilité
En 2017, une cinquantaine de dirigeants d’entreprises, de représentants gouvernementaux et d’universitaires se sont réunis pour un sommet sur la durabilité, qui a eu lieu à London, en Ontario. Ils savaient que la collaboration permettrait d’accroître la portée de leurs efforts collectifs. Le sommet a été organisé par 3M Canada. « Nous travaillons en étroite collaboration avec nos fournisseurs, nos clients et nos collectivités, dans le cadre d’activités telles que le sommet du développement durable, afin de partager des idées sur la manière de travailler ensemble pour relever les défis auxquels nous sommes tous confrontés en matière de durabilité », a déclaré Mojdeh Poul, la présidente de l’entreprise à l’époque. La stratégie de durabilité de 3M s’aligne sur les objectifs de développement durable, et l’entreprise a déjà fait de grands progrès par rapport à ses objectifs.

The Lieutenant Governor watched an intro video while visiting 3M in Mississauga

Actions collectives
Les réseaux d’entreprises mènent également des actions collectives. L’organisme torontois Competent Boards offre des services de perfectionnement professionnel et de conseil, dont l’objectif est d’éclairer la réflexion des conseils d’administration, des investisseurs et des dirigeants d’entreprises du monde entier en matière de développement durable. Le Global Compact Network Canada se consacre à aider les entreprises à faire progresser l’atteinte des objectifs de développement durable. Ce réseau fait la promotion des pratiques exemplaires adoptées par les entreprises canadiennes et il met ces dernières en relation avec le Global Compact, le réseau plus vaste mis sur pied par les Nations Unies et qui réunit 13 000 signataires dans plus de 160 pays.

Répercussions mondiales
En 2019, le fabricant de produits électroniques Celestica, de Newmarket, a été l’une des deux entreprises canadiennes figurant au classement mondial des Global 100 Most Sustainable Corporations in the World. Cette entreprise ontarienne est présente dans plus de 29 endroits dans le monde et est reconnue comme un chef de file en matière de durabilité, puisqu’elle intègre les objectifs de développement durable dans sa stratégie d’entreprise. Elle s’attache à intégrer dans sa culture d’entreprise les cinq éléments de son programme de durabilité, soit la durabilité au chapitre des employés, la durabilité environnementale, la bonne gérance des matériaux, les solutions durables et les collectivités durables.

Unilever, une autre entreprise mondiale, a fait d’énormes progrès au chapitre de la croissance durable et de la confiance des consommateurs. Depuis 2008, elle a réduit de 52 % ses émissions de CO2 et elle s’est engagée à améliorer les moyens de subsistance des 746 000 petits agriculteurs qui font partie de sa chaîne d’approvisionnement. Selon Paul Polman, l’ancien président-directeur général de l’entreprise et contributeur à l’exposition Éveil, les objectifs de développement durable offrent aux entreprises un potentiel économique sans précédent; de plus, l’atteinte de ces cibles créerait d’intéressants débouchés commerciaux, qui permettraient de débloquer une croissance économique de plus de 15 000 milliards de dollars et de créer 380 millions d’emplois d’ici 2030.

Finalement, l’entreprise Angora, installée à Collingwood, est un chef de file mondial qui fabrique les plus grandes pièces de verre architectural en Amérique du Nord; on les retrouve à la tour CN ainsi que dans les gratte-ciel de New York. Au-delà de ses produits uniques, ce qui est remarquable au sein de cette entreprise, c’est son approche en matière commerciale, qui place les personnes au cœur de ses réussites, ainsi que ses contributions judicieuses à l’édification d’une collectivité durable.

The Lieutenant Governor

Collaboration et innovation
En 2019, la liste des Canada’s Greenest Employers comptait la société Xerox Canada, dont l’objectif ultime est de devenir une entreprise carboneutre. Le rapport annuel de Xerox sur la responsabilité sociale d’entreprise décrit son vaste programme de développement durable, notamment la manière dont elle favorise la création de nouvelles entreprises. Le Xerox Research Centre of Canada (XRCC) est un établissement de pointe et abrite un pôle d’innovation florissant, qui soutient les jeunes entreprises canadiennes prometteuses et les aide à faire croître leurs activités.

The Lieutenant Governor stands with members of Global Compact in the Music Room at Queen's Park

Réflexion
La durabilité fait partie de ma vie professionnelle, tant maintenant que dans le passé. Certains jours, j’éprouve de la frustration quand j’entends les mêmes débats qu’il y a 30 ans; et pourtant, il y a des moments où je me sens encouragée, quand je vois que de plus en plus de gens adoptent les objectifs de durabilité et passent de la théorie à l’action.

Au fil de mes déplacements partout dans la province, j’ai rencontré des dirigeants d’entreprises, grandes et petites, qui ont une compréhension fondamentale de ce que signifie être durable. De la chocolaterie artisanale Hummingbird Chocolate, à Almonte, qui surveille étroitement sa chaîne d’approvisionnement et dont le magasin est un lieu de rassemblement très apprécié, à l’entreprise 3M, à London, où l’innovation et la technologie sont jumelées à un effort à échelle humaine pour favoriser la durabilité, en passant par le Xerox Research Centre of Canada, à Mississauga, où la prochaine génération d’entreprises est en train de voir le jour, l’Ontario bourdonne d’activité.

Il y a tant d’histoires qui démontrent le rôle fondamental que joue le monde des affaires lorsqu’il s’agit d’associer la prospérité économique inclusive à la cohésion sociale et à la bonne gérance environnementale. On voit souvent chez les gens d’affaires les qualités dont nous avons besoin pour assurer un avenir durable, notamment la capacité de faire preuve d’un leadership visionnaire, le fait de se consacrer à la créativité et à l’innovation, ainsi que la capacité d’instaurer une coopération solide et significative. Et, bien sûr, l’esprit d’entreprise. En termes d’affaires, il s’agit d’un marché inexploité de — disons-le — clients potentiels, mais aussi d’innovateurs et de travailleurs que nous ne pouvons pas nous permettre de laisser derrière nous.

Je suis fière des contributions visionnaires que de nombreux Ontariens du secteur privé apportent. Leur leadership véritablement visionnaire se fait sentir ici, au sein de nos collectivités, et bien au-delà de nos frontières.

La Commission des parcs du Niagara

Un site emblématique
Chaque année, les millions de visiteurs qui se rendent aux chutes du Niagara, en Ontario, se délectent du spectacle de l’une des plus merveilleuses chutes d’eau de la planète. De loin, les spectateurs voient de hauts panaches de brume s’élever au-dessus des chutes Horseshoe, du côté canadien. En s’approchant, ils peuvent entendre un grondement de tonnerre, alors que des milliards de mètres cubes d’eau jaillissent année après année du bord de l’escarpement du Niagara, en direction du lac Ontario. Comme elle est la plus grande des trois chutes qui, ensemble, forment les célèbres chutes du Niagara, elle est une des attractions naturelles les plus emblématiques du monde et une célèbre destination touristique au Canada depuis plus d’un siècle.

Une nouvelle commission
En 1885, le gouvernement du troisième premier ministre de l’Ontario, Oliver Mowat, a adopté la Loi sur les parcs du Niagara et fondé la Commission des parcs du Niagara, dont le mandat est de préserver et de protéger le patrimoine naturel et culturel des chutes du Niagara, ainsi que l’ensemble du corridor de la rivière Niagara. Au fil des 135 dernières années, la Commission a pris de l’ampleur, si bien qu’elle possède et entretient maintenant plus de 3 000 acres de terres, qui s’étendent sur 56 kilomètres, depuis le lac Érié jusqu’au lac Ontario. Aujourd’hui, les parcs du Niagara, comme on les appelle communément, fonctionnent comme une ville dans la ville, puisqu’ils fournissent des services de police, de collecte des ordures et d’entretien des routes.

A photo of Niagara River

Des retombées d’un milliard de dollars
Les retombées économiques des parcs du Niagara dans la région sont énormes. L’année dernière, les chutes Horseshoe et les nombreuses autres attractions gérées par les parcs du Niagara ont permis de générer 1,2 milliard de dollars de dépenses touristiques et de soutenir plus de 15 000 emplois. Au plus fort de la saison touristique, ils emploient plus de 1 700 personnes, ce qui en fait l’un des plus gros employeurs de la région. En tant qu’organisme financièrement autonome du gouvernement provincial, la Commission des parcs du Niagara joue un rôle important dans la croissance économique et la vitalité de la région et de la province.

Gérance environnementale
La Commission des parcs du Niagara figure parmi les tout premiers organismes environnementaux créés en Ontario et affiche un bilan enviable en matière de préservation des habitats naturels et de gestion des terres. En 2018, elle a adopté une stratégie officielle de gérance environnementale, axée sur des domaines tels que la gestion de la foresterie urbaine, la conservation des rives de la rivière Niagara et le soutien des espèces menacées. Son projet d’habitat des oiseaux de prairie de Chippewa est en train de convertir 120 acres de champs en jachère en prairies à herbes hautes, qui fourniront des habitats essentiels aux différentes espèces d’oiseaux et aux pollinisateurs. Le projet de restauration des zones humides côtières de la rivière Niagara utilise des arbres abattus pour restaurer 75 % des zones humides de l’écosystème, qui avaient été perdues à cause du développement. L’approche collaborative de la Commission des parcs du Niagara a entraîné la conclusion de partenariats avec 65 organismes, dont l’Environmental Sustainability Research Centre de l’Université Brock. Dans ses plans environnementaux, la Commission entend continuer à mettre en œuvre des pratiques de conservation innovantes, tout en poursuivant l’édification d’un organisme qui est lui-même durable au chapitre de ses politiques, de ses plans et de ses activités.

The Lieutenant Governor stands in front of Niagara Falls with a large number of the members of the Niagara Parks Commission and partner organizations

Durabilité novatrice
Le plan stratégique décennal de la Commission réaffirme son mandat historique tout en fixant des objectifs ambitieux pour l’avenir; ces derniers lui permettront de continuer à être un exemple novateur de durabilité, un lieu accueillant et inspirant offrant une expérience de calibre mondial, une source de fierté et d’identité nationales, et l’un des parcs les plus spectaculaires au monde. Les visiteurs, qu’ils viennent de près ou de loin, pourront ainsi continuer à explorer le remarquable patrimoine culturel de la région et à être éblouis par l’une des plus grandes merveilles naturelles de la planète. Les chutes Horseshoe vont captiver l’imagination du monde entier pour les siècles à venir.

Réflexion
Dans le sud de l’Ontario se trouve l’une des sept merveilles naturelles du monde. Aux yeux des gens, les chutes du Niagara ont un statut mythique, et ce, bien au-delà des frontières de cette province. Leur présence ici s’accompagne d’une grande responsabilité.

Les parcs du Niagara ont créé un écosystème de soutien, qui permet à ce milieu de s’épanouir et d’innover. Il est modelé par une histoire de leadership qui a su reconnaître son potentiel unique.

Lors de ma visite dans la ville de Niagara Falls en août 2019, j’ai participé à une table ronde avec le personnel et les membres de la Commission des parcs du Niagara. Les maires des collectivités environnantes se sont joints à la table ronde, car ils siègent tous au conseil des commissaires de l’organisme. J’ai été impressionnée de découvrir leur approche collaborative en matière de gouvernance, qui leur a permis de travailler avec tous les échelons de gouvernement en vue d’atteindre des objectifs communs. Leurs efforts de planification par cycles de dix ans font en sorte que les responsables de l’organisme sont en mesure de penser à long terme et de créer des liens entre la gérance environnementale, la cohésion sociale et la prospérité économique, au bénéfice de la région et de notre province. Grâce à cette orientation et à cette vision, les chutes du Niagara resteront une icône bien-aimée pendant des décennies.

Un accord d’amitié

Un accord historique

Le 2 novembre 2019, sur les terres visées par le Traité no 20 et territoire traditionnel des Michi Sagiig Anishinaabeg, les communautés autochtones et les municipalités du comté de Peterborough ont signé un accord historique d’amitié. L’objectif était de permettre aux partenaires « d’améliorer et d’honorer leurs relations mutuelles historiques, politiques, économiques, sociales et culturelles ». Des dignitaires, des membres de la collectivité et des jeunes ont été invités à assister à la signature de l’Accord, par lequel les représentants de la Première Nation d’Hiawatha et de la Première Nation de Curve Lake, ainsi que ceux du canton de Selwyn et du canton d’Otonabee South-Monaghan, du comté de Peterborough et de l’organisme Peterborough and the Kawarthas Economic Development ont officialisé leur engagement à travailler ensemble pour le bien-être de toutes leurs collectivités. La cérémonie historique a été suivie d’une réception et d’une fête.

Le nom de l’Accord est Ezhi-Wiijikiwendiyang. En ojibwé, cela signifie : « la façon dont nous sommes amis ».

The Lieutenant Governor stands with Chiefs of the First Nations who signed the Accord

De bons amis

L’idée de l’Accord a germé en 2016 lors de la sélection des participants dans le cadre d’un programme national appelé Projet de développement économique de la collectivité (PDEC), dont la coordination était assurée par la Fédération canadienne des municipalités (FCM) et le Conseil pour l’avancement des agents de développement autochtones (CAADA). Le PDEC aide les municipalités avoisinantes et les Premières Nations à nouer des partenariats destinés à favoriser un développement économique mutuellement bénéfique en vue de rendre les économies plus durables.

Après avoir été sélectionné pour participer au PDEC, chacun des partenaires a formalisé son engagement par l’adoption de résolutions par les conseils municipaux et les conseils de bande, en vertu desquelles ils s’engageaient pour trois ans, soit de 2017 à 2020. « Ce partenariat démontre clairement la façon d’être de bons amis », a déclaré Tanya Tourangeau, coordonnatrice de programme du PDEC. « Ils voulaient donner l’exemple à tous les autres. »

Une vision

La vision qui s’exprime dans l’Accord d’amitié consiste à établir « un partenariat qui manifeste que nous reconnaissons, dans le respect et la collaboration, nos traditions et la richesse de notre culture et qu’ensemble, nous partageons une collectivité progressive et durable où il est possible d’atteindre une prospérité mutuelle tout en maintenant un équilibre avec la préservation et la protection de la Terre mère et des eaux, aujourd’hui et pour les sept générations à venir ».

Les signataires estiment que l’Accord démontrera comment six partenaires peuvent travailler ensemble pour renforcer leurs collectivités. « J’espère qu’il favorisera une meilleure compréhension culturelle de tous les côtés », a déclaré la cheffe de la Première Nation d’Hiawatha, Laurie Carr. « Cet Accord nous permettra de travailler ensemble dans un esprit d’unité et de coopération et d’établir un partenariat pour s’entraider. » De son côté, Emily Whetung, cheffe de la Première Nation de Curve Lake et partenaire de l’Accord, a ajouté : « Je pense que c’est une reconnaissance de nos droits inhérents et de notre désir de travailler

ensemble. » Lors de la cérémonie, la cheffe Whetung était accompagnée de l’ancien chef de la Première Nation de Curve Lake, le réputé Keith Knott, qui estime qu’il est vital pour tous les partenaires de se concentrer sur l’avenir : « Nous devons commencer à nous tourner vers l’avenir, à voir où se trouve l’horizon et ce qui se trouve au-delà de l’horizon. »

Friendship Accord

Réflexion

La prospérité économique inclusive est souvent un objectif à atteindre, une stratégie mise en place, où les scénarios les plus optimistes signifient que personne n’est laissé pour compte. Ce que l’Accord d’amitié a de si puissant, c’est le fait que la prospérité économique inclusive n’est pas un idéal futur, mais une pratique active, qui se concrétise dans un esprit d’amitié, plutôt que selon une approche où le vainqueur rafle toute la mise.

Les changements apportés à la façon dont nous entrons en relation avec nos semblables se produisent plus rapidement que nous ne pouvons les décrire. Alors que les ordinateurs et les algorithmes promettent toujours plus de connectivité, la nature et la valeur des liens sont souvent floues.

Et pourtant, l’amitié est bien plus que de simples relations. La véritable amitié consiste à forger des liens significatifs. Des liens qui doivent résister à l’incertitude engendrée par les changements existentiels caractéristiques de notre époque. L’Accord d’amitié est une expression sans faille de l’espoir et de la foi. Il s’agit d’une collaboration ambitieuse qui exploite le potentiel des institutions locales, qui sont les plus proches des gens. C’est, pour nous tous, un exemple de la façon d’établir les liens entre les enjeux économiques, environnementaux et sociaux. Et par-dessus tout, l’Accord reconnaît le rôle que les gens peuvent jouer dans la création d’un terrain d’entente, tout en respectant les différentes traditions culturelles, et ce, pour un avenir plus durable.

Ce fut un véritable privilège d’assister à la signature de l’Accord et d’être témoin de l’amitié qui s’est construite au fil des ans.

L’Office de protection de la nature de la vallée Rideau

La rivière Rideau
Lorsque les anciens voyageurs naviguaient sur la rivière Rideau, ils traversaient des kilomètres d’anciens fonds marins, aujourd’hui devenus des terres agricoles sur fond de calcaire, avant de faire une chute de neuf mètres dans la rivière des Outaouais. C’est la raison pour laquelle l’explorateur Samuel de Champlain, premier Européen à voir ce phénomène, a donné le nom de « Rideau » à cette rivière.

Désignée rivière du patrimoine canadien, la rivière Rideau draine une zone de plus de 4 000 kilomètres carrés, et son bassin hydrographique est habité par quelque 600 000 personnes dont le bien-être économique, social et environnemental est étroitement lié à son existence.

Depuis plus de 50 ans, l’Office de protection de la nature de la vallée Rideau (OPNVR) travaille à protéger et à améliorer le bassin de la rivière Rideau afin d’assurer sa santé et sa durabilité pour des générations à venir. Aujourd’hui, les sentiers forestiers, les trottoirs de bois qui traversent les marais, les plages ainsi que les cours d’eau sinueux des onze zones de conservation gérées par l’Office de protection attirent plus de 200 000 amateurs de plein air chaque année.

The Lieutenant Governor receives a briefing at the RVCA headquarters in May 2019

L’Office de protection de la nature de la vallée Rideau
Faisant partie d’un réseau de 36 offices de protection de la nature, l’OPNVR travaille étroitement avec tous les ordres de gouvernement, les propriétaires fonciers et des groupes communautaires à la préservation d’un écosystème sain aux abords de la rivière Rideau et à l’assainissement des ressources naturelles de son bassin versant. Tous se sont engagés à l’édification de collectivités résilientes en faisant la promotion d’une approche intégrée qui vise l’équilibre des besoins humains, environnementaux et économiques. Les résidants sont

en outre encouragés à explorer et à apprécier la beauté naturelle du bassin, et à apprendre comment ils peuvent contribuer à sa protection.

Her Honour with the RVCA at the headquarters in May 2019

Des programmes et partenariats solides
Des programmes en collaboration, p. ex., de plantation d’arbres, de création d’habitats, d’incitatifs à l’intention des propriétaires et de restauration des berges, permettent à l’Office de protection de la nature de la vallée Rideau de travailler de concert avec des groupes autochtones, des associations de protection des lacs, des entreprises et le grand public. Grâce à de solides partenariats et à des collectes de fonds, l’Office espère que sa passion et ses efforts se traduiront par la protection des ressources naturelles du bassin et d’un environnement en plein épanouissement.

Dans les zones de conservation de Baxter et de Foley Mountain, on offre des activités éducatives à l’extérieur axées sur les programmes scolaires ainsi que des camps de jour qui inspirent les élèves de tous les âges à apprendre la bonne gérance environnementale. Et à Ottawa, on trouve dans la zone de conservation de Chapman Mills un sentier pédestre et une promenade en bois qui longent le rivage naturel de la rivière Rideau. La piste mène les visiteurs vers une aire humide et des champs d’inondation, et est parsemée çà et là de panneaux d’interprétation qui retracent l’histoire environnementale de la rivière. À Chapman Mills, deux projets de compensation de l’habitat des poissons sont en cours, et ces dernières années, de dévoués bénévoles de la collectivité ont planté plus de 1 500 arbres sur le site.

HH at Chapman Mills Conversation Area

Réflexion
La plupart des Ontariens sont unis dans leur désir d’un monde qui fonctionne pour tous, et dans lequel l’environnement demeure florissant grâce à nos soins à tous. La science et la recherche, l’éducation scientifique et la conservation – toutes au cœur d’organismes comme l’Office de protection de la nature de la vallée Rideau – sont des activités fondamentales pour la compréhension de notre monde alors que nous cherchons à établir des politiques qui répondent efficacement au changement.

En Ontario, nous entretenons un lien collectif avec l’eau qui nous entoure. Nous avons tous la responsabilité d’être de bons gestionnaires de l’environnement. La collaboration est la clé, et lorsque j’ai visité l’Office de protection en 2019, lors des inondations qui ont touché une grande partie de la région d’Ottawa, j’ai pu constater la puissance de l’engagement communautaire et d’une stratégie à long terme. Malgré l’urgence des inondations, grâce à ses 50 ans d’histoire et d’expérience, l’Office avait déjà une stratégie à long terme en place pour mettre en œuvre des solutions. J’ai pu constater à quel point le personnel, les propriétaires et les bénévoles ont été judicieux dans leur planification, et qu’ils ont su adopter une approche holistique pour la gestion du bassin hydrographique qui repose de façon équilibrée sur les trois piliers de la durabilité.

J’ai pu clairement voir les fruits des soins et des efforts engagés de l’Office de protection lorsque j’ai eu la chance de visiter la zone de conservation de Chapman Mills. J’ai constaté cette cohésion sociale qui survient lorsqu’une collectivité s’engage envers son environnement local protégé et qu’elle le célèbre. L’Office soutient le bien-être économique de la région en effectuant la cartographie des risques sur une distance de 88 kilomètres afin de guider les propriétaires fonciers et les entreprises dans leur développement, et en améliorant l’environnement par le rehaussement de la résistance aux inondations grâce à la plantation de six millions d’arbres.

Un avenir résilient exige que chacun y mette du sien, et l’Office de protection de la nature de la vallée Rideau, avec son leadership et sa vision, a su planifier et agir de main de maître, pour le bénéfice de tous.

Le Zoo de Toronto

Terra Lumina
L’hiver dernier, la population qui habite dans la région du Grand Toronto et dans les environs s’est emmitouflée et s’est rendue au Zoo de Toronto, à Scarborough, pour vivre l’expérience d’une vision audacieuse de l’avenir de notre planète. Dès la tombée de la nuit, chaque soir, Terra Lumina : un parcours nocturne enchanté dans un brillant avenir a transporté les visiteurs dans un voyage fantastique vers l’an 2099 – un temps où les humains et la nature auront réappris à vivre en harmonie. Créée spécialement pour le Zoo de Toronto par Moment Factory, une entreprise réputée de Montréal, l’installation a offert à tous une expérience à la fois saisissante et éducative. Débutant leur parcours sous un portail illuminé, les « voyageurs » étaient invités à suivre un sentier traversant huit zones thématiques animées de projections de faune et de flore et de paysages enchanteurs. Une illumination éblouissante, des récits captivants, des ambiances sonores originales et une foule de technologies novatrices – Terra Lumina donne vie et lumière à l’espoir d’un avenir florissant. Une machine à voyager dans le temps n’est peut-être pas ce qu’on s’attend à trouver dans un jardin zoologique, mais le Zoo de Toronto est toujours à la hauteur au moment de trouver des moyens créatifs pour favoriser le dialogue et encourager la collectivité à réfléchir à la protection de l’environnement naturel.

The Lieutenant Governor stands at the opening of Terre Lumunia at the Toronto Zoo

Un chef de file de la conservation
Plus de 50 millions de personnes ont visité le Zoo de Toronto depuis son ouverture il y a plus de 40 ans, abritant actuellement plus de 5 000 animaux vivant dans des pavillons des plus naturels. Mais l’établissement estime que ces chiffres ne sont pas la seule mesure de son succès – le Zoo travaille également à la sauvegarde et à la protection d’espèces et de leur habitat, au Canada et dans le monde entier. En tant que chef de file dans la recherche, la conservation, la physiologie nutritionnelle et les sciences de la reproduction liées à la faune, le nouveau centre de la santé des animaux (Wildlife Health Centre) de pointe a permis au Zoo de s’imposer en tant que centre d’excellence en matière de soins aux animaux de haute qualité. Les expositions innovantes du Zoo et sa programmation éducative offrent aux visiteurs, jeunes et moins jeunes, des expériences tangibles qui façonnent la façon dont nous nous percevons dans nos propres écosystèmes.

The Lieutenant Governor visits the Great Lakes Program at the Toronto Zoo

Le programme des Grands Lacs
Chaque année, plus de 20 000 éducateurs et étudiants participent au programme des Grands Lacs (Great Lakes Program) du Zoo. De concert avec 3 000 membres du public, les participants contribuent à l’assainissement des habitats en nettoyant des berges et en plantant des arbres en groupe. Le Zoo cherche à renforcer la cause de la conservation de l’eau, et encourage les gens à « garder nos Grands Lacs en grande santé » et à s’informer sur les espèces aquatiques locales qui sont à risque. Quant au programme de conservation Aqua-Links, il offre aux jeunes une expérience pratique axée sur l’élevage du saumon de l’Atlantique, une espèce menacée. Au printemps 2019, 26 écoles ont participé au programme d’écloserie en milieu scolaire, les élèves ayant relâché quelque 3 000 alevins de saumon dans les cours d’eau avoisinants. Toute une aventure pour de jeunes citadins!

The Lieutenant Governor stands in font of the plastic waste making up the Washed Ashore exhibiiton at the Toronto Zoo

Échoués sur le rivage
Cette même année, une puissante exposition en plein air intitulée Washed Ashore: Art To Save The Sea de l’artiste américaine Angela Haseltine Pozzi mettait en vedette des sculptures d’animaux plus grandes que nature, entièrement réalisées à partir de morceaux de plastique trouvés dans les océans et les cours d’eau du monde. Chaque année, nombre d’animaux marins meurent après avoir ingéré ou s’être empêtrés dans du plastique, un fait que l’exposition a démontré de façon poignante. Bien de leur temps, les expositions et programmes éducatifs du Zoo de Toronto sensibilisent les gens et encouragent des changements positifs dans nos habitudes de consommation. L’organisme s’est engagé à agir et à concevoir des activités qui sont bienveillantes pour la faune. Inspiré par les messages optimistes proposés dans Terra Lumina, le Zoo agit pour assurer un avenir brillant et plein d’espoir.

Réflexion
Une visite au zoo, pour un jeune, peut être transformatrice. Les animaux qu’ils ont vus dans des livres et des dessins animés prennent soudainement vie devant leurs yeux. L’admiration et l’émerveillement, en parallèle avec l’éducation et l’habilitation, peuvent déterminer la manière dont on perçoit sa responsabilité envers l’environnement et le monde en général. Même si j’y suis allée à plusieurs reprises en tant que lieutenante-gouverneure, chaque fois que je retourne au Zoo de Toronto, je ressens toujours un sentiment de révérence, même à l’âge adulte. C’est avec une grande fierté que j’ai écouté la vision et l’enthousiasme des vétérinaires, des scientifiques, des chercheurs et des dirigeants de cette précieuse institution. Leur compréhension de la durabilité est profonde. La façon unique dont le Zoo favorise la cohésion sociale en rassemblant les jeunes et moins jeunes, les étudiants et les personnes âgées, pour soutenir une cause essentielle aux yeux des Ontariens, et la façon dont il nous relie aux animaux, à la science et aux milieux naturels bien au-delà de nos frontières, sont des plus frappantes. En utilisant l’art et les animaux eux-mêmes pour raconter des histoires et encourager la compréhension et la conversation, le Zoo sème les graines du changement chez tous ceux qui le visitent, petits ou grands.

Centraide

Partout en Ontario, Centraide est un élément essentiel de nos collectivités, ce qui reflète le rôle important que joue la société civile en parallèle et en partenariat avec le gouvernement et le secteur privé en ce qui concerne les besoins de certains des membres de notre société que l’on souhaite cohésive.

Un appel à l’action
En 2015, la vie de Farhia Warsame a changé à jamais lorsqu’elle a appris qu’un de ses fils avait été tué par balle à Dixon, le quartier du nord-ouest de Toronto qu’elle habite. Deux ans après la tragédie, Mme Warsame a lancé un appel à l’action à la collectivité de Dixon pour mettre fin à la violence armée. « La plupart des parents somaliens ont quitté la Somalie pour une vie meilleure, et non pour exposer leur famille à plus de violence », a-t-elle déclaré. Mme Warsame est la directrice générale du Réseau de soutien aux femmes et aux enfants somaliens (Somali Women and Children’s Support Network, ou SWCSN), un organisme à but non lucratif qui soutient les femmes et les enfants immigrants. Fondé en 1992 et financé par Centraide du Grand Toronto, le réseau SWCSN encourage les femmes de la collectivité à se rallier, à partager leurs compétences et à s’entraider en ce qui concerne la garde des enfants, en leur offrant un large éventail de programmes et de services. Le réseau soutient les réfugiées, les femmes nouvellement arrivées au pays et celles à faible revenu ainsi que leurs enfants en leur donnant de la formation professionnelle et en les aidant à consolider leur leadership et leurs habiletés linguistiques. Les femmes qui font appel au réseau SWCSN sont confrontées à d’énormes obstacles sociaux et culturels. Leurs difficultés liées à l’isolement, à l’accès au logement, à l’éducation et à l’emploi sont atténuées grâce à ce réseau social qui favorise un sens de la communauté et de la résilience.  

The Lieutenant Governor stands against a wall facing the photographer along with leadership of the Somali Women and Children's Support Network

Renforcer le potentiel
Un des principaux défis qui nuisent à l’offre de programmes cohérents dans la région de Dixon est l’accès à l’espace. Le Delta Family Resource Centre, un autre organisme financé par Centraide (United Way en anglais), a dû faire preuve de créativité dans la manière dont il soutient les familles et les personnes âgées, qu’il s’agisse de counseling, d’ateliers de rédaction de CV, de banques alimentaires, de séances d’activité physique pour aînés, de réparation de vêtements, etc. Depuis 37 ans maintenant, le centre Delta est reconnu pour son rayonnement qui rehausse le potentiel chez les familles et les enfants. Ces deux OSBL sont des exemples parfaits des formidables organismes qui aident Centraide à cerner les besoins et à mobiliser ses ressources pour avoir le plus d’impact possible.

Des milliers de bénévoles
Dans la région de Durham, Centraide finance plus d’une vingtaine d’organismes qui sont soutenus par plus d’un millier de bénévoles. Depuis 1962, la Société John Howard, à Durham, s’efforce de réduire l’impact de la criminalité et d’en éliminer les causes en proposant d’efficaces programmes de prévention et d’intervention. Elle offre aux personnes à risque des services de counseling, d’alphabétisation, d’aide au logement, de réduction des méfaits et de soutien à l’emploi. De concert avec d’autres organismes de la région, la Société bénéficie du solide parrainage communautaire de Centraide. Le club des Generals d’Oshawa, une équipe de hockey bien-aimée dans la région, a organisé des activités de collecte de fonds pour attirer l’attention sur l’importance de lutter contre la pauvreté et son incidence dans la collectivité. Depuis plus d’un siècle, Centraide améliore les conditions de vie en Ontario et dans tout le pays.

The Lieutenant Governor stands in her scarf and coat in a hallway at the John Howard Society in Oshawa speaking with a staff member who has her back to the camera

Des collectivités plus fortes
Le bureau Centraide de Kingston, Frontenac, Lennox et Addington finance des organismes comme One Roof, un carrefour de services pour les jeunes qui regroupe 15 organismes qui travaillent ensemble pour fournir du soutien individuel, des programmes de groupe et des ateliers. Tous offrent aux jeunes dans le besoin un accès aux soins de santé, au logement, à l’éducation et à l’emploi et à de la formation axée sur les compétences de vie. S’alignant sur le système intégré de soins et la stratégie de réduction de l’itinérance de Centraide, One Roof offre des espaces sécuritaires aux jeunes vulnérables. Ainsi, partout dans la province, le réseau des 28 bureaux locaux de Centraide travaille à l’atteinte d’objectifs communs : créer des occasions pour une vie meilleure pour tous, et construire des collectivités fortes et saines.

The Lieutenant Governor stands a podium giving remarks to a large grouping of Ontario Public Servants who are facing her. A large Christmas tree is to her right.

Réflexion
Chaque année en décembre, des centaines de fonctionnaires de l’Ontario se joignent à moi dans les appartements de la lieutenante-gouverneure pour célébrer l’année de bénévolat et de collecte de fonds qui se termine pour Centraide. L’ambiance y est festive et joyeuse, mais pourtant, chaque année, je suis toujours dépassée par l’ampleur des besoins et des inégalités qui subsistent ici, en Ontario. Pour bâtir une province résiliente et inclusive, il nous faut des personnes qui sont prêtes à aider, mais aussi des organismes comme Centraide qui disposent de l’infrastructure nécessaire pour avoir une réelle incidence dans chacune de nos collectivités. Au cours de mes voyages d’est en ouest et du nord au sud, j’ai entendu parler de la façon dont Centraide aide à sortir les gens de la pauvreté, à fournir des services d’éducation et de santé, et à créer un sentiment de cohésion sociale. Qu’il s’agisse du carrefour de services pour les jeunes à Kingston, de l’approche cohésive et réfléchie de la Société John Howard à Durham, ou des puissantes et résilientes femmes du réseau SWCSN à Toronto, j’ai constaté comment un tel soutien contribue à créer un avenir durable pour beaucoup de gens dans notre province.

Dans le rapport de 2019 de Centraide du Grand Toronto intitulé Rebalancing the Opportunity Equation, les titres des chapitres sont accablants : « Les jeunes adultes sont plus démunis que jamais », « Les immigrants ne rattrapent plus leur retard », « Le fossé racial s’est creusé au fil du temps », ou « L’inégalité des revenus sape les liens qui unissent les sociétés ».

Pourtant, il y a toujours de l’espoir, surtout lorsque nous prenons soin de diffuser les histoires de réussite. Parce qu’en Ontario, nous avons tant à apprendre et à contribuer. Ensemble, nous pouvons jeter les bases solides d’une société plus durable et plus résiliente chez nous, dans toute la province. Nous avons tous un rôle à jouer.

Le programme Outland d’emploi chez les jeunes

Des camps sur le terrain
Chaque été, des milliers d’élèves du secondaire quittent les bancs d’école et font leurs premiers pas sur le marché du travail. S’ils ont de la chance, leur emploi pourra favoriser leur croissance et leurs habiletés en leadership tout en leur procurant une expérience pratique ainsi qu’un revenu. Or, au cours des 20 dernières années, le programme Outland d’emploi chez les jeunes (Outland Youth Employment Program, ou OYEP) a permis à des centaines de jeunes Autochtones de gagner un revenu et de bénéficier de possibilités d’apprentissage. Tout comme d’autres programmes OYEP au pays, en 2018, plus d’une vingt  jeunes de 12 collectivités se sont rendus dans un ancien camp de Rangers au Parc provincial Esker Lakes, près de Kirkland Lake, en Ontario. Pendant six semaines, ils ont participé à un projet d’apprentissage et de travail de terrain sur les ressources naturelles tout en vivant aux côtés d’une équipe du programme Outland. À la fin du programme, ils ont obtenu des crédits de coopération pour leurs études secondaires, en plus d’avoir vécu de précieuses expériences qui les aideront à jeter les bases de leur avenir.

A ranger from OYEP wears a yellow and orange safety vest while demonstrating how to use a tree planting tool. Around her on picnic tables sit staff, other ranges, and the Lieutenant Governor

Des partenariats
Fondé en 1985, le groupe Outland gère des logements pour la main-d’œuvre en régions éloignées, y compris des camps pour les planteurs d’arbres et les pompiers chargés des feux de forêts. En 2000, constatant le manque de main-d’œuvre autochtone dans ses camps du nord, Outland a établi le programme OYEP pour offrir des emplois verts à ce groupe sous-représenté dans le secteur forestier. Depuis, l’initiative est devenue un programme national primé axé sur la formation, l’éducation et l’emploi grâce à des partenariats avec des organismes publics, privés et des Premières Nations. Le programme OYEP a adopté une approche d’éducation autochtone de bonne gérance de l’environnement qui est inclusive et qui favorise la prospérité économique future. « Le fait de renforcer les réseaux personnels des jeunes et de donner à ces derniers un plus grand sentiment d’accomplissement et de fierté favorise la confiance dont ils ont besoin pour sortir de leur coquille et prendre le contrôle de leur vie », de déclarer Dave Bradley, fondateur du programme OYEP.

A ranger performs a song he has written on a drum they were taught to make as part of OYEP training

Les fondements de l’avenir
Au-delà des camps, le programme OYEP collabore également avec des établissements postsecondaires partout au pays ainsi qu’avec des collectivités des Premières Nations. Un des volets est la « semaine de la science », au cours de laquelle les étudiants visitent des campus de la région, assistent à des conférences et acquièrent de l’expérience pratique en matière de STIM. Denise Baxter, vice-rectrice à l’Université Lakehead, décrit l’initiative comme étant très importante, en disant que « les jeunes d’aujourd’hui sont mieux équipés pour apprécier comment la compréhension des STEM et de la gestion des ressources naturelles peut avoir un impact sur leur vie quotidienne et sur la prospérité des communautés nordiques ». Une facette importante du programme est l’apprentissage de l’histoire, des politiques et des répercussions entourant les anciens pensionnats par des activités telles que l’exercice des couvertures Kairos avec des aînés des Premières Nations partenaires.

A map on Ontario is covered with sticky notes representing where each of the rangers at OYEP Esker Lakes have come from

Des résultats significatifs
L’effort collectif et l’expertise unique des partenaires du programme OYEP ont donné lieu à des résultats significatifs tant pour les diplômés du programme que pour les parties prenantes. J.P. Gladu, ancien président et directeur général du Conseil canadien pour le commerce autochtone, a eu ceci à dire au sujet des réalisations personnelles et professionnelles des participants : « OYEP est essentiellement axé sur le leadership et l’inspiration. On s’assure de laisser un impact positif dans le monde. La confiance que les jeunes commencent à acquérir tout au long de leur participation au programme leur permet de faire entendre leur voix. Les jeunes commencent à comprendre qu’une belle vie les attend. » À ce jour, le programme OYEP a créé 1 251 emplois d’été en Ontario, au Manitoba, en Alberta et en Colombie-Britannique. Les participants, qui représentent plus de 100 Premières Nations, ont obtenu 743 crédits d’études secondaires et travaillé plus de 350 000 heures à planter plus de deux millions d’arbres.

The Lieutenant Governor stands with three OYEP rangers at Esker Lakes Provincial Park

Réflexion
Chaque année, généralement pendant les jours les plus chauds de l’été, j’entreprends une tournée dans le Nord. Je visite des collectivités des Premières Nations par avion et je passe du temps à écouter les aînés, les dirigeants communautaires et les jeunes.Ces visites sont sans aucun doute l’une des parties les plus importantes de mon mandat et constituent un travail des plus révélateurs et des plus enrichissants.

Une visite en après-midi au site du programme OYEP à Esker Lakes, en août 2018, est devenue un des moments les plus mémorables de mes cinq dernières années. C’était la fin de l’été, les jeunes avaient obtenu leur diplôme de fin d’études secondaires, ils avaient appris à planter des arbres et ils avaient noué des liens et des amitiés qui, comme tout campeur le sait, peuvent durer toute une vie.

The Lieutenant Governor hugs a ranger

Ils étaient pleins de récits, de confidences et de questions. Leurs histoires et interrogations n’étaient pas nécessairement faciles, et mettaient en évidence les inégalités qui existent dans notre province. Laurenn, une jeune femme grande et courageuse, m’a regardé dans les yeux et m’a demandé : « Pourquoi ai-je plus de risques de devenir une femme autochtone disparue ou assassinée que de chances de finir mes études secondaires? Mon peuple n’est pas avide d’argent, il est avide d’eau potable ».

Mais grâce à des programmes comme OYEP, ces jeunes sont en mesure d’envisager un avenir qui équilibre la bonne gérance de l’environnement et la prospérité économique. Cette initiative encourage l’éducation postsecondaire et favorise la cohésion sociale.Je suis convaincue de l’importance de ce camp et de son pouvoir de créer un avenir plus résilient pour ces jeunes.

Group of all OYEP rangers and staff along with the Lieutenant Governor

Des marchés zéro déchet

Alimentation et famille
Lorsque Michelle Genttner et son mari, Luis Martins, prévoyaient ouvrir une épicerie de quartier à Toronto, l’an dernier, le couple savait qu’il ne voulait pas que ce soit un supermarché typique. Après avoir été propriétaires d’un gastropub pendant sept ans, ils étaient bien conscients de l’excès de déchets de nourriture et d’emballage produits tous les jours. Ils ont tous deux grandi en milieu agricole, elle dans le sud-ouest de l’Ontario, et lui dans le sud du Portugal. « Nos parents nous ont enseigné à reconnaître et à apprécier notre nourriture et sa provenance, qu’il s’agisse d’arbres, de jardins, de ruisseaux ou de pâturages. L’alimentation et la famille sont intrinsèquement liées dans nos souvenirs à tous les deux », ont-ils écrit.

Achats sans déchet
Le couple a acheté une petite épicerie dans le quartier du Petit Portugal (Little Portugal) à Toronto et a ainsi lancé l’Unboxed Market, le premier marché sans déchet de la ville. Pour créer leur entreprise durable, ils ont transformé l’espace et l’inventaire. Les clients sont invités à apporter leurs propres contenants, et sont encouragés à réduire le gaspillage alimentaire en n’achetant que ce dont ils ont besoin. Unboxed Market propose des aliments préparés, des fruits et légumes frais et des produits secs, et comprend un café, un comptoir de fromages et de charcuteries, et un comptoir de boucherie offrant des produits cultivés en Ontario. La quasi-totalité des produits du marché sont d’origine locale, et vendus sans emballage. Du papier biodégradable et des emballages réutilisables sont disponibles pour ceux qui sont nouveaux au concept de l’achat zéro déchet.

An image of the store with two aisle of products including a meat counter

L’ntérieur de l’Unboxed Market

Sensibilisation accrue
De récentes statistiques révèlent que le Canadien moyen produit plus de 900 kilogrammes de déchets chaque année et que, grâce à l’accroissement de la sensibilisation publique, les consommateurs cherchent désormais des moyens pour réduire ce chiffre. Dans de nombreuses régions de la province, les épiceries zéro déchet sont accueillies à bras ouverts par les collectivités soucieuses de l’environnement. Contrairement aux magasins d’alimentation en vrac traditionnels, les nouveaux marchés proposent des produits frais, prêts à manger, réfrigérés et surgelés. Nu Grocery, à Ottawa, a ouvert deux magasins zéro déchet depuis 2017. À Waterloo, Zero Waste Bulk vend des produits cultivés en Ontario et des articles durables fabriqués localement. Après avoir ouvert quelques points de vente devenus rapidement populaires à Toronto, Bare Market a récemment ouvert un nouveau magasin dans le quartier de Danforth. Et à The Nickel Refillery, on encourage les citoyens de Sudbury à faire des achats sans déchet par le biais d’un engagement communautaire et d’ateliers.

The Lieutenant Governor stands in front of a counter at the Unboxed Market with the co-owner

La lieutenante-gouverneure se tient devant un comptoir au Unboxed Market avec la copropriétaire Michelle Genttner

Une volonté qui a fait du chemin
Bien que la plupart des produits vendus dans ces marchés zéro déchet soient vendus sans emballage et que les plastiques à usage unique soient évités au profit de matériaux recyclables, compostables et réutilisables, la réduction de déchets va encore bien plus loin, au-delà des murs de ces magasins locaux. Grâce à une collaboration avec les fournisseurs, les producteurs et les agriculteurs, les déchets sont également réduits au minimum tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Au cours de l’année passée, Unboxed Market affirme avoir économisé l’équivalent de plus de 20 000 bouteilles et contenants à usage unique. Michelle Genttner, copropriétaire, a déclaré sur Eat North que les efforts de sa boutique sont le reflet direct de la volonté « zéro déchet » à Toronto : « On trouve à Toronto une communauté écologique active et mobilisée. Emboîtant le pas aux premiers adeptes, tout le quartier a adopté cette philosophie. »

A photo of the many containers of dry goods that shoppers can fill their own home-brought containers with in an aisle of the Unboxed Market

Une allée de produits secs dans l’Unboxed Market

Réflexion
Lorsque je voyage d’un bout à l’autre de la province, je suis toujours à la recherche d’exemples de modes de vie durables chez les Ontariens. Souvent, la notion de durabilité peut sembler lourde et encombrante. Un projet ou une idée peut prendre des années à se réaliser, et peut nécessiter une collaboration à grande échelle.

Les Ontariens se soucient de la durabilité et célèbrent l’innovation. Lorsque j’ai visité l’Unboxed Market, la première épicerie zéro déchet à Toronto, j’ai pu constater moi-même le peu d’emballage que requièrent réellement beaucoup des produits que nous utilisons tous les jours.

Ces marchés zéro déchet sont résolus à réduire les déchets et à encourager le changement, et proposent des façons simples et amusantes de réduire notre empreinte écologique. En nous donnant un mandat de durabilité, nous pouvons en voir l’impact, qu’il s’agisse de gérance environnementale ou de prospérité économique inclusive. C’est aussi une chose que nous pouvons tous faire de notre côté, individuellement. La possibilité d’utiliser notre propre pouvoir d’achat pour encourager les entreprises, les chaînes d’approvisionnement et les fabricants à réfléchir plus attentivement à leur rôle dans la bonne gestion de l’environnement est une chose incroyablement enrichissante. Offrir à la population des options sans déchet pour de si nombreux produits de première nécessité est une merveilleuse façon de remodeler notre façon de percevoir la consommation.

Il convient également de noter que ces initiatives concrétisent également le troisième élément de la durabilité, soit le renforcement de la cohésion sociale et culturelle. Ces établissements locaux occupent souvent une place centrale dans leur collectivité. En soutenant ces organismes dans nos quartiers, nous faisons connaissance avec ceux et celles qui partagent notre quotidien et apprenons à mieux les comprendre. Ces histoires sont des exemples des petits gestes efficaces que nous pouvons tous faire pour construire un avenir plus durable et plus résilient.

Moose Factory

Moose Factory
Établie en 1903 sur les terres traditionnelles cries, Moosonee a originalement vu le jour pour rivaliser avec Moose Factory, le célèbre poste de traite de fourrures de la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH) situé sur une île voisine. Construit en 1730, Moose Factory est l’une des plus anciennes colonies de peuplement en Ontario, et le deuxième poste de traite de la CBH en Amérique du Nord.

Les visiteurs qui veulent se rendre à Moose Factory doivent monter à bord du Polar Bear Express à Cochrane, en Ontario, et parcourir 300 kilomètres à travers les régions sauvages éloignées du nord avant d’atteindre la ville de Moosonee, également appelée la « porte d’entrée de l’Arctique ». Le service ferroviaire a commencé en 1932, et continue d’être le seul lien terrestre entre la ville et le sud de la province. Située sur la rivière Moose, juste au sud de la baie James, Moosonee est le terminus du Chemin de Fer Ontario Northland et le seul port d’eau salée de l’Ontario. De là, des bateaux-taxis et une route de glace hivernale relient Moose Factory à la municipalité et au continent.

The barge crossing from Moosonee to Moose Factory flying the Lieutenant Governor's Standard

The Lieutenant Governor’s standard flies from the barge crossing from Moosonee to Moose Factory. Credit: Paul Lantz

Ses bâtiments et points d’intérêt patrimoniaux, dont les bâtiments du poste de traite de la Baie d’Hudson qui remontent aux années 1800, ont été désignés comme sites historiques nationaux sur l’île. Aujourd’hui, Moose Factory est le lieu de résidence de la Première Nation crie de Moose, une collectivité prospère.

 Un écogîte
Bien avant la Compagnie de la Baie d’Hudson, le peuple cri a vécu au cœur du bassin versant de la baie James pendant des millénaires. Le Centre d’interprétation culturelle des Cris à Moose Factory raconte la culture passée et présente de ce peuple et expose son artisanat traditionnel. En 2000, sous la direction du défunt chef Randy Kapahesit, la Première Nation crie de Moose a mis sur pied un écogîte pour promouvoir le tourisme autochtone et assurer une durabilité économique. Le gîte est entouré d’un grand jardin communautaire. Le Cree Village Ecolodge reflète la vision audacieuse du chef Kapahesit, et incarne les valeurs environnementales et culturelles de la Première Nation. Premier écogîte autochtone en Amérique du Nord, il est reconnu comme l’une des principales destinations écologiques de tout le continent.

Un sanctuaire d’oiseaux
Les écotouristes font le long voyage vers le nord pour y explorer le paysage subarctique de l’une des plus grandes zones humides au monde. Des excursions en bateau les amènent au sanctuaire d’oiseaux migrateurs de Moose River où ils peuvent observer la faune marine des marées dans les eaux salées de la baie James, et voir, s’ils ont de la chance, de spectaculaires aurores boréales traverser le ciel. Il est probable que leur guide leur parle alors du chef Kapahesit et des mots qu’il a prononcés lors de l’ouverture de l’écogîte : « Nous croyons qu’il est possible de nous engager, ainsi que nos visiteurs, dans un dialogue moderne qui nous met tous au défi de voir notre relation avec les autres et le monde naturel sous un jour différent ».

The Lieutenant Governor stands in front of St. Thomas’ Anglican Church

The Lieutenant Governor stands in front of St. Thomas’ Anglican Church

Réflexion
Moose Factory est une île imprégnée d’histoire qui évolue rapidement vers un avenir centré sur la collectivité. Lors de ma visite à l’été 2018, j’ai été fascinée de voir la maison du personnel de la Baie d’Hudson, une des plus anciennes structures en bois de l’Ontario, et le nouveau centre pour aînés avec aide à la vie autonome érigé sur la même rive.

Les histoires que m’ont racontées les chaleureux et généreux membres de la Première Nation crie de Moose m’ont montré que leur lien profond avec la terre et son histoire est très présent dans le quotidien de ces gens. En visitant les lieux historiques nationaux et le parc du musée centenaire de Moose Factory, j’ai été interpellée par de nombreux passants qui m’ont fait part des souvenirs qu’ils gardent de bâtiments, dont l’église anglicane St. Thomas. Achevée en 1885, cette église a déjà tenu des services en cri et en anglais, et a servi de pilier dans l’histoire de nombreuses familles de la collectivité autochtone. En effet, le vécu des aînés est très valorisé, et le nouveau centre pour personnes âgées avec aide à la vie autonome, qui a été autofinancé, offre à cette population un mode de vie et des soins de santé accessibles et à la pointe de la technologie. Le centre est aussi important sur le plan de l’héritage culturel de la collectivité que le sont les bâtiments historiques. Garder les aînés près de leur famille et au sein de la collectivité est un élément essentiel à la cohésion sociale, et une leçon dont pourraient bénéficier tous les Ontariens.

La langue crie est également florissante au sein de la collectivité. Le Centre John R. Delaney pour les jeunes est un lieu d’apprentissage coloré et interactif, où l’alphabet cri est peint sur les murs et des objets du quotidien sont étiquetés en langue crie. Les jeunes sont très fiers de leur culture, et j’ai passé un après-midi agréable au centre à faire une entrevue radio en direct pour parler de mon expérience sur l’île. Lorsque les jeunes disposent d’un espace pour grandir et apprendre, nous permettons à cette génération de développer un potentiel illimité. L’accès à l’éducation et à l’apprentissage culturel est une pierre angulaire de la prospérité économique inclusive, un pilier de durabilité que la population comprend profondément.

The Lieutenant Governor sits across from a reporter participating in a radio interview

The Lieutenant Governor sits across from a reporter participating in a radio interview

Situé sur les rives de la rivière Moose, où passent des bélugas et où le ciel du jour et de la nuit se reflète sur l’eau, l’écogîte démontre clairement pourquoi cette partie de la province est si spéciale. Pouvoir rester à cet endroit tout en atténuant notre empreinte sur la terre est au cœur du mode de vie autochtone. Et en parcourant le livre des visiteurs du gîte, j’ai été remplie de fierté en voyant combien de noms du monde entier s’y trouvaient. En plaçant la gérance environnementale au centre de son accueil, Moose Factory invite tous les visiteurs à s’imprégner dans la culture autochtone d’une manière holistique et significative.

L’un de mes moments les plus mémorables a été une promenade en bateau tôt le matin, où nous sommes passés devant le sanctuaire d’oiseaux et avons atteint l’embouchure de la baie James – le calme et l’eau à perte de vue. C’est une femme de la région, Ann Wesley, qui a été ma guide pendant l’excursion, et elle a partagé avec moi sa connaissance de la terre et de la faune, ainsi que son histoire personnelle de résilience.

The Lieutenant Governor stands in a teepee with members of the Moose Cree First Nation

The Lieutenant Governor stands in a teepee with members of the Moose Cree First Nation

Les gens de Moose Factory semblent comprendre intuitivement ce qu’est la durabilité. Les visiteurs et tous ceux qui souhaitent voir les trois piliers en pratique peuvent apprendre beaucoup de cette collectivité.

Les Jeux panaméricains et parapanaméricains

Accueillir le monde
Au printemps 2015, après une cérémonie spéciale d’allumage aux pyramides de Teotihuacan, au Mexique, la célèbre flamme panaméricaine est arrivée à Toronto. Pendant les 40 jours qui ont suivi, plus de 3 000 fiers porteurs de flambeau ont porté la flamme dans 130 collectivités canadiennes, pour ensuite revenir à la Ville reine. Lors d’une spectaculaire cérémonie d’ouverture, le Canada a accueilli quelque 10 000 athlètes, entraîneurs et délégués des Caraïbes et des Amériques aux Jeux panaméricains et parapanaméricains de Toronto de 2015. Cet été-là, plus d’un million d’Ontariens et de visiteurs de tout le pays et du monde entier se sont réunis pour célébrer le sport et la culture.

Bien logés même loin de la maison
Le nouveau village des athlètes situé près de la rivière Don, à Toronto, a servi de lieu de résidence tout confort aux athlètes et responsables venus de 42 pays. L’architecture durable du complexe a été conçue pour s’intégrer à la nouvelle collectivité verte envisagée une fois les jeux terminés. Les athlètes ont participé à plus de 800 compétitions sur les sites de Toronto et d’autres municipalités de la région du Golden Horseshoe. Les spectateurs de toute la province sont venus encourager les concurrents qui ont fracassé au-delà de 80 records panaméricains, tandis que l’équipe canadienne a obtenu ses meilleurs résultats jamais enregistrés à des Jeux panaméricains et parapanaméricains.

Saad Rafi and Her Honour stand in the Lieutenant Governor's Suite with Pachi

Saad Rafi, the Lieutenant and Pachi

Le festival Panamania
Toronto 2015 a également donné lieu au festival Panamania qui a braqué les projecteurs sur la variété des arts et des cultures de l’Ontario, du Canada et des Amériques par le truchement de la musique, du théâtre et de la danse. Il y a eu une zone « célébration Ontario » au centre Harbourfront, la Franco-Fête au Yonge-Dundas Square, et le pavillon PrideHouseTO qui a accueilli les visiteurs LGBTQ dans le quartier Church and Wellesley de Toronto. Un pavillon à Fort York a présenté les arts, la culture et les sports autochtones, et s’est révélé l’un des plus grands festivals autochtones organisés au Canada. Le sentier Pan Am, une initiative qui a mobilisé la ville entière, a été mis sur pied dans le but d’y présenter des installations artistiques thématiques le long des sentiers récréatifs des divers quartiers de Toronto qui, ainsi reliés, ont formé un long circuit multimodal faisant 80 km.

Her Honour stands in a hotel lobby surrounded by Pan Am Protocol staff posing for a photograph

The Lieutenant Governor with Pan Am Protocol

Vous nous avez changés
Un soir de la mi-août, une foule reconnaissante et diversifiée a rempli le Nathan Phillips Square de Toronto alors que les Jeux panaméricains et parapanaméricains et le festival Panamania prenaient fin. « Aux athlètes, je dis, vous nous avez fait vibrer, vous avez rempli nos cœurs de patriotisme, vous avez rempli nos esprits d’émerveillement. Nous vous avons accueillis. Vous nous avez changés », a déclaré Saad Rafi, PDG de Toronto 2015. Les Jeux ont fait découvrir Toronto et l’Ontario à un public international, ayant attiré touristes, emplois et investissements. Les citoyens et les athlètes en herbe pourront profiter des logements nouvellement construits, des réseaux de transport améliorés et des installations éducatives et récréatives de classe mondiale pour des décennies à venir. Les jeux ont laissé un héritage mémorable à la population de l’Ontario.

The Lieutenant Governor stands with a VIP line cutting the red ribbon of Canada House

Opening Canada House

Réflexion
Lorsque les Jeux panaméricains et parapanaméricains sont arrivés ici en 2015, la province de l’Ontario est apparue sous les feux de la rampe, mais bien avant le coup d’envoi, il a fallu compter d’innombrables heures d’anticipation et de préparation.

Des centaines de milliers de personnes se sont consacrées à la construction des infrastructures – physiques, administratives et techniques – pour que le rêve de tenir un événement sportif international dans le sud de l’Ontario puisse devenir réalité. Les sites de compétition ont été soigneusement peaufinés, les plans de transport local ont été finalisés, et les entreprises se sont préparées à servir un afflux de visiteurs. Pour les administrations municipales, provinciales et fédérales ainsi que pour les petits commerces et les artistes locaux, les jeux ont été l’occasion d’exercer la prospérité économique inclusive à grande échelle.

Chaque jour, j’ai discuté avec les responsables de l’organisation et j’ai visité les sites d’importance, comme le village des athlètes, le pavillon autochtone, la Maison du Canada et la PrideHouseTO. En plus d’assister aux cérémonies d’ouverture et de clôture, j’ai eu le privilège de remettre des médailles lors de neuf compétitions et d’assister à 23 événements sportifs en tant que spectatrice distinguée.

J’ai également eu le plaisir d’assister et de participer à de nombreuses activités artistiques et culturelles, lors du festival Panamania associé aux jeux, comme la première mondiale de la production NIÁGARA: A Pan-American Story réalisée par Veronica Tennant. J’ai aussi été ravie de célébrer les premières mondiales de 887 de Robert Lepage et de l’opéra Obeah de Nicole Brooks.

 Les athlètes et artistes ont dû s’entraîner intensivement et se concentrer sur leurs objectifs durant les mois et les années qui ont précédé les jeux, et au cours de l’été, nous avons vu et célébré leur dévouement, leur discipline et leur cœur. Mais ce sont les efforts incroyables des milliers de bénévoles de tous âges et de tous horizons qui ont montré au monde le visage fier et diversifié de l’Ontario, qui est devenu le legs des jeux. Cet engagement tant chez les étudiants que les aînés a été une démonstration de cohésion sociale aussi concrète que je puisse imaginer.

The Lieutenant Governor stands with Toronto Mayor John Tory and group

The Lieutenant Governor and Toronto Mayor John Tory with Pan Am leaders and participants

Il a été tellement évident que le sport peut être un puissant agent de changement, jouant souvent un rôle majeur dans toute démarche visant une société plus durable. C’est une leçon que j’ai apprise des années auparavant lorsque, en tant que secrétaire générale adjointe des Nations Unies et directrice générale du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), j’ai assisté à la première conférence mondiale sur le sport et l’environnement organisée par le Comité international olympique en collaboration avec le PNUE.

Comme tous ceux qui les ont précédés, les jeux de 2015 se sont efforcés d’être les plus verts jamais organisés en mettant l’accent sur la durabilité et la responsabilisation environnementale, donnant ainsi à Toronto et à l’Ontario l’occasion de devenir un modèle de solutions climatiques. Le legs laissé par les Jeux panaméricains et parapanaméricains de Toronto comprend le Centre sportif panaméricain de Toronto, un nouveau complexe aquatique et sportif reconnu comme l’un des meilleurs au monde pour son leadership en matière de conception environnementale et énergétique.

 Les athlètes et les bénévoles des Jeux panaméricains et parapanaméricains nous ont tous inspirés à viser un peu plus haut, à aller un peu plus vite et à devenir un peu plus forts. Lorsque la collectivité se rallie autour de saines politiques, idées et vision afin de présenter une expérience qui non seulement procure de la prospérité économique inclusive ou fait montre de cohésion sociale, mais qui repousse également les limites de la bonne gérance environnementale au profit des générations futures, je peux affirmer avec confiance qu’une province, une ville, un bénévole ou un athlète agit de manière durable, et montre le meilleur de ce que nous sommes et de qui nous sommes en Ontario.

Les arts

Des expériences uniques
L’art est un élément crucial de toute discussion sur la durabilité. Il nous incite à réfléchir à la manière dont nous construisons des ponts au sein de nos collectivités, et à la façon dont nous pouvons vivre ensemble, de manière durable et équitable. Plus que jamais, les arts dans la province – du nord au sud, dans les grandes villes comme les petites collectivités – procurent des expériences uniques qui incitent les auditoires à participer et à agir.

L’Ontario a la chance d’avoir une scène artistique de classe mondiale qui produit des expositions, des spectacles et des films inspirants. Partout dans la province, des artistes présentent de nouvelles idées et de nouveaux concepts, tant dans des sites patrimoniaux restaurés que des établissements d’une grande modernité. Les collectivités trouvent des idées pour cultiver les arts et les rendre accessibles et passionnants. Qu’il s’agisse de poètes locaux primés ou d’un bus artistique à Thunder Bay, ou de la prédominance des festivals de musique, dont le célèbre Festival of the Sound à Parry Sound et le célèbre chœur Elora Singers du comté de Wellington, les arts apportent à la fois joie et cohésion communautaire. Mon livre d’histoires est bien plein.

The Lieutenant Governor takes the art bus in Thunder Bay

Notre plus grand potentiel
Les artistes de l’Ontario ont longtemps exprimé leurs liens profonds avec leur environnement, et un fort sentiment d’identité à l’égard des lieux et de la culture. Ces dernières années, le Bureau de la lieutenante-gouverneure de l’Ontario a lancé Identité : œuvres inspirées par les Grands Lacs, une exposition présentant des œuvres d’art contemporain qui saisissent à la fois la puissance et la fragilité de cette remarquable voie navigable. Par ailleurs, pour réaliser l’exposition itinérante Éveil, le conservateur Bruce Mau a réuni des pièces provocatrices de la Banque d’œuvres d’art du Conseil des arts du Canada qui ont mis en lumière les objectifs de développement durable des Nations Unies, et encouragé les gens à penser mondialement en agissant localement. De dire le conservateur, « les œuvres (…) témoignent de la force qu’exerce l’art sur nos esprits et nos cœurs, pour les ouvrir à notre pleine responsabilité et à notre plus grand potentiel ».

Canadian Water Summit

Canadian Water Summit

Sensibilisation
Les conservateurs et les artistes sensibilisent le public en s’interrogeant sur des questions environnementales, sociales et politiques. Le Musée des beaux-arts de l’Ontario et le Musée des beaux-arts du Canada ont présenté l’exposition Anthropocene, une initiative multidisciplinaire du photographe Edward Burtynsky et des cinéastes Jennifer Baichwal et Nicholas de Pencier. Leur fascinante série de murales photographiques et d’installations innovantes de réalité augmentée révèle l’ampleur et la gravité de l’impact humain sur la planète. Leur dernier documentaire, le percutant Anthropocene : The Human Epoch, a lancé un puissant signal d’alarme aux cinéphiles lorsqu’il a été diffusé dans le monde entier. 

Autonomisation et espoir
Les arts du spectacle offrent des possibilités semblables d’approfondir de telles questions existentielles. Le groupe Canadian Stage, à Toronto, a présenté The Watershed, un théâtre documentaire qui explore comment nous pouvons trouver un équilibre entre la croissance économique et la bonne gérance de l’environnement. Le Festival de Stratford a présenté la première de The Breathing Hole, une pièce de théâtre poignante dont l’action se déroule dans l’Arctique, et qui est jouée par des artistes du Nunavut. Le Centre national des arts à Ottawa a lancé le premier « département théâtral autochtone national » au monde dans le but de mettre en valeur les talents et récits des premiers peuples. Les auditoires ontariens cherchent à élargir leurs perspectives, et à comprendre les enjeux universels. Alors que les artistes de toute la province invitent le public à réfléchir à des mots et des images de protestation et de péril, ils encouragent également les gens à réagir dans un sentiment d’autonomisation et d’espoir.

HH Luminato Bearing

Her Honour at the premier of Bearing at Luminato

Réflexion
Dans mon rôle de lieutenante-gouverneure de l’Ontario, j’ai eu le grand privilège de célébrer, de reconnaître et de constater la façon dont les artistes influencent et changent notre façon de voir le monde. En effet, la salle de musique de mes appartements à Queen’s Park m’a permis d’accueillir des artistes de tout acabit au haut lieu de la Couronne en Ontario. J’y ai présenté, p. ex., des spectacles comme Oksana G. du groupe Tapestry Opera, où de magnifiques pièces musicales et des paroles originales ont porté la douleur des victimes du proxénétisme au cœur même de chaque spectateur, une projection du documentaire sur l’expédition Canada C3, et une représentation spéciale de la pièce Downtown de Petula Clark pour célébrer la onzième édition du prix Glenn Gould.

J’ai constaté que les Ontariens aiment et embrassent l’art sous toutes ses formes. Lorsque la société soutient les artistes, nous sommes tous enrichis. Le domaine des arts et de la culture est devenu un important secteur de l’économie, représentant plus de 26 milliards de dollars de notre PIB, et plus de 300 000 emplois en Ontario. Il est certain que le soutien de nos artistes favorise une prospérité économique plus inclusive, ce qui est particulièrement important pour les artistes en début de carrière qui en arrachent souvent sur le plan financier, ayant vu de mes propres yeux comment l’art engendre la cohésion sociale.

Les histoires véhiculées par l’art encouragent l’empathie, et apprendre et partager nos vécus respectifs nous aide à nous comprendre les uns les autres. Ce n’est pas un hasard si la Journée multiculturelle de 2017 au Centre Harbourfront a été célébrée par des expositions artistiques, dont une expérience dans un taxi Beck interactif qui invitait le public à monter sur le siège arrière du taxi emblématique pour y écouter l’histoire d’un chauffeur.

The Lieutenant Governor speaking at the Elora Festival on stage in front of a purple and gold backdrop

Au cours de mon mandat, j’ai utilisé l’art pour encourager les Ontariens à réfléchir à ce que signifie pour eux la bonne gérance environnementale. Les œuvres que nous avons choisi de placer sur les murs des appartements de la lieutenante-gouverneure invitent à un moment de pause et de réflexion sur la nature de notre fragile et précieuse démocratie. Nous racontons des histoires – vos histoires – et, ce faisant, nous contribuons à la diffusion de l’identité de notre province à vaste échelle, avec grande fierté.

C’est à un tel sommet, où l’art s’amalgame avec le quotidien, que nous constatons la puissance durable de la culture.

Se réapproprier le pensionnat Shingwauk

Une vision
Voilà près de 200 ans, un dirigeant anishinaabe appelé Chef Shingwauk a contribué à l’établissement de la Première Nation Garden River, près de la ville de Sault Ste. Marie d’aujourd’hui, en Ontario. Le Chef Shingwauk était un défenseur de l’éducation, et avait imaginé des « wigwams d’enseignement » où Autochtones et colons pourraient apprendre ensemble tout en assurant la protection de la culture et des droits des premiers peuples. Ce rêve ne s’est pas réalisé de son vivant, mais ses fils ont réussi à ouvrir la première école Shingwauk en 1873, avec un missionnaire de l’Église anglicane. Mais avec le temps, la vision du Chef Shingwauk a dû faire place aux politiques du système des pensionnats indiens, et l’école a été déplacée. En 1935, un pensionnat beaucoup plus grand aussi appelé Shingwauk a été construit sur la rue Queen, à Sault Ste. Marie. Comme les autres établissements du genre, le pensionnat Shingwauk était un endroit où les jeunes Autochtones subissaient des sévices et des abus dans le soi-disant but de les assimiler.

The Lieutenant Governor stands with survivors of Shingwauk Hall Indian Residential School

Un mouvement
Le pensionnat Shingwauk a fermé ses portes en 1970, et l’immeuble a été intégré au campus de l’Université Algoma. Puis, quelques années plus tard, les survivants du pensionnat ont formé le regroupement Children of Shingwauk Alumni Association. Ce qui a commencé par une activité de retrouvailles, en 1981, est devenu un mouvement de guérison par la mise en commun de photos et d’autres articles du passé. Après 10 ans d’efforts, une merveilleuse initiative a pris forme : une exposition pilotée par les anciens pensionnaires et visant à raconter un siècle de l’histoire des pensionnats dans le contexte plus large du colonialisme, à dire enfin la vérité, et à cheminer vers la réconciliation au Canada.

Se réapproprier le pensionnat Shingwauk
Le 3 août 2018, une exposition permanente intitulée Reclaiming Shingwauk Hall a vu le jour dans l’ancien pensionnat qui fait désormais partie de l’Université Algoma. Les visiteurs peuvent observer de près des artefacts et des photos, lire des témoignages et mieux comprendre comment était la vie au pensionnat. En présentant ainsi la vérité, les anciens étudiants ont pu reprendre le contrôle de leur propre héritage tout en se réappropriant cet immeuble qui a pourtant été érigé pour leur soutirer leur identité.

The Lieutenant Governor stands with Shirley Horne, Algoma University President,

La réalisation d’une vision
À ce jour, plus de 10 000 personnes ont visité l’exposition, qui est un modèle d’enseignement de l’histoire fondé sur des témoignages personnels, lesquels se veulent un moyen pour les anciens pensionnaires de cheminer vers la guérison. Soutenue par le Shingwauk Residential Schools Centre, à l’Université Algoma, la Children of Shingwauk Alumni Association entend poursuivre ses partenariats avec divers groupes afin de continuer ses travaux de recherche, de collecte, de préservation et de présentation de l’histoire des pensionnats indiens au Canada. L’association souhaite en outre mettre sur pied des initiatives qui favoriseront le partage, le rétablissement et l’apprentissage, tout en cherchant d’autres façons pour réaliser la vision du Chef Shingwauk.

The Lieutenant Governor sits down for lunch with residential school survivors and supporters of the exhibition Reclaiming Shingwauk Hall at Algoma University

Réflexion
Des projets comme l’exposition Reclaiming Shingwauk Hall demandent beaucoup de courage. Le courage des visiteurs qui prennent la décision d’affronter le passé obscur du Canada. Le courage d’une collectivité qui, plutôt que se refermer sur elle-même, a choisi d’inviter les gens à découvrir sa vitalité. Et, plus que tout, le courage des survivants qui, avec le soutien de proches et d’amis, ont trouvé en eux la force de raconter leurs histoires si profondément personnelles, afin que ce qui s’est passé à Shingwauk – et dans tous les autres pensionnats autochtones – ne se reproduise plus jamais. La diffusion de ces récits est essentielle au cheminement vers le respect et la guérison entre les peuples autochtones et non autochtones, et à une société qui est juste, durable et résiliente face au changement.

Lorsque j’ai assisté à l’inauguration de l’exposition, en 2018, j’ai passé la journée avec des femmes inspirantes, dont Shirley Horn, qui était étudiante à l’ancien pensionnat, et qui est maintenant chancelière à l’Université Algoma. Ces courageuses femmes ont été capables de voir l’avenir d’une façon positive, elles ont compris l’importance de l’éducation malgré leur lourd passé dans l’établissement. Grâce aux efforts de ces survivants et survivantes, la vision formulée par le Chef Shingwauk il y a près de 200 ans est toujours bien vivante, et pertinente; elle renforce notre capacité en matière de cohésion sociale et nous rapproche de la durabilité collective.